Débat d’orientations budgétaires (conseil municipal du 23 nov. 2012)

Corinne Leveleux-Teixeira, conseil municipal

En conseil municipal
- Photo La République du Centre -

Le débat d’orientations budgétaires constitue, en principe, un moment important dans la vie de la collectivité. Il permet de présenter les principales options de stratégie financière retenues par la majorité pour l’année suivante et de les soumettre à discussion.

Malheureusement, à Orléans, les conditions d’organisation de cet exercice ne permettent pas la tenue d’un débat véritable. D’abord, il intervient trop tard, à un moment où le budget est déjà bouclé, et où, par conséquent, la discussion ne sert plus à rien. Ensuite, les informations sensées nourrir le débat démocratique sont communiquées seulement 48h avant le conseil municipal, ne laissant que très peu de temps à l’opposition pour en faire l’analyse. Enfin, ces informations sont trop vagues pour cerner un tant soit peu les contours de la politique municipale qui va être mise en œuvre en 2013.

Il ne s’agit pas là de protestations de pure forme. Les élus socialistes, verts et républicains du conseil municipal considèrent que la démocratie nait du débat et que le débat, pour exister, suppose des conditions impératives d’organisation, de temps et d’information.

Sur le cadre général de construction des hypothèses budgétaires, un relatif consensus se dégage. Ce consensus tient en premier lieu au constat partagé de l’augmentation des contraintes financières liées à la crise et au désengagement de l’Etat. Il tient en second lieu à la nécessité d’une gestion prudente des deniers publics, qui permet de s’accorder sur les 5 points fondamentaux définis dans le document budgétaire : la stabilité des taux d’imposition (déjà élevés) ; la maîtrise des dépenses de fonctionnement ; le maintien de l’autofinancement ; un niveau fort d’investissement et un recours raisonné à l’emprunt. Il convient d’ailleurs de noter que cette gestion rigoureuse, qui était déjà l’une des caractéristiques de la mandature de Jean Pierre Sueur, sous la conduite vigilante de son adjoint Charles Renard, constitue une condition nécessaire à la définition de choix politiques clairs et volontaristes.

Sur le fond, je formule deux observations et une suggestion :

  1. Concernant le fonctionnement, beaucoup plus devrait être fait en faveur de la solidarité, en une période de crise très dure, où la commune constitue souvent le premier espace d’entraide pour les populations les plus fragiles. Il n’est pas acceptable que, dans une ville comme Orléans, on compte toujours plus 10 000 ménages pauvres et un CCAS qui engrange des millions d’euros d’excédents de gestion !
  2. Sur l’investissement, la pertinence de certains choix mérite d’être fortement interrogée et contestée. Je n’en citerai que 3 : une Aréna, dont le budget excède les 120 millions d’euros, et qui coutera beaucoup à tous, alors qu’elle ne profitera qu’à quelques-uns ; la réfection de la place du Martroi, dont le chiffrage a lui aussi connu une dérive inquiétante (passant en 6 mois de 8 à 11 millions d’euros) ; l’utilisation systématique de la pierre de Souppes pour les rues du centre ville, occasionnant un surcoût considérable à la collectivité, pour un rendu contestable, et surtout une usure ultra-rapide de la voirie, qui occasionne des réfections constantes, et donc de nouvelles dépenses.
  • Pour notre part, si nous considérons qu’il est nécessaire que la collectivité poursuive une politique volontariste d’investissements, nous estimons que ces investissements devraient préférentiellement être orientés vers des équipements de proximité, qui profitent à tous les habitants (salles de réunions, crèches écoles, gymnases, piscines, etc.)

 Mon intervention en conseil municipal :

Débat d’orientations budgétaires de la ville d’Orléans, le 23 novembre 2012

Lire aussi...

Ce contenu a été publié dans Actualité, Conseil municipal, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Débat d’orientations budgétaires (conseil municipal du 23 nov. 2012)

  1. Laurent Gougis dit :

    Tout a fait d’accord sur le fonctionnement et les investissements. Nous n’avons pas besoin d’arena, une place du martroi refaite oui mais a des coûts raisonnables et pitié avec de la verdure….et moins de caillasse !

  2. Alain dit :

    Combien de gymnases peut-on construire avec 100 millions ?

    Combien de salles dans les quartiers pour que les associations se réunissent et créent du lien social ?

    Avez-vous vu l’état des piscines municipales ? C’est indigne d’une capitale régionale, une honte !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>