Connaissez-vous Louis Lacave?

Le 27 novembre dernier, le conseil municipal d’Orléans a décidé de baptiser « Louis Lacave » l’une des nouvelles voies de la ZAC Sonis. Décision anodine, à première vue. Mais à y regarder de plus près, les choses ne sont pas si simples.

D’abord, qui était Louis Lacave ?

Ingénieur de son état, il devint maire d’Orléans de 1843 à 1848, avant d’être destitué et mis à la retraite d’office en mars 1848 par le Gouvernement provisoire de la deuxième république.

Cette interruption de sa vie politique fut de courte durée. A la faveur du raidissement du régime, Louis Lacave revint sur le devant de la scène publique. Il fut réintégré comme maire dès août 1848 et élu député monarchiste le 13 mai 1849. Epris d’ordre, il participa à une commission sur la déportation outre-mer des insurgés républicains des journées de juin 1848. Il vota des lois restrictives de la liberté de la presse et de la liberté de réunion, soutint la politique de Louis Napoléon Bonaparte et approuva le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Il fut d’ailleurs élu député de la « Majorité dynastique » (1852-1857) grâce au système dit des « candidatures officielles ».

Louis Lacave fut donc un conservateur patenté, peu suspect de républicanisme, un homme d’ordre et de discipline qui goûta si peu les libertés publiques qu’il s’efforça de les supprimer, et qui prêta un concours actif à l’un des régimes les plus autoritaires que la France eût connu.

Ces seuls titres de gloire auraient dû suffire à écarter prudemment sa candidature pour dénommer une rue de notre espace public. Les majorités municipales précédentes avaient toujours eu cette sagesse et on ne peut que les louer pour ce choix. Notre ville compte suffisamment de personnages remarquables pour qu’il ne soit point nécessaire d’y honorer le suppôt d’un régime liberticide.

Mais cela n’est pas tout. Le choix de Louis Lacave n’est en effet pas seulement déplorable sur un plan politique. Il est aussi désastreux sur le plan symbolique. Car il incarne à lui seul la version la plus brutale du vandalisme patrimonial le plus grossier.

Louis Lacave fut en effet le lamentable fossoyeur de l’ancien hôtel Dieu d’Orléans, un splendide édifice Renaissant (cf. dessin de Charles Pensée), qui ornait le flanc nord de la cathédrale Sainte Croix, à l’emplacement de l’actuel office de tourisme. Il ne reste plus aujourd’hui que quelques fragments épars et mutilés de ce vaste ensemble monumental (cf photo ci dessous  prise hôtel des créneaux).

Cette obstination remarquable dans la hargne destructrice valut à Louis Lacave les sarcasmes conjugués de Victor Hugo, du comte de Montalembert et de Prosper Mérimée qui lui décerna, ainsi qu’à son conseil municipal, « un brevet d’imbécile » valable pour la postérité.

Beau symbole en vérité que d’honorer ce démolisseur en chef, au moment où Orléans s’enorgueillit d’être labélisée « ville d’art et d’histoire » !

Le vieil hôtel Dieu, il est vrai, avait été qualifié d’insalubre (il n’était plus entretenu depuis 1813 afin de hâter sa démolition) et il « gâchait la perspective » sur la cathédrale….  Insalubrité ? Perspective ? Cela ne vous dit rien ? A peu de choses près, ce sont les arguments qui ont été avancés par MM. Grouard et Carré pour justifier leur projet d’alignement d’une partie de la rue des Carmes.

Comme quoi, à un siècle et demi de distance, la vie municipale orléanaise présente de troublantes analogies… et de bien inquiétantes continuités. Espérