Questions sur le nucléaire

Pour faire bonne mesure, je reproduis ici le texte de la question coécrite avec Marie Thérèse Noel (EELV) sur la place du nucléaire dans notre département et sur le degré d’information des citoyens sur les risques que comporte une telle situation.

Monsieur le Maire

Orléans vit à l’ombre de 2 centrales nucléaires: Dampierre en Burly et Saint Laurent des Eaux. La ville n’est guère éloignée non plus de celle de Belleville sur Loire.

Il y a 25 ans, Tchernobyl nous avait fait prendre conscience des dangers du nucléaire et des limites de l’information gouvernementale à destination des populations. Très récemment, la paralysie des circuits de refroidissement de la centrale de Fukushima, consécutive au tremblement de terre et surtout au Tsunami survenu au Nord Est du Japon, nous a tragiquement rappelé que le nucléaire ne constituait pas une industrie comme les autres. L’avertissement japonais résonne avec d’autant plus de force, qu’il survient dans un pays technologiquement très avancé, qui a su développer par surcroit une culture du risque sans doute unique au monde.

Face à un drame aussi épouvantable, notre premier mouvement est bien sûr d’exprimer notre totale solidarité avec le peuple japonais, si cruellement éprouvé par les colères de la nature et qui revit, pour la deuxième fois de son histoire, le spectre d’une contamination nucléaire.

Nous pensons aussi qu’il est du devoir des responsables politiques, chacun à leur niveau de décision, de tirer des leçons de ce qui continue de se passer à Fukushima. A ce titre, par delà les aspects techniques de l’incident, la question politique et sociale de l’information des populations concernées nous semble devoir d’être posée. Nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls à le penser : selon un sondage récent, 6 Français sur 10 s’estiment insuffisamment informés sur le nucléaire.

C’est donc sur ce point de la diffusion de l’information, particulièrement crucial en régime démocratique, que nous souhaitons vous questionner, Monsieur le Maire. Cet aspect du problème nous paraît d’autant plus important que, comme vous le savez, les risques ne sont pas seulement liés aux centrales mais aussi au transport des matières nucléaires.

Ainsi, des sources radioactives intenses sont transportées chaque jour par la route, le rail, le bateau et voire l’avion. Le confinement de ces sources, assuré par des blindages importants, arrête les rayonnements. Ces dispositifs de protection sont conçus et testés de façon à résister à des chocs importants. Mais si tout pouvait être  envisagé, il n’y aurait jamais de problème. Et il ne peut être exclu qu’au cours d’un accident, une protection ne soit endommagée et perde de son étanchéité.

Les maires des communes concernées par ces transports doivent réaliser un Dossier d’Information Communale sur les Risques Majeurs (DICRIM).

Dans cette même perspective, les exploitants d’installations nucléaires de base sont tenus effectuer tous les cinq ans, sous contrôle du préfet, une information de la population habitant à l’intérieur des cercles à risques (cercles du Plan Particulier d’Intervention : PPI). Cette information doit porter sur la nature du risque et les consignes à appliquer en cas d’accident.

Pour rappel, Fukushima a porté sa zone d’éviction à 60 km de la centrale, soit une distance supérieure à celle qui nous sépare de Dampierre en Burly (35 km) et de Saint Laurent des Eaux (57km).

Notre question porte donc sur la manière dont est informée la population de la conduite à tenir en cas d’accident nucléaire. Nous avons observé que sur le site de la ville d’Orléans figure le DICRIM. Mais cette mention est-elle suffisante ? Combien de citoyens en sont informés ? Envisagez vous, à moyen terme, des modalités d’information plus précises de la population ?

Encore une fois, nous ne souhaitons ni faire peur ni polémiquer, mais seulement attirer l’attention du conseil municipal sur la nécessité d’une information suffisante de nos concitoyens.

Marie-Thérèse Noel et Corinne Leveleux-Teixeira

Lire aussi...

Ce contenu a été publié dans Actualité, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

6 réponses à Questions sur le nucléaire

  1. Miguel dit :

    Merci pour l’info, mais, il a été fait quand, le DICRIM du site de la ville ? Dans les années 70 avec powerpoint 0.2 ?

    http://www.orleans.fr/fileadmin/user_upload/FichiersOrleans/Download/qualite/Dicrim.pdf

    FichiersOrleans/Download/qualite : lol

  2. Jean du MoDem dit :

    Il est surprenant que le suppléant et la conseillère générale arezoliste n’écrivent pas un manifeste actualisé sur le nucléaire.

  3. sous le vent dit :

    En fait, la situation décrite dans votre question, Mesdames, est valable pour toutes les communes de l’AgglO et aussi pour celles encore plus proches des centrales, qu’il ne faut pas oublier et encore moins sacrifier.

    Dans un DICRIM d’une autre commune de l’AgglO, Saint-Laurent n’est qu’à 27 km et Dampierre à 49 km. De toutes façons, on reste dans le périmètre (circulaire) de risques importants autour des deux centrales.

    Ce qui n’apparaît pas, c’est la situation relative par rapport aux vents dominants qui porteraient les pollutions radioactives suivant un panache pas du tout circulaire (et pas stoppé par des limites adminitratives !). En ce qui concerne Saint-Laurent-des- Eaux, les vents dominants et les nuages porteurs de pluie viennent du Sud-Ouest et se dirigent vers l’AgglO. Depuis l’accident de Tchernobyl, les cancers de la thyroïde ont plus que quadruplé sous le vent porteur de pluies en Russie et en Biélorussie jusquà plus de 200 km de la centrale accidentée.
    On a reconnu enfin, en milieux officiels français, que l’un des nuages de Tchernobyl a passé la frontière fin-avril ou début-mai 1986, mais on ne reconnaît guère encore l’augmentation des cancers chez nous ! Pourquoi ? parce qu’on n’a pas fait les études épidémiologiques ? ou parce qu’il « ne faut pas faire peur » ? ou parce qu’on « ne peut pas établir scientifiquement une relation de cause à effets » ? ou parce que c’est « trop compliqué pour le citoyen lambda » ?
    Il serait intéressant de faire connaître la réponse à votre question, réponse sûrement très sérieuse et très soucieuse de démocratie !

  4. Jean du MoDem dit :

    Miguel, c’est bien.
    Je pars pour Grenoble, ex-capitale du « Singe » =CENG, Singe était la prononciation du Centre d’Étude Nucléaire de Grenoble.
    Je me renseignerai sur l’actuel esprit nucléaire des grenoblois.

  5. Jean du MoDem dit :

    Grenoble le 26 avril 2011, Le Dauphiné libéré:
    En Une :  » Alors que le monde marque les 25 ans de Tchernobyl. Le nucléaire brûlant d’actualité. »
    -puis deux pages de banalités malgré un titre accrocheur: « Le nucléaire fait plus que jamais polémique, surtout depuis la récente catastrophe de Fukushima, au Japon.
    -« Trois questions à… » la députée européenne azeroliste (ex apparentée PS) Michèle Rivasi sur La CRIIRAD. Elle en a été la présidente pendant 15 ans.
    -Rien ( de rien) sur le nucléaire de Grenoble et ses dangers. Il faut préciser que tout Grand de Grenoble (GG) est lié au CEA-Grenoble. L’actuel maire, Michel Destot, à été ingénieur de recherche au CEA-Grenoble.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>