Les étranges combats des "Vitrines d'Orléans"

Voici un communiqué de presse envoyé il y a quelques jours, mais qui n’a, pour l’instant, rencontré aucun écho. Il me semble pourtant poser de vraies questions sur certaines méthodes de l’action municipale ou para-municipale. A vous de juger!

A l’occasion de l’enquête publique sur la ZAC Carmes Madeleine, l’association « Les vitrines d’Orléans » a pris fait et cause pour le projet municipal, non seulement en s’exprimant publiquement en sa faveur (ce qui est son droit le plus strict), mais aussi, en militant ouvertement pour son adoption (ce qui est plus curieux), par la diffusion d’une motion réclamant l’alignement de la rue des Carmes et la destruction de ses logements prétendument insalubres.

Ce faisant, l’association des vitrines d’Orléans, d’ailleurs largement subventionnée par la ville (à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros annuels) s’éloigne beaucoup de son rôle d’animation et de défense des commerçants orléanais et sort manifestement de la neutralité qui devrait être la sienne, en prenant le risque d’un combat politique qu’elle n’est pas sensée mener. Outre le fait que ses compétences en matière d’aménagement urbain n’ont guère été démontrées, dans le passé, par ses oppositions successives à la première ligne de tram, à la piétonisation de la rue de la République, puis à la piétonisation de la rue des Carmes (déjà!), son positionnement actuel fait peu de cas de l’opinion des commerçants du quartier qui, eux, voient d’un bon œil la réhabilitation patrimoniale de leur rue. Du coup, le monde du commerce apparaît divisé sur ce projet, alors même qu’une association comme « Les vitrines » devrait travailler à rassembler les commerçants sur des propositions consensuelles.

En outre, si la réflexion des « Vitrines d’Orléans » procédait d’une vision large des enjeux de la ZAC Carmes-Madeleine, elle aurait dû accueillir des remarques sur le secteur de l’actuel Hôpital Madeleine, où sont concentrés 75% des créations de surfaces (en commerces, services, logements). Or qu’en est-il dans la motion transmise aux adhérents des vitrines? Elle ne contient pas une ligne sur ce sujet. La rue des Carmes concentre seule l’attention de ses rédacteurs. C’est d’autant plus surprenant que cette artère, toujours très commerçante, présente un profil varié de boutiques, offrant des produits ou des services divers, adaptés à tous types de bourses. Plutôt que de défendre les moyennes surfaces ou les grandes franchises, une association comme les Vitrines ne devrait-elle pas au contraire jouer la carte de l’originalité et de la diversité d’une offre commerciale ancrée dans la proximité ? N’est ce pas cette diversité commerciale qui est aujourd’hui  menacée par le projet municipal ?

Enfin, comment ne pas être étonné devant l’énergie dépensée pour obtenir l’alignement d’une rue, alors que tant de commerçants du centre ville se plaignent quotidiennement des difficultés d’accès à leurs boutiques, d’une signalétique municipale insuffisante, d’un manque récurrent d’animation, d’un défaut de propreté ou d’entretien de certains secteurs  (notamment sous les arcades du bas de la rue Royale), de soucis de trésorerie liés aux travaux du tram? Cette association, proche de l’actuel adjoint au commerce, n’a-t-elle pas mieux à faire pour préserver les intérêts de ses membres? Il paraît légitime de se poser la question…

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Une réponse à Les étranges combats des "Vitrines d'Orléans"

  1. conservateur... dit :

    Il ne faut pas oublier que c’est en grande partie à cause des commerçants du centre-ville que la liaison tram-tram se fait place de Gaulle et non à la gare, en dépit de l’implication forte de la ville dans l’agenda 21…. Il est donc normal (!) que les vitrines d’Orléans renvoient l’ascenseur de manière plutôt grossière, dans un tract qui ne convainc que ceux qui l’ont rédigé. S’il est vrai que toutes les villes ont eu à s’adapter ( rappelons la destruction du quartier des Halles, à Paris, par Pompidou), il n’y a pas de raison de détruire sans raison ! Et dans le cas présent l’argument d’une large vision de la cathédrale aux trémies (!!!) peut facilement être contrebalancé par un autre : la réhabilitation des anciens immeubles de la rue des Carmes fait partie de la suite logique de la mise en valeur du quartier Bourgogne, du quartier de Recouvrance, etc. qui jouxtent cette fameuse rue et donc ajoute à la trame des quartiers historiques d’Orléans et est sans aucun doute un atout touristique supplémentaire (ce dernier point devrait intéresser les marchands et pas seulement ceux de fringues…) il est vrai que pour ces rédacteurs ce qui a été fait suffit. Tristes sires !

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