La municipalité d'Orléans se prend les pieds dans le plat d'Etain

Un an après sa décision, controversée, de privatiser la crèche des chats ferrés, et quelques mois à peine après la réouverture en fanfare de cet établissement, la mairie envisage de réduire le potentiel d’accueil en crèche en fermant la crèche du Plat d’Etain le samedi à compter de la rentrée 2011.

Le motif de cette fermeture tient au caractère « surdimensionné » du nombre de places ouvertes aux tout petits le samedi, l’offre étant très supérieure à la demande exprimée par les parents pour ce créneau.

Cette mesure, apparemment purement technique et de bon sens, serait passée inaperçue, si elle ne soulignait pas le caractère au mieux brouillon, au pire cynique, de la politique de la petite enfance menée à Orléans. Le groupe d’opposition socialistes, verts et apparentés rappelle en effet que les besoins « très forts » des parents pour un accueil des enfants le samedi avaient été allégués il y a un an pour justifier la délégation à une structure privée de la gestion de la crèche des chats ferrés, le personnel municipal étant mystérieusement jugé impropre à un travail le samedi. Compte tenu de ce diagnostic, on ne peut qu’être surpris de la situation actuelle. Comment se fait-il que la demande massive pour une ouverture le samedi, insatisfaite, il y a un an, par la crèche du Plat d’Etain (15 places) et le CHRO (10 places ouvertes dans le cadre d’une convention avec la ville) soit devenue aujourd’hui si faible qu’elle contraigne la mairie à faire machine arrière et à fermer le plat d’Etain le samedi ? Les parents, versatiles, auraient-ils changé d’avis ? Ou alors sommes nous dans une situation de crise démographique ponctuelle hyperlocalisée à Orléans? Quelle est donc cette politique de gribouille qui ouvre des places en crèche le samedi en 2010 pour en fermer une partie en 2011 ?

Osons une hypothèse terrible: le besoin exprimé par les parents d’une ouverture le samedi n’aurait-il pas été délibérément surévalué par souci tactique? La privatisation, voulue pour des motifs idéologiques et comptables, mais impopulaire dans l’opinion, a été présentée l’année dernière comme techniquement nécessaire et donc indiscutable. Sans une délégation de service public, nous expliquait-on, il n’était « pas possible » de répondre aux besoins des familles. On aurait bien aimé, mais non, c’était « trop compliqué » à réaliser.

Bel exercice d’enfumage rhétorique, en vérité ! Sous couvert d’une meilleure adéquation à la demande des parents, la ville d’Orléans a, beaucoup plus prosaïquement, réalisé des économies de personnel, et rogné sur le budget de la petite enfance. Par l’un de ces merveilleux tours de passe-passe dont l’équipe municipale actuelle a le secret, la gestion comptable de la petite enfance avançait masquée, sous les apparences séduisantes d’une meilleure adéquation aux attentes du public. Un an après, les chiffres parlent, la prestidigitation a fait long feu, mais l’essentiel est acquis : la crèche des chats ferrés a été privatisée. Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes libéraux possibles. A cet égard, la visite récente de Mme Morano l’a bien montré, Orléans est en pointe dans l’application des directives gouvernementales, qui prévoient notamment de diminuer la proportion des professionnels les plus qualifiés (éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices et auxiliaires de puériculture) dans les établissements et services d’accueil des jeunes enfants (crèches, multi-accueils…).

Face à cette logique strictement budgétaire, l’opposition municipale rappelle que la qualité du service rendu ne se mesure pas à l’aune de la réduction des coûts de main d’œuvre mais à la recherche prioritaire de la satisfaction de nos concitoyens. Alors que la petite enfance devrait être l’un des axes forts d’une politique municipale ambitieuse, attachée à faire venir des familles dans notre cité, elle fait l’objet d’un traitement low cost. Alors que sur ce sujet la ligne politique devrait être claire et ferme, elle zigzague entre des déclarations d’intentions généreuses et la réalité brutale de décisions à courte vue.

Au sein du conseil d’administration du CCAS, l’opposition municipale (groupe socialistes, verts et apparentés) a voté contre cette modification de l’offre de service proposée aux familles. Elle fera montre de la plus extrême vigilance sur le devenir prochain de la crèche du Plat d’Etain. Car si la vérité de 2009 n’est déjà plus celle de 2010, on a tout lieu d’être inquiet pour 2011.

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4 réponses à La municipalité d'Orléans se prend les pieds dans le plat d'Etain

  1. Fansolo dit :

    Ben alors c’est quoi ce nouveau bandeau ? Vous remettez l’Etape à sa place ?

  2. dame Lepion dit :

    « La privatisation, voulue pour des motifs idéologiques et comptables, mais impopulaire dans l’opinion, a été présentée l’année dernière comme techniquement nécessaire et donc indiscutable. » Tout est dans ce résumé du Discours de la Méthode révisé municipal. Cette technique est réutilisée à loisir dans moult domaines. Désespérant.

  3. fafa dit :

    Je crains qu’il ne soit ainsi à Orléans depuis trop de temps.
    Une crise économique et sociale sans précédent, ça laisse des traces partout.. Partout… Non le conseil municipal UMP-NC fait de la résistance à Orléans. Une résistance contre les romains, ces envahisseurs? Non contre le bon sens et la gestion à long terme!

    Le long terme pour la politique familiale on est en droit de s’y attendre, sauf à Orléans.

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