Ne gaspillons pas la chance de préparer l’avenir. Regardons de l’avant avec confiance et volontarisme, en indiquant les directions que nous voulons suivre.

Vous trouverez-ci dessous les grandes lignes de l’intervention que j’ai faite lors du dernier conseil municipal, qui portait notamment sur les orientations budgétaires de la ville d’Orléans en 2015.

Rappelons que ce débat prend place dans un double contexte :
1) c’est le premier de la nouvelle mandature. Il est donc sensé donner le ton du mandat qui commence
2) il intervient dans un contexte financier et économique très incertain

La méthode

Sur la méthode, j’ai d’abord rappelé que le Débat d’Orientation Budgétaire de la Région avait eu lieu le 16/10, deux mois avant le vote du budget. A la ville d’Orléans, le DOB a été organisé le 17 novembre, soit moins d’un mois avant le vote du budget. Dans ce contexte, la tenue d’un tel débat n’a pas grand sens, car tout est déjà bouclé. C’est d’autant plus dommage qu’en théorie, le but de ce débat est de permettre à l’exécutif d’infléchir éventuellement ses choix budgétaires initiaux en fonction de ce qui est proposé.

En outre le maire d’Orléans a délibérément choisi de fausser les choses en réservant la primeur de ses orientations budgétaires à la presse, 4 jours seulement après le dernier conseil municipal. Cela au mépris des élus de ce même conseil.
Enfin, la grande pauvreté des informations fournies, nuit nécessairement à la qualité des échanges. Les documents communiqués ne présentent en effet que les grands équilibres sans définir a priori le contenu des « orientations budgétaires » retenues.

 

Orléans, conseil municipal

La baisse des dotations de l’Etat

Elle est réelle, continue, sans doute excessive, eu égard au rôle que jouent les collectivités dans le développement économique et dans le soutien à l’emploi local. Cette réduction est pourtant nécessaire, compte tenu du mauvais état des comptes publics, qui entraine le recours à une dette asphyxiante pour le pays.

D’ailleurs, Serge Grouard, dans sa Tribune du Figaro préconise une réduction de 100 à 140 milliards des dépenses publiques en 5 à 7 ans, en rognant notamment sur la fonction publique, les collectivités locales, le logement, les emplois aidés, la carte hospitalière, l’aide médicale d’Etat… Si ses remèdes étaient suivis, la situation des collectivités locales serait bien pire qu’aujourd’hui.

Pour autant, cette réduction des dotations de l’Etat est à relativiser. Les dotations de l’Etat ne représentent que 17% des recettes de fonctionnement de la ville. La baisse de cette dotation est donc de 5% de 17%.
Au global, la réduction des dépenses de fonctionnement de la ville n’est que de 0,4% par rapport à l’estimation 2014 (- 700 000 euros).

La situation est donc loin d’être aussi catastrophique que ce qui est annoncé et ne justifie pas les coupes énormes qui sont prévues.

D’ailleurs, importance de la contribution de la VO au fonds de péréquation pour les collectivités locales (1Million d’euros) témoigne de l’aisance financière de la ville.

Cette même ville n’était-elle pas prête à financer une Arena estimée à plus de 100 millions d’euros et à s’engager dans ce projet sur plus de 30 ans ?

 

ARENA-Orléans

Propositions

Voilà comment nous allons procéder : Nous ferons quelques propositions générales aujourd’hui. Puis nous déposerons des d’amendements plus précis, lors du vote du budget.

1ère proposition sur la présentation du budget 

Nous souhaitons avoir une visibilité pluriannuelle, si possible sur la durée du mandat : Nous demandons donc à passer à une présentation budgétaire en AP/CP, qui permet de mieux contrôler le coût global de chaque projet, par delà l’annualité de l’exercice budgétaire. Cela est d’autant plus important que ce budget est le premier de la mandature qui commence. On est donc en droit de se demander où va la ville, quelles seront les perspectives suivies ? Quels axes de développement vont être retenus ?

