Salle Eiffel. Discours du 19 mars 2014

Corinne Leveleux-TeixeiraUN MOMENT HISTORIQUE

Nous y sommes. Le chemin a été long. Nous nous y préparons depuis longtemps et nous sommes nombreux, prêts, déterminés, combattifs, pleins d’enthousiasme mais conscients de notre responsabilité.

Le moment est émouvant, toutes celles et ceux qui sont présents, n’ont pas mesuré leurs efforts depuis des semaines, des mois des années. Nous avons construit patiemment les conditions d’une alternance, avec humilité, avec la conscience que les conditions de vie de milliers d’Orléanais en dépendent et que l’avenir de notre ville est entre nos mains.

Nous avons voulu que cette échéance soit préparée avec les Orléanais, pour qu’elle leur offre vraiment la possibilité d’être entendus et de voir se préciser un projet qui corresponde à leurs besoins. Nous vous avons rencontrés par milliers, avons pris le temps d’échanger avec vous, depuis près d’un an.

Cette démarche nouvelle a porté ses fruits : un programme ambitieux, judicieux, vaste mais cohérent, une équipe solide et déterminée, une méthode de consultation qui nous a montré une forte attente du politique.

Tout cela nous a permis d’arriver à cette soirée, à cet avant premier tour. Cette émotion, je le sais, est partagée.

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Ce moment n’est pas seulement émouvant, il est aussi exaltant. Tout commence maintenant, car nous ne voulons pas la victoire pour la victoire, mais la victoire pour agir, pour changer les choses.

L’ENJEU ET GRAND

L’enjeu est grand en effet pour Orléans, une ville qui doute d’elle-même, une ville qui hésite sur son destin, une ville oscille toujours entre la tentation frileuse du repli sur soi, et l’ouverture à l’avenir, le dynamisme et l’innovation.

Ne nous voilons pas la face. Par delà son beau décor de théâtre la situation d’Orléanaise n’est pas bonne. La pauvreté gagne. Les poches de précarité s’étendent. Le nombre de quartiers prioritaires augmente. Le chômage des jeunes progresse. Des commerces, nombreux, ferment. Le nombre d’étudiants se réduit. Les dessertes ferroviaires, notamment avec Paris, se dégradent. Des dizaines milliers de mètres carrés de bureaux vides attendent les entreprises qui voudront les investir. En région, la ville dynamique, c’est Tours. En France, qui parle d’Orléans ?

            Et pourtant, notre ville a du talent, notre ville a des talents ! Des énergies qui ne demandent qu’à être libérées, des artistes qui ne demandent qu’à créer, des chefs d’entreprises prêts à créer des emplois. A condition d’être soutenus, entendus, accompagnés.

            C’est ce chemin de confiance, ce chemin de dynamisme et d’ouverture que nous proposons ! En pariant sur l’avenir, en pariant sur la culture, en pariant sur les nouvelles technologies, en pariant sur la jeunesse ! C’est ce chemin d’avenir que nous voulons tracer, en rassemblant les énergies, en fédérant les projets, en nous appuyant sur les forces locales, plutôt qu’en invectivant les acteurs politiques, en multipliant les arrêtés anti-tout, en imposant tout et en n’écoutant rien! Il faut faire danser les pierres de nos rues, donner du souffle à nos quartiers,

            Alors, bien sûr, Je suis consciente des difficultés, et je ne pense pas que les choses sont simples et qu’il suffit d’un coup de baguette magique pour que tout aille mieux.

Qui oserait dire que les choses sont simples, face au chômage, à l’insécurité, à la mondialisation, à la concurrence forte qui existe partout dans le monde, et en France même, entre les régions, entre les grandes villes ?

Qui oserait dire que l’on peut envisager l’avenir d’une ville de 120 000 habitants, au 21e siècle de façon « simple » alors que tout change, que l’économie est mouvante, que les technologies sont en perpétuelle évolution, que la population change, que les besoins changent, que les idées s’affrontent parfois violement ?

            Les choses ne sont ni simples ni faciles. Et c’est parce qu’elles ne sont ni simples ni faciles que nous allons les faire ensemble. Comme le disait le président Kennedy dans son discours, devenu mythique, prononcé à Houston le 12 septembre 1962, « Nous avons choisi d’aller sur la Lune au cours de cette décennie et d’accomplir d’autres choses encore, non pas parce que c’est facile, mais justement parce que c’est difficile. Parce que cet objectif servira à organiser et à offrir le meilleur de notre énergie et de notre savoir-faire, parce que c’est le défi que nous sommes prêt à relever, celui que nous refusons de remettre à plus tard, celui que nous avons la ferme intention de remporter, tout comme les autres ».

