Budget 2012 de la ville d'Orléans (1/2). Un budget de confort, non un budget de combat

Le vote de ce budget intervient alors que notre pays traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente, marquée par la dégradation des comptes publics, un niveau inédit d’endettement de l’État, le diktat des marchés et des agences de notation, et la traduction désastreuse de la crise financière en crise économique, entrainant la multiplication des licenciements (+ 30 000 chômeurs en novembre, 2,8 millions de chercheurs d’empois).

À cette situation de forte dégradation économique s’ajoute le renchérissement du prix des matières premières et de l’énergie qui impacte de plein fouet les ménages les plus pauvres. La liste de plus en plus longue des personnes en situation d’impayés pour l’électricité, le gaz, les cantines scolaires, en témoigne éloquemment. Dans les écoles, es collèges, les lycées, on ne compte plus les enfants qui mangent à la cantine sans que leurs parents soient en capacité de payer. Dans la ville d’Orléans, de nombreuses familles ne peuvent se chauffer suffisamment, et beaucoup font la queue devant les portes des associations caritatives, pour y trouver de quoi ne pas perdre complètement pied.

Face à ces situations de précarité, voire de misère sociale qui ne cessent de progresser, quelle est la réponse de la ville d’Orléans ? On sait que la municipalité actuelle a fait de la proximité l’un des 3 axes de sa communication. Cette proximité est-elle à l’œuvre dans le budget 2012 ?

Notons d’abord que la ville d’Orléans dispose de ressources financières suffisamment importantes pour élaborer une réponse forte face à la crise sociale. Malgré quelques points de vigilance à surveiller (une baisse de l’auto-financement, une baisse des investissements, une baisse des aides de l’État), Orléans jouit d’une réelle aisance budgétaire, lui ouvrant de larges marges de manœuvres dans le choix des politiques qu’elle souhaite mettre en œuvre. Contrairement au conseil général ou à la Région, dont les recettes sont fortement contraintes, la ville conserve une réelle autonomie d’action. La politique qu’elle conduit est donc bien celle qu’elle veut conduire.

Or, le budget 2012 ne contient aucune réponse à la crise majeure que nous traversons. Au lieu d’un budget de combat (contre la précarité, contre les difficultés sociales, contre les fins de mois difficiles), la municipalité adopte un budget de confort, qui reconduit à l’identique les choix financiers des années antérieures. Où est la crise dans ce budget ? M. Martin l’a fait disparaître d’un coup de sa calculette magique ! Où sont les gens ? Où est le vivre ensemble ? En quoi la ville d’Orléans assume-t-elle son rôle de bouclier social ? Où est la solidarité, qui est pourtant l’objet premier de toute association communale ? Ce n’est pas en refaisant les trottoirs qu’on aide les gens à mieux vivre !

1)   Du côté des politiques publiques, la ville d’Orléans n’assure pas le présent tout en ne préparant pas l’avenir.

  1. Elle n’assure pas le présent. Le présent, on le sait, c’est la crise. Or le budget social de la ville d’Orléans est en stagnation, ce qui se traduit pas une baisse de ses subventions, en euros constants, par rapport à 2011, alors même que les besoins sont en augmentation.

Voyons les choses de plus près. 90% de ce budget social va au CCAS (centre communal d’action social), pour lequel la subvention de la ville est stable depuis 3 ans (soit 8, 336 millions d’euros). Dans ce contexte, la part de la ville d’Orléans dans le budget total du CCAS (16,2 millions d’euros) ne cesse de se réduire, pour atteindre environ 50%, ce qui traduit un réel désengagement de la municipalité.

On notera en outre que les transferts financiers entre la ville et le CCAS sont favorables à la ville, qui perçoit 10,5 millions d’euros de ce dernier, au titre du paiement des salaires des agents municipaux mis à disposition. Ce qui signifie que la subvention VO ne suffit pas à couvrir le coût de cette mise à disposition.

Dans le budget du CCAS, les dépenses de solidarité représentent moins de 160 000 euros, les aides d’urgence moins de 100 000 euros, soit une enveloppe d’un peu moins de 300 000 euros d’aides, pour une ville de 116 000 habitants….

Face à ces moyens dérisoires, les besoins sont si grands et il y a tant à faire ! Evoquons ici deux simples pistes :

-       l’épicerie sociale, à laquelle il conviendrait de donner beaucoup plus d’ampleur, alors qu’elle est sous-utilisée et que ses horaires sont peu commodes pour les gens qui travaillent.

-       Surtout, la mise en œuvre d’une véritable politique pro-active de repérage des besoins sociaux le plus en amont possible, en traquant les impayés, en détectant les décrochages, en favorisant massivement l’accès aux soins. C’est le plus tôt possible qu’il convient d’intervenir, avant que les difficultés récurrentes ne s’installent. De surcroit, trop souvent, les personnes qui sont confrontées à des « mauvaises périodes » répugnent à venir frapper à la porte des services sociaux. Certains n’osent pas ; d’autres ne savent pas ; d’autres encore sont trop abattus pour réagir. C’est donc le plus souvent à la collectivité de prendre les devants afin de rebâtir la chaine de solidarité sociale.

En outre alors que la ville se désengage du CCAS, elle ne consent pas un effort plus important pour les associations. Le repli à l’égard du CCAS, ne correspond donc pas à une diversification de l’action municipale, mais bien à un désintérêt pour le social. Pourtant, le secteur associatif devrait être encouragé, car il joue un rôle capital :

-       il maintient le lien social

-       il assume des tâches qui couteraient une fortune aux collectivités si elles devaient les prendre en charge elles-mêmes

-       il crée des emplois.

La ville d’Orléans serait donc bien inspirée de créer un fonds de soutien et de dynamisation du secteur associatif, comme cela se fait ailleurs. L’économie sociale et solidaire est l’une des pistes pour sortir de la crise !

  1. La ville d’Orléans ne prépare pas davantage l’avenir, et ne mise guère sur l’éducation. Deux points noirs récurrents sont une fois de plus à signaler :

i.     La question des ATSEM, en nombre insuffisant pour honorer la promesse municipale d’une ATSEM par classe de maternelle

ii.     La baisse des moyens de fonctionnement alloués aux écoles. En 2011, la ville avait programmé 437 000 euros pour l’équipement scolaire. Cette somme est baissée à 145 000 en 2012. Seuls 62 000 euros sont inscrits en dépense pour l’équipement informatique, soit un peu moins de 1000 euros par école. C’est très insuffisant.

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