Pourquoi transformer l’investissement public en bénéfices privés ?

La nouvelle crèche des chats ferrés est inaugurée aujourd’hui. C’est l’occasion pour le groupe d’opposition Socialistes, Verts et apparentés de dénoncer une nouvelle fois le tour de passe-passe opéré par la majorité municipale, qui consiste à transformer l’investissement public en bénéfices privés. A la ville et aux contribuables orléanais le coût de la rénovation de cette crèche (soit environ un million d’euros) ; à l’entreprise privée délégataire la perception de 500 000 euros par an pour rémunération de sa gestion. En clair, la ville paye pour un service qu’elle est parfaitement capable d’assurer elle même en régie, grâce à la compétence et au dévouement de ses agents.

Certes, le groupe d’opposition se félicite de l’augmentation des capacités d’accueil et de garde des jeunes enfants dans notre cité. Il considère également que l’élargissement des horaires d’ouverture de la crèche des Chats Ferrés constitue un réel avantage pour les familles. Mais il estime que la méthode suivie par la majorité municipale dans cette affaire relève de l’idéologie libérale plus que de la saine gestion des deniers publics. Ainsi, en cas de délégation de service public, il est de coutume de laisser le délégataire (en l’occurrence l’entreprise privée) financer lui même l’aménagement ou la rénovation des locaux qui lui sont concédés. C’est alors une opération “gagnant/gagnant” pour les deux partenaires : le délégataire assume des coûts tout en escomptant des profits. A Orléans, c’est plutôt du perdant/gagnant : la ville assume les coûts et le délégataire empoche les bénéfices. Est-ce là la meilleure manière de réaliser des économies pour une collectivité? La concurrence entre le public et le privé ne s’en trouve-t-elle pas gravement faussée ?

Enfin, le groupe d’opposition entend rappeler le poids social de cette privatisation, à côté des charges financières qu’elle induit. Les employés du délégataire, en effet bénéficieront de garanties et de protections sensiblement moins importantes que celles des agents des autres crèches d’Orléans employés par la ville. Ce choix s’inscrit plus largement dans les orientations poursuivies par la municipalité depuis quelques années, qui visent à multiplier le nombre d’emplois de contractuels, à différer les titularisations des agents embauchés, et à sous-traiter des pans entiers de l’activité municipale à des entreprises privées. Le but de ces expédients divers ? La réalisation d’économies de personnel. Espérons qu’aux Chats ferrés comme ailleurs, cette moins value-sociale ne se traduira pas par une dégradation du service rendu aux usagers. Mais rien n’est moins sûr.

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Une réponse à Pourquoi transformer l’investissement public en bénéfices privés ?

  1. idéologie buseness dit :

    Combien de fois n’a-t-on entendu traiter d’idéologie, voire d’idéologie rétrograde, le soutien au service public, où le citoyen est un usager ? La privatisation (non-moins idéologique) de ces services ne se fait pas pour un usager mais pour un client. Client qui a payé pour l’investissement de la crêche, mais qui va encore payé le délégataire (et non la collectivité qui a investi) comme client ! Mais qui a vu réellement baisser les impôts ? Ceux qui en payaient beaucoup parce qu’ils gagnaient trop, et pas les usagers des crèches et autres services publics (poste, école, transports…) qui n’ont pas assez de revenus pour payer des impôts directs, mais qu’on taxe indirectement au titre de clients-consommateurs.
    Voilà pourquoi ? D’où une autre question : Où ces impôts sans contre-partie de service passent-ils ? Question à poser aux candidats, non ?

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