            Quelle est la lune pour nous ? Quel est le but que nous proposons d’atteindre en entrainant les Orléanais avec nous ? Faire d’Orléans une capitale européenne du XXIè siècle, ouverte au monde et accueillante pour tous, qui prenne soin de tous.

            Alors oui, pour parvenir à ce but, il faut s’engager pleinement, à 100%, sans cumuler les mandats. Et il faut dire qu’une élection n’est pas une formalité, mais un moment important, qui décide  durablement d’un avenir collectif. Pour changer les choses, pour agir sur le quotidien, pour construire un destin commun, il faut prendre la politique au sérieux.

Je prends la politique au sérieux, parce que la politique, c’est faire des choix et affirmer clairement de grandes orientations de vie collective. C’est s’appuyer sur des valeurs, des valeurs de solidarité, de confiance, de justice sociale, de dynamisme et d’optimisme. De son côté, le maire sortant affirme qu’il ne fait pas de politique, parce qu’il n’assume pas d’être un député de l’UMP. Parce qu’il omet de rappeler qu’il a toujours soutenu Nicolas Sarkozy et qu’il s’est longtemps rêvé en secrétaire d’Etat du gouvernement Fillon.

Je prends la politique au sérieux, même si la politique n’est pas mon métier, parce que je dis que la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose, et que tout ne se vaut pas !

Je prends les citoyens de cette ville au sérieux, en leur proposant un projet ambitieux et réaliste, et en souhaitant les associer aux décisions qui les concernent, sans mépriser l’opposition. Car oui, la démocratie est un pari sur l’intelligence collective ! Et Ce pari doit être tenu ! Ce pari doit être constamment renouvelé, en offrant aux habitants les lieux, les moyens et les outils d’une démocratie réellement participative.

Je prends, enfin, la situation de cette ville au sérieux, parce que c’est nécessaire. Parce que l’apparence ne suffit pas et que c’est le fond de la politique qu’il faut changer !

  • quand il y a 10 000 familles pauvres, on ne fait pas 3 millions d’Euros d’économies au CCAS sur le dos des plus fragiles !
  • quand l’insécurité est un problème de fond, on ne présente pas chaque année un bilan miraculeux sorti d’on ne sait où, et l’on n’accepte pas la fermeture de deux commissariats de secteurs ;
  • quand les étudiants quittent la ville, on réfléchit à ce qui peut les retenir, on se bat pour les attirer ;
  • quand on dépense des centaines de millions d’euros dans la réfection de la voirie, on n’oublie pas celles et ceux qui ont des difficultés à se déplacer
  • quand le chômage est élevé, on ne ferme pas la porte à des recrutements, par idéologie et on mise sur la jeunesse, plutôt que de la considérer comme une menace.
  • quand se pose la question du vieillissement de la population, on ne se contente pas de promettre des thés dansants, on organise la ville autrement et on cherche à offrir à nos aînés une vie agréable, des perspectives positives. Vivre en ville doit être pour eux une chance et pas une crainte ;
  • quand un nombre de plus en plus important de personnes travaillent avec des horaires décalés, il faut leur proposer des horaires élargis pour les services et les transports
  • quand on construit une seconde ligne de tram, on s’assure qu’elle soit accessible à tous, avec une information disponible en temps réel ; et il faut veiller à ce que les transports en commun ne s’arrêtent pas à la nuit tombée !
  • quand on met en place la réforme des rythmes éducatifs, on met tout en œuvre pour que cette réforme réussisse, au bénéfice de nos enfants, plutôt que de faire de la polémique politicienne.

Alors oui, il est urgent de redonner un sens noble au politique, à ce qui fait la vie de la cité. Oui, nous savons qu’il y a beaucoup à faire et que nous n’avons plus le temps d’attendre !

NOUS ALLONS L’EMPORTER

La responsabilité des hommes et des femmes politiques des forces du progrès est de questionner l’imaginaire des villes, de le faire évoluer, de rendre désirable la ville pour ses habitants et le monde extérieur. Orléans n’est pas la belle endormie qu’il est trop commode de présenter ainsi. Orléans mérite un autre avenir en accord avec ses singularités, avec son identité.

Quant on vous parle de Nantes, de Bordeaux, de Lille, est-ce que l’on vous cite le nom d’une place qui vient d’être refaite ? NON : on vous parle d’un événement, d’une manifestation culturelle, de dynamisme économique, de développement durable et innovant, on vous parle de la qualité de vie et de la possibilité qu’il y a, précisément, d’y faire sa vie !

Orléans a tout pour que, demain, on parle d’elle en ces termes ! Les talents sont là, nos atouts sont là : il faut simplement y croire et les mettre en mouvement ensemble, leur faire confiance mais leur indiquer la voie. C’est cela le rôle d’un maire !

