La seconde mort des vinaigreries Dessaux

Le groupe des élus socialistes, verts et apparentés a appris avec tristesse l’abandon du projet culturel sensé s’implanter sur le site des anciennes vinaigreries Dessaux et prévu depuis une bonne dizaine d’années. Il est vrai que ce projet était lui-même un produit de substitution après l’échec d’une première tentative de transformation des bâtiments industriels en site universitaire. Remodelé à la hâte, mais resté en piteux état lors du mandat 2008-2014, ce dossier est donc désormais clos, sans que l’on sache à ce jour ce que va devenir la friche actuelle, en plein centre ville. On ne sait pas davantage si la bibliothèque promise plusieurs fois aux habitants du quartier Bourgogne en remplacement de l’hôtel Dupanloup verra le jour d’ici 2020.

Trop souvent la ville a cédé les joyaux de son patrimoine à des particuliers ou à des promoteurs ravis de l’aubaine. Ainsi pour l’hôtel Tassin, le château de la Motte Sanguin ou le petit château des Montées. Il ne faut pas qu’il en soit de même pour les vinaigreries.

Les motifs financiers, allégués pour justifier la mise au placard du projet ne pèsent guère au regard des sommes considérables allouées pour la voirie à Orléans (plusieurs dizaines de millions d’euros par an), des dizaines de millions d’euros prévus pour la destruction absurde de la rue des Carmes et des 60 millions d’euros du projet Madeleine. Rappelons également que jusqu’à l’année dernière Serge Grouard envisageait sans sourciller de dépenser plus de 120 millions d’euros pour construire une Arena surdimensionnée.

L’adjoint aux finances ne cesse de dire que la ville est peu endettée et qu’elle a des capacités d’autofinancement remarquables. Si tel est le cas, pourquoi ne pas les utiliser lorsqu’il s’agit de culture ? Pourquoi refuser aux artistes ce que l’on accorde aux pavés ?

Après 13 ans de mandat, on cherche toujours en vain une réalisation culturelle marquante à mettre à l’actif des équipes de Serge Grouard. Le sourire de Miss France ne suffira pas à faire oublier la seconde mort des vinaigreries Dessaux.

La mission du politique ne consiste pas à expédier les affaires courantes en gérant l’intérêt général avec un regard d’expert comptable mais à proposer des projets collectifs rassembleurs et à faire preuve de volontarisme. C’est vrai de tout temps. Mais c’est particulièrement nécessaire en période de crise. De nouvelles sources de financement sont possibles (fonds européens). Et l’on peut toujours imaginer des mutualisations profitables à l’échelle de l’agglomération.

Rappelons-le : la dépense publique peut jouer un rôle contracylclique quand l’économie est déprimée. Oui, un projet culturel peut être pourvoyeur d’emplois : d’emplois locaux et d’emplois durables ! Oui, un projet culturel en lien avec le 108 et l’ESAD apporterait beaucoup à notre ville et à ses habitants ! Oui, la culture est aussi un moteur de développement ! Chiche ?

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