En 2012, de la défiance à l'espoir?

En 2011, le monde a été chahuté par une succession de secousses, provoquant, en un temps record, l’effondrement  de certitudes anciennes, apparemment inébranlables : secousses politiques précipitant les dictateurs dans une chute soudaine (Ben Ali, Moubarak, Gbagbo, Kadhafi) ou les puissants dans une sortie de route brutale (DSK, Berlusconi) ; secousses telluriques causant, au Japon, un tsunami meurtrier et le plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl ; secousses financières de marchés complètement dérégulés, paniqués par les fantasmes qu’il ont eux-mêmes engendrés, mais provoquant une crise économique réelle, frappant de plein fouet les plus démunis.

Et ce n’est pas fini. En Syrie, au Yémen, en Russie, la lutte des peuples se poursuit, dans le sang. En Espagne, en Grèce, en Italie, au Portugal, les plans d’austérité succèdent aux mesures de rigueur, tandis que les gouvernements tombent comme des châteaux de cartes, sous la pression des agences de notation. En France, le nombre de chômeurs augmente, le nombre des emplois publics se réduit, la qualité des services publics se dégrade, faute de moyens, les prix de l’essence, du gaz, de la SNCF, de la restauration, de l’hébergement, des travaux à domicile, des services à la personne, des livres, des mutuelles flambent… Instabilité, incertitudes, morosité, défiance. L’année 2011 se termine sombrement.

Qu’attendre alors, de 2012 ? Les 365 jours qui viennent ne composent certes pas les pages vierges d’un livre totalement inédit. Une partie de notre avenir proche est déjà en gestation dans les actes de notre passé immédiat. Tout n’est pas négatif, pourtant, dans l’année qui vient de s’écouler. Le printemps des peuples arabes, le mouvement des indignés étendu au monde entier, l’exigence croissante de transparence de la vie politique sont autant de signes d’une vigilance accrue des citoyens, et de leur volonté d’exercer sur leurs mandataires un contrôle démocratique plus rigoureux.

Nous avons la chance de vivre, en France, dans une démocratie, même s’il est vrai que cette démocratie est vieillissante et qu’elle dysfonctionne parfois gravement. Or, en 2012, notre peuple aura par deux fois l’occasion de s’exprimer sur son avenir et de reprendre la maîtrise de son propre destin. Les élections présidentielles puis législatives lui offriront l’occasion de choisir un nouveau projet, que j’espère plus fraternel et plus solidaire. Je forme des vœux pour que l’aspiration au changement, que nous sommes nombreux à partager, trouve en 2012 l’occasion de s’incarner autour de François Hollande et de son équipe.

Mais l’alternance n’est rien si elle ne s’accompagne pas de la mise en œuvre de nouvelles pratiques politiques et d’un véritable renouvellement des élites qui nous gouvernent. J’espère donc que 2012 verra l’adoption de mesures importantes pour la modernisation de notre démocratie (non cumul des mandats, acte III de la décentralisation, rôle accru du parlement, droit de vote des étrangers, respect de l’indépendance de la justice), car la liberté est l’un des biens les plus précieux de notre pacte républicain. Un bien jamais complètement acquis, mais toujours à construire, à recréer, à inventer.

Notre pays est en proie à une très grave crise, et dans notre ville, trop de familles, de jeunes, d’adultes, d’enfants, de vieillards, sont en situation d’exclusion. Exclusion à l’égard du travail, de l’éducation, de la santé, de la citoyenneté, du logement, des loisirs. L’égalité, le deuxième pilier de notre devise, reste beaucoup trop souvent lettre morte. L’école reconduit les disparités sociales quand elle ne les augmente pas. Certains quartiers de nos villes sont des ghettos dont on ne sort que difficilement. La couleur de leur peau ou leur confession religieuse prive encore trop de nos concitoyens d’un travail, d’un stage, voire de la considération minimum à laquelle nous avons tous droit. La défiance s’est souvent installée dans nos rapports sociaux, entre nous, ou à l’égard de nos élites, une défiance nourrie par un sentiment d’injustice croissant et la conscience d’une disparité de traitement entre les « puissants » et les « misérables ». Je forme donc des vœux pour qu’après les années bling bling, après le président des riches, après les soirées au Fouquet’s et les vacances en yacht, après les scandales politico-financiers, le bouclier fiscal et les complaisances de classe, les gouvernants de notre pays retrouvent le sens des réalités, le sentiment de la décence et le chemin de la vertu républicaine. J’espère aussi, j’espère surtout, qu’ils n’oublieront pas les espoirs que toute promesse de changement ne manque pas de susciter, et qu’ils répondront vite à l’impérieuse exigence de solidarité nationale. Car on ne fait pas société tout seul et on ne peut aller très loin en laissant le plus grand nombre au bord du chemin. Un pays qui ne se préoccupe pas des plus faibles de ses membres trahit tous les espoirs que ses habitants portent en lui.

« Que sont les États sans la justice, sinon de grands brigandages ? » (Saint Augustin).

Enfin, c’est vers notre chère  cité orléanaise que je voudrais me tourner pour finir. J’espère d’abord, bien sûr, qu’Orléans sera à l’unisson du pays et enverra à l’Assemblée Nationale des députés porteurs des valeurs de progrès social et de solidarité auxquelles je crois. Dans notre commune, trois circonscriptions (la 1ère, la 2ème et la 6ème du Loiret) sont à conquérir pour faire gagner la gauche. Unissons tous nos efforts pour y parvenir! Avec nos bulletins de vote, nous pouvons changer la donne, rompre avec des décennies d’hégémonie du RPR puis de l’UMP et forcer MM. Grouard et Carré à ne plus pratiquer le cumul des mandats.

Et puis, 2012, c’est aussi une étape vers d’autres échéances plus locales, les municipales qui prendront place en 2014. De même que nous devons œuvrer au changement pour notre pays, de même nous avons aussi à préparer l’alternance ici, pour notre ville, et cela dès maintenant. C’est pourquoi, je formule non seulement des vœux mais aussi des engagements très fermes, pour que l’année qui s’ouvre nous permette d’avancer de manière décisive dans la voie du rassemblement et la construction d’un projet municipal crédible pour les hommes et les femmes de notre cité. Il est temps de faire rimer Orléans avec renouvellement!

C’est donc pleine d’espoir et de résolution que je vous souhaite une très belle et très fraternelle année 2012 !

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2 réponses à En 2012, de la défiance à l'espoir?

  1. Hassan Kerim dit :

    Très joli texte auquel je suis sensible. Très bonne année 2012 Corinne pour toi , ta famille, tes proches . A bientôt.

  2. ian khadal dit :

    366 jours en 2012 ;-)

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