Silence on ferme ! Non à la suppression de la prévention spécialisée à Orléans

Corinne Leveleux-Teixeira --Au cours de ses déclarations du 24 octobre dernier, Serge Grouard ne s’en est pas seulement pris aux secteurs culturel et associatif. Il a également annoncé la suppression d’une dizaine de postes dans le domaine crucial de la prévention spécialisée. Une suppression qui risque de mettre en grand danger des dizaines d’enfants et d’adolescents de notre ville.

Pour mémoire, rappelons que le dispositif de prévention spécialisée vise à prendre en charge des jeunes en voie de marginalisation en leur permettant de rompre avec l’isolement dans lequel ils se trouvent.

En France, cette action est théoriquement placée sous l’autorité des départements (conseil général) dans le cadre de l’aide sociale à l’enfance. Contrairement à ce que l’on croit souvent elle ne lutte pas à proprement parler contre la délinquance juvénile mais y travaille de manière indirecte, la délinquance n’étant que l’une des voies possibles de marginalisation pour ces jeunes en rupture (rupture familiale, décrochage scolaire, perte de repères, etc).

Les éducateurs mènent au plus près de ces jeunes des actions favorisant la reconstruction de leurs liens sociaux. La présence des équipes de prévention spécialisée dans la rue, les établissement scolaires, les équipements des quartiers constitue la clef de voûte et la spécificité de cette action de même que l’anonymat des échanges.

Depuis le début de l’année 2014, la majorité UMP du conseil général du Loiret s’était complètement désengagée du financement de ce service
, confié à l’association IPSIS Opelia. Cette décision était d’autant plus incompréhensible que l’aide sociale à l’enfance constitue le cœur des compétences de la collectivité départementale.

Comme d’autres villes de l’agglomération (Fleury, Saint Jean de la Ruelle, Saint Jean de Braye) Orléans s’était substituée au conseil général défaillant, tant la continuité des actions éducatives sur le terrain apparaissait alors nécessaire.

Aujourd’hui, les élections sont passées et cette action pourtant essentielle se trouve directement menacée. Les jeunes de 12 à 21 ans de l’Argonne, de La Source, des Blossières, jusque là suivis par les éducateurs d’IPSIS peuvent se retrouver complètement livrés à eux-mêmes du jour au lendemain si la suppression des 10 postes d’éducateurs est confirmée. Car disons-le tout net : le travail effectué par les éducateurs de rue n’a rien à voir avec ce que peuvent faire les « blousons verts » de Florent Montillot.

Face à la gravité de la situation, le groupe socialistes verts et apparentés en appelle à la responsabilité de la majorité UMP. Il demande le retrait immédiat de cette décision et l’étude, en urgence, d’une gestion des services de la prévention spécialisée au niveau de notre agglomération. Face au retrait du conseil général, nous considérons en effet que la communauté d’agglomération peut constituer un niveau pertinent d’intervention, permettant de mutualiser les moyens et de coordonner les besoins au niveau local. C’était d’ailleurs l’une des propositions que nous portions dans le programme d’agglomération défendu par la gauche lors des dernières élections municipales.

En tout état de cause, il n’est pas acceptable que la jeunesse d’Orléans, l’avenir de notre ville, fasse les frais des restrictions budgétaires imposées par M. Grouard et M. Montillot, qui, rappelons-le, ne touchent jamais à la sacro-sainte voirie.

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