Urgence santé pour l'Argonne

Les questions de santé revêtent aujourd’hui une importance considérable.

- Au niveau national, du fait d’une attente sociale accrue sur la quantité et la qualité des soins. Ainsi, selon le baromètre TNS Sofres d’octobre 2012, la santé et la qualité des soins constitue la deuxième préoccupation des Français, juste derrière le chômage et l’emploi, atteignant un niveau inédit jusque là.

- Au niveau local, du fait d’une démographie médicale déclinante, qui complique singulièrement l’accès aux soins, particulièrement en Région Centre

Ce constat inquiétant a incité notre collectivité à s’emparer de cette question fondamentale, alors même qu’elle ne se situe pas au cœur de ses compétences.

En outre, la crise actuelle de la démographie médicale met en jeu non seulement la cohérence territoriale, avec une inégale répartition des ressources et des demandes, mais aussi la cohésion sociale, en introduisant des discriminations fortes entre nos concitoyens, beaucoup devant renoncer aux soins purement et simplement.

Cette problématique n’est pas seulement rurale, mais aussi, de plus en plus, urbaine. Certes, en principe, les agglomérations constituent des zones de concentration des professions de santé. Pourtant, dans notre région, sur 8 agglomérations, 4 (celles de Dreux, Châteauroux, Montargis et Orléans) ont une densité médicale nettement inférieure à la moyenne nationale de 1, 11 médecin pour 1000 habitants.

Dans l’agglomération d’Orléans, un médecin sur deux avait plus de 55 ans en 2011. Très concrètement, cela signifie que, malgré l’augmentation du numerus clausus, il faudra attendre 2020 pour que le nombre des  médecins entrants corresponde au nombre de médecins sortants.

Déjà alarmants, ces chiffres masquent de plus de réelles disparités entre les quartiers, certains secteurs urbains dits « sensibles » souffrant d’un déficit de professionnels de santé très préoccupant. Jamais les inégalités territoriales n’ont été aussi marquées qu’aujourd’hui. Pour nombre de nos concitoyens, l’accès aux soins est ainsi doublement compliqué, financièrement et géographiquement. L’ambition de solidarité sociale portée par la Région dans ce domaine n’est donc pas un vain mot.

C’est Corinne Leveleux-Teixeira au Conseil régional du Centrepourquoi, dans ces conditions, il convient de saluer l’effort déployé par le Plan Urgence Santé en faveur des 100 MSP prévues à l’horizon 2020. Dans ce cadre, je tiens à souligner le concours décisif apporté par la Région Centre au projet de Maison de Santé pluridisciplinaire dans le quartier populaire de l’Argonne à Orléans. Bénéficiant d’une convention ANRU, ce quartier de 9000 habitants, qui enregistre un taux de chômage de plus de 30%, fait actuellement l’objet d’un vaste programme de valorisation, de désenclavement, de traitement des espaces publics.

La réalisation d’une maison de santé pluridisciplinaire n’est pas un élément annexe de ce programme, mais bien un élément essentiel de la prise en charge du quartier. D’une part, parce que cette MSP répond aux attentes et aux besoins des habitants, en terme de soins, mais aussi d’éducation à la santé et de prévention. D’autre part, parce qu’elle dit aussi quelque chose sur la qualité d’une action publique qui « prend soin » des habitants, particulièrement ceux qui sont en situation de fragilité. Nous pouvons être collectivement fiers d’une collectivité qui ne se contente pas d’administrer les choses, mais qui place résolument la personne au cœur de l’action politique.

Session du Conseil régional, 20 décembre 2012

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