L’économie sociale et solidaire. Une force vive essentielle pour notre cité

Les crises financières et leur cortège de détresses humaines ont démontré l’incapacité des gouvernants à réguler les effets délétères du système économique dominant, fondé uniquement sur le profit. Malgré ses nuisances il est improbable de le voir disparaître, mais il est réaliste d’envisager l’affirmation d’un modèle économique alternatif, qui ne serait plus uniquement au service de l’argent. Apparue il y a plus de 150 ans, l’économie sociale et solidaire (ESS), qui a bien résisté aux crises, peut être ce nouveau modèle. L’ESS, issue des traditions d’entraides ouvrières et chrétiennes, met l’homme au centre de l’économie. Elle se développe sous la forme d’associations, de coopératives, de sociétés de secours mutuels, apportant des réponses rapides et précises aux besoins sociaux anciens ou émergents.

L’ESS se distingue de l’entreprenariat capitaliste par 3 exigences fondamentales :

  • la gestion en commun, associant les membres sur une base égalitaire ;
  • la limitation des profits ;
  • l’absence de spéculation sur les parts sociales de l’entreprise.

Ce modèle va être prochainement actualisé et stimulé par une loi, qui devrait permettre d’élargir les possibilités de financement pour les entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire.

Répartition des emplois en FranceNombreux sont ceux qui croient encore que l’ESS ne rassemble que des structures subventionnées, et ne crée pas de vrais emplois. C’est une vision faussée de la réalité économique.  L’ESS compte en effet 200 000 structures employant 2,4 millions de salariés, soit 1 emploi privé sur 8. Ces dix dernières années ce secteur a créé 23% d’emplois nouveaux contre 7% pour l’économie traditionnelle. D’ici à 2020 600 000 emplois seront à renouveler en raison des départs à la retraite. Selon le Crédoc l’ESS pourrait ainsi réaliser 114 000 recrutements par an.

L’ESS est une chance et une richesse pour la cité. D’autres villes qu’Orléans l’ont déjà compris et s’efforcent de développer ce secteur pour lutter activement contre le chômage, tout en œuvrant au mieux être social. Pour notre part, nous considérons qu’il ne peut y avoir de véritable politique de la ville sans une participation active des acteurs de l’ESS, allant bien au-delà d’une simple parodie de concertation. Les femmes et les hommes qui s’y impliquent sont une force vive essentielle. Ils sont au cœur de la connaissance de la réalité du quotidien des habitants, de leurs problématiques individuelle et collective.

En 2013, un maire ne saurait faire l’impasse sur ce secteur. Ce serait pire qu’une erreur : une faute !

Tribune pour Orléans.mag du mois de septembre 2013 que j’ai cosignée avec Jean-Paul Briand

Lire aussi...

Ce contenu a été publié dans Economie, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>