Le temps heureux des commencements

La nouvelle année n’a que quelques jours. Elle est dans le premier élan de son jaillissement. Encore intacte, elle donne, ne serait-ce qu’un instant, l’illusion que tout recommence, que tout renaît, que tout est nouveau, que tout est possible. Comme une page blanche, une neige fraîche, une terre inconnue. C’est le temps des bonnes résolutions (que l’on prend pour soi) et des voeux (que l’on offre aux autres).

Je vous laisse le soin de définir vous mêmes vos bonnes résolutions et de décider ensuite de vous y tenir ou pas. Pour ma part, je voudrais juste esquisser quelques voeux pour 2011. Des voeux de bonheur et de santé pour vous et pour vos proches, des voeux de ferveur, de solidarité et de fraternité pour notre cité et notre pays.

En ces temps d’amertume, de désespérance et de désillusion, nous avons tous besoin de ferveur. Pas de ferveur religieuse, bien sûr, mais de ce sentiment passionné qui nous pousse vers les causes les plus belles et nous incite à entreprendre les projets les plus fous. Sans enthousiasme, sans générosité, sans engagement ardent, il n’est ni création possible, ni rêve réalisable, ni même progrès envisageable. On ne bâtit pas l’avenir avec une règle à calcul!

Pour 2011, je souhaite aussi que nous soyons tous collectivement capables de vivre et de faire vivre l’esprit de solidarité. La crise est dure pour les plus fragiles. La ville est rude pour les plus vulnérables. En 2011, saurons nous accueillir l’étranger? Irons nous combattre l’illettrisme? Prendrons nous enfin à bras le corps la question de l’accessibilité et du handicap? Quel logement proposerons nous aux sans abris? Quel soutien offrirons nous pour les plus dépendants? Quel accès aux soins accorderons nous aux plus démunis? Quel regard porterons nous sur les femmes battues? Sur les drogués? Sur les prisonniers? Les questions ne manquent pas et les défis non plus, pour ouvrir la cité et élargir la « chose commune », cet autre nom de la République.

Reste enfin la fraternité, le dernier terme de notre devise, un terme jamais échu et toujours à échoir semble-t-il. La liberté s’organise et l’égalité se mesure. Mais la fraternité ne se décrète pas. C’est pourquoi on peut, on doit, la souhaiter, la désirer, la rêver, mais aussi s’efforcer de la mettre en actes. On peut le faire au le jour, par des petits gestes, par l’attention que nous portons aux autres. On peut aussi attendre de ceux qui sont en responsabilité qu’ils placent l’exigence d’humanité au coeur même de l’action publique dont ils ont la charge. Rêvons un peu, et imaginons que le législateur, avant de voter une loi, se demande en conscience: « suis-je en train d’agir pour la fraternité »? Il y a fort à parier, dès lors, que les LOPPSI 1 et 2, les réformes du droit de la nationalité ou les circulaires sur les Roms  n’auraient jamais vu le jour.

Alors, oeuvrons tous pour que 2011 soit une année fraternelle!

 

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