Quand je dis cela, l’équipe sortante me reproche de ne pas aimer Orléans, comme on reprochait à une époque à certains de ne pas aimer la France.

Au contraire, ne pas aimer Orléans, c’est la laisser s’endormir, ronronner, se laisser dépasser par les villes voisines qui désespèrent de ne pas pouvoir s’appuyer sur une vraie capitale régionale, qui soit pour elle une locomotive. Réveillons là ! Animons là, bougeons là

Une réflexion et une action résolue doivent être menées pour faire entrer Orléans dans l’ère de la transition, de l’innovation sociale et d’une nouvelle mobilité urbaine. Nous devons susciter des politiques volontaristes pour diminuer la place de la voiture dans nos déplacements en renforçant les transports publics, les espaces pour marcher ou faire du vélo, la passerelle qui relie les quartiers. La démarche là encore est nécessairement créative : pour générer une prise de conscience et des transformations de comportements, il est nécessaire d’impliquer les gens tout le long du processus et au-delà.

Notre volonté de faire d’Orléans une ville créative et innovante n’est pas un gadget ou de vaines paroles en l’air. Elle constitue au contraire un état d’esprit déclinable dans les 4 directions que nous nous sommes fixées et qui forme l’armature de notre programme. Un programme tellement intéressant, que le maire sortant, à court d’idées après 13 ans de mandat, s’en est inspiré pour écrire son « contrat ». C’est un bel hommage de sa part, et je le prends pour tel.

Sauf qu’après deux mandats passés à poser des pavés, il n’est guère crédible pour animer la ville d’un nouveau souffle, d’une ambition nouvelle, d’une ambition humaine !

Il y a en effet tant à faire pour augmenter, diversifier et réorienter l’offre de service pour les Orléanais en matière d’accès à la santé, aux droits, de sécurisation des parcours de vie, à l’accompagnement des Orléanais dans les étapes de la vie (petite enfance et vieillissement). Il y a tant à faire pour prendre soin des habitants de cette ville, dont beaucoup se sentent relégués, exclus, délaissés. Pourquoi, par exemple, notre CCAS ne va-t-il pas au devant des besoins des Orléanais en difficultés ? Pourquoi notre CCAS reste-t-il à l’écart de l’innovation sociale ? Pourquoi ne s’appuie-il pas davantage sur le riche réseau associatif que compte notre ville ?

            Offrir une ambition humaine à Orléans, c’est aussi penser la ville avec les habitants, et dessiner une ville durable, intelligente, coopérative, citoyenne et solidaire, plutôt que de la livrer à la promotion immobilière. C’est travailler sur les liens entre les quartiers, l’animation, pas seulement en centre ville, la médiation des conflits, la proximité, le service. C’est développer les occasions de rencontres et d’échanges entre les habitants et les quartiers.

Offrir une ambition humaine à Orléans, c’est s’appuyer sur les talents locaux, investir dans la culture, et rappeler la vocation scientifique et internationale d’Orléans. Oui, Orléans doit devenir une capitale européenne, en organisant des évènements au rayonnement international, en développant l’offre touristique, en revitalisant le réseau des villes jumelées, en développant l’apprentissage des langues étrangères dès l’école maternelle. Oui, Orléans est une ville d’invention, d’innovation, comme le souligneront le futur pôle d’économie numérique et la cité des sciences et techniques.

Orléans ne doit plus rester une fois de plus, à la marge du monde, à l’écart des innovations et des expérimentations. Orléans doit assumer pleinement, sereinement, son destin de grande ville.

APPEL A LA MOBILISATION

            Chers concitoyens orléanais, je vais vous faire une confidence. Vous êtes les citoyens libres d’un pays libre, et la démocratie vous appartient. Alors agissez en femmes et en hommes libres ! Ne vous laissez pas impressionner par des sondages ! Lisez les programmes, évaluez les propositions, faites vous votre propre opinion, et surtout, allez voter ! La démocratie meurt de l’abstention et de l’indifférence. Dimanche, la République vous appelle ! Répondez présents !

Mobilisez autour de vous,  incitez à aller voter, imaginez-vous ce à quoi peut ressembler Orléans dans les années qui viennent : une ville qui se prend en mains, qui s’élève, avec des habitants qui sont les acteurs de ce renouveau et pas seulement des spectateurs à qui l’on impose tout. Une ville où l’on n’est pas seul à porter ses difficultés, où l’on peut imaginer et construire son avenir, quand on est étudiant, parent, retraité.

Parce que tout cela est possible, nous avons l’obligation de le faire ! Parce que cela est possible, nous allons le faire ensemble !

Nous avons un magnifique avenir commun, le moment est venu de le construire !

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