Conseil municipal du 22 décembre : budget 2013, un budget tape à l’œil

Le vote du budget constitue toujours un temps fort dans la vie d’une collectivité, et l’occasion pour elle de récapituler les principaux axes de son action. Ce constat général est en outre corroboré par un élément particulier de contexte : le budget prévisionnel 2013 est le dernier budget plein de cette mandature, les élections municipales devant intervenir en 2014.

Suite : Remarques sur les grands équilibres financiers de la Ville d’Orléans

 

Conseil municipal

 

Pour autant, le BP 2013 ressemble trait pour trait aux budgets qui l’ont précédé. En premier lieu, il constitue avant tout une opération de communication politique, permettant d’afficher les priorités de la majorité municipale et de développer un discours, parfois sans lien avec la réalité de ce qui est mis en œuvre (avec des expressions comme « l’humain au cœur des actions » ; « un budget anti-crise »).

Rappelons d’autre part, au vu des chiffres qui nous sont présentés, que la ville d’Orléans est riche, ce qui lui permet de mener comme elle l’entend la politique qu’elle veut, mais ce qui responsabilise d’autant l’équipe municipale, qui ne peut se dédouaner de son inaction en invoquant des contraintes budgétaires.

Enfin, la présentation des documents financiers obéit à une inversion de perspectives. Ce ne sont plus les orientations politiques qui définissent la construction du budget, ce sont les options budgétaires qui dictent l’action politique. Le politique est au service du financier. Les équilibres budgétaires sont ainsi fétichisés dans un grand triptyque intangible : maitrise du fonctionnement, progression de l’investissement, maintien de la dette autour de 100 millions d’euros (même si emprunt augmente cette année de 33%). Cette idéologie valorise le seul investissement et dévalue le fonctionnement. Or cette construction théorique ne fait guère de place à la réalité vécue par les habitants. Où sont les Orléanais dans ce budget ? Pour sa construction, celui-ci ne part pas des besoins de la population, il se fonde sur la volonté de respecter un dogme financier défini à l’avance.

Voici deux exemples de cette prise d’autonomie des exigences comptables sur les impératifs politiques :

- La taxe sur les logements vacants. Quelle est la recette de cette taxation ? Surtout quel est son bilan ? Combien de logements vacants ont été remis sur le marché ? Cette taxe est destinée à lutter contre la vacance des logements, pas à fournir des ressources supplémentaires.

- La bonne santé de la ville se fait aussi au détriment des partenaires. Les redevances réclamées aux fermiers de la ville augmentent de 66% entre 2012 et 2013. Les fermiers ce sont les parkings, la SOCOS la SODC, ERDF, GRDF, Numericable. Or, s’ils donnent plus à la ville, ils vont aussi, pour compenser, faire payer plus aux consommateurs. La bonne santé financière de la ville se fait donc au détriment des finances de ses habitants

Intervention en conseil municipal (22 décembre 2012) :


Corinne Leveleux-Teixeira – débat sur le budget… par CorinneLeveleuxTeixeira

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