Non à la politisation des conseils d’école d’Orléans !

Le Conseil Municipal du 19 mai 2014 va prendre une décision inédite dans l’histoire d’Orléans : l’exclusion des conseillers municipaux de la minorité des écoles d’Orléans, qui deviennent dès lors le champ clos des seuls élus majoritaires.

Il s’agit là d’un acte politique grave qui rompt avec une tradition séculaire. Celle qui faisait de l’école de la République un lieu neutre, où les querelles politiques devaient cesser, au nom de l’intérêt général et de la protection de l’avenir de la nation. C’est pourquoi les conseillers municipaux du groupe des élus socialistes, verts et apparentés souhaitent dénoncer ce coup de force avec la plus grande fermeté.

Pour bien comprendre l’anormalité de cette décision, rappelons deux faits incontestables : d’une part la politique scolaire constitue une compétence obligatoire, exclusive des communes, au cœur d’une ambition municipale et donc fondamentale pour nous ; d’autre part Orléans compte 67 écoles maternelles et primaires pour « seulement » 55 conseillers municipaux. C’est pourquoi, jusque là, chaque représentant de la ville, de la majorité comme de l’opposition, pouvait siéger dans au moins un conseil d’école, d’une école de son quartier. Les élus de l’opposition (quelle que soit la couleur politique de cette opposition) ont d’ailleurs toujours tenu ce rôle avec beaucoup de sérieux, faisant preuve d’un fort investissement, et contribuant, par leurs remarques et leurs comptes rendus, à animer, à la place qui doit être la leur, la politique scolaire de la ville d’Orléans.

Désormais, les conseils d’école ne seront donc plus ouverts qu’aux conseillers municipaux de droite, ce qui brise le vieux consensus républicain sur cette question et désigne les écoles d’Orléans comme les lieux d’une action partisane. Dans la ville de Jean Zay, une telle démarche est particulièrement condamnable.

En outre, à l’heure où la réforme de l’école se met en place, et où tous doivent contribuer à la réussite de la nouvelle organisation dans l’intérêt des enfants, cette exclusion sonne comme un aveu anticipé d’échec. N’est-ce pas, en effet, parce que M. Montillot redoute des cafouillages à la rentrée qu’il ne souhaite pas que les élus de l’opposition en soient les témoins ? N’est-ce pas parce que rien n’est prêt pour septembre qu’on nous intime en mai de rester à l’extérieur du dispositif ?

Pour notre part, nous rappelons notre volonté d’ouvrir l’école, d’y travailler en bonne intelligence avec l’ensemble des acteurs concernés (enseignants, parents d’élèves, agents municipaux, animateurs), quelles que soient leurs orientations politiques, et d’y porter une ambition forte pour tous les enfants d’Orléans.

C’est pourquoi, au nom de ces principes d’ouverture et de neutralité, nous demandons solennellement que cette décision d’exclusion soit annulée, pour permettre à l’ensemble des conseillers municipaux d’exercer pleinement leur mandat. Ce qui est tout de même la moindre des choses !

Communiqué signé par les conseillers municipaux du groupe socialiste, vert et apparentés
Michel Brard, Hayette Et Toumi, Jean Philippe Grand, Corinne Leveleux-Teixeira,
Marie-Emmanuelle Matet, Maxime Yehouessi

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