Est-ce ainsi que les hommes vivent?

C’est avec émotion que j’ai appris, il y a quelques jours, le terrible drame social qui s’est produit à Orléans, où un homme est mort dans l’incendie de son appartement causé par une bougie mal éteinte. Ne disposant plus des ressources nécessaires pour payer son loyer et sa facture d’énergie, il venait juste d’être privé d’électricité et devait donc s’éclairer à la chandelle.

Ce fait divers horrible, qui rappelle le XIXè siècle et des situations d’une dureté qu’on croyait révolue, illustre pourtant une misère sociale bien actuelle, présente autour de nous, au cœur de nos cités. Le chômage de longue durée, l’impossibilité d’un retour à l’emploi, le basculement dans la précarité puis dans la pauvreté sont les expressions concrètes et douloureuses d’une crise qui dure et qui frappe impitoyablement les plus fragiles de nos concitoyens. L’envolée des prix de l’énergie vient encore compliquer la donne d’une équation financière souvent impossible à résoudre pour les ménages modestes.

Face à cette détresse croissante, il est urgent de revenir aux fondamentaux de notre pacte républicain. Il n’est pas tolérable, dans la France du XXIè siècle, que des hommes, des femmes, des enfants, couchent dehors, sans toit et sans abri dans les rues de nos villes, aux lisières de nos cités. Plutôt que de multiplier les arrêtés anti-vagabondage, n’est il pas grand temps de rendre effectif pour tous le fameux « droit opposable » au logement ?

De même, il n’est pas acceptable que l’accès à une énergie de première nécessité soit ainsi brutalement coupé, au seuil de l’hiver. L’énergie, comme l’eau, comme l’air, constitue un bien commun. Un accès minimum doit en être garanti à tous. Les dispositifs d’aide comme le FUL (fonds unifié logement) doivent en conséquence être développés, pour leur permettre de faire face à des demandes de plus en plus importantes. De même, le « tarif de première nécessité » n’est attribué qu’à un peu moins de la moitié de ses bénéficiaires potentiels, alors qu’il permettrait d’aider tant de familles. Pourquoi ?

Dans une publicité qui passe en ce moment sur les media, ERDF rappelle cette belle exigence du service public : « où que vous soyez, nous vous apportons l’électricité ». Il est urgent que ce slogan devienne une réalité. C’est vital. Pour tous.

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3 réponses à Est-ce ainsi que les hommes vivent?

  1. conservateur... dit :

    c’est effectivement lamentable et je compatis de tout coeur avec la famille de ce monsieur. A voir au-delà l’énergie, l’eau sont devenues une mine d’or sur laquelle se sont assises avec la complicité des pouvoirs – y compris de gauche – de grosses sociétés insatiables. Mais il faut bien dire que la palme de l’hypocrisie en ce domaine revient une fois de plus au président du pouvoir d’achat qui est contraint par son conseil d’Etat à revenir sur le gel des prix du gaz, au grand plaisir de ses amis industriels. Ce n’est plus de la gouvernance par le politique mais celle du fric.

  2. colin dit :

    Relier ce fait , que l’on dit divers , avec votre dernier acticle et celui de la Rép « Combien gagnent les élus de l’agglo  » est saississant , sachant qu’en outre ils bénéficient de solides salaires publics et privés en plus de leurs mandats .Comment peuvent-ils comprendre et représenter le peuple sauf au travers d’une vague compation … il y a le drame mais sa vie d’avant ?
    On a envie de crier halte à l’indécence stop au cumul des mandats ou au moins des indemnités puis qu’ils sont irremplaçables.
    D’aucun va trouver cela démagogique voir populiste … et de plus certains sont des amis …

  3. Ping : La précarité énergétique au coeur d’un drâme à Orléans

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