2ème proposition : la réorientation des investissements.

Plus encore que le niveau d’investissement, ce qui est important, c’est le contenu de ces mêmes investissements. Ainsi, lors de la mandature précédente, 300 millions d’euros ont été dépensés, mais aucun grand projet structurant n’a vu le jour. A Orléans, les piscines sont toujours aussi rares, le palais des sports toujours aussi vieux, le parc des expos toujours aussi inadapté.

Un seul contre-exemple : la petite rue des anglaises a été refaite deux fois en moins de 6 ans. Est-ce bien raisonnable ?

Nous proposons donc une réorientation d’une partie des crédits affectés à la voirie vers la réalisation d’un ou de deux projets majeurs (l’un en matière culturelle, l’autre en matière économique), qui pourraient singulariser ce mandat.

Dans le même ordre d’idée, nous proposons une reconfiguration de la ZAC Carmes-Madeleine, inscrite aujourd’hui pour plus de 70 Millions d’euros de dépenses.

3ème proposition : définir et mutualiser des projets

Pour favoriser les réductions de coûts, il est indispensable de définir et de mutualiser des projets (et pas seulement des postes) avec l’agglomération en favorisant des transferts de compétences, notamment en matière culturelle et sportive. Ainsi, certains évènements, aujourd’hui portés par la seule ville d’Orléans, mais qui ont un rayonnement d’agglomération, voire plus, comme le festival de Jazz, pourraient devenir des événements d’agglomération.

4ème proposition : Le maintien, voire une légère augmentation des dépenses de fonctionnement.

Le fonctionnement est en effet idéologiquement considéré comme une mauvaise dépense, car une dépense récurrente. Les dépenses de fonctionnement permettent pourtant de créer et de maintenir de l’emploi local. Elles sont aussi synonymes de meilleur service à la population : ainsi, à focrècherce de rogner sur les dépenses de personnel, on met une pression considérable sur les agents, en leur demandant de faire toujours plus, sans les payer davantage. Rappelons par exemple qu’il manque d’agents de surveillance pour permettre une ouverture régulière de certains musées, comme le musée archéologique de l’Orléanais. Il manque aussi de places en crèche.

  • SolidaritéEn matière sociale, les dépenses de fonctionnement sont essentielles. Ainsi, la suppression des emplois dédiés à la prévention spécialisée impacte gravement l’avenir, et en particulier celui des jeunes de notre ville les plus en difficultés. La nouvelle baisse de 5% des subventions aux associations est une catastrophe pour beaucoup d’entre elles.

 

  • JazzEnfin, en matière culturelle, nous ne nous résignons pas à l’abandon du festival de jazz. D’un point de vue budgétaire, c’est une aberration, puisque le « in » équilibrait en partie le « off ». La disparition du Campo Santo prive donc l’évêché de recettes, ce qui est précisément ce que l’on voulait éviter.

 

D’un point de vue stratégique, c’est une lourde erreur. La culture n’est pas un coût brut. C’est un investissement de moyen et de long terme, qui permet de changer, de transformer en profondeur l’image d’une ville. Il ne suffit pas de poser des pavés et d’installer des colonnes fleuries pour assurer l’attractivité d’une cité comme Orléans. Toutes les villes de France, d’ailleurs, les grandes comme les petites, ont refait leur centre ville. Ce qui les singularise en revanche les unes par rapport aux autres, c’est l’ambiance de ville qui s’en dégage. Or, cette ambiance est largement déterminée par la qualité et le rayonnement de l’offre culturelle qui y est développée.

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée d’Orléans ». Cette idée, cette ambition, je ne les retrouve pas dans les orientations bien plates qui nous sont présentées.

Ne gaspillons pas la chance de préparer l’avenir. Regardons de l’avant avec confiance et volontarisme, en indiquant les directions que nous voulons suivre. C’est cela l’honneur des élus. Et de la politique.

Intervention dans le cadre du
débat d’orientation budgétaire de la ville d’Orléans,
17 novembre 2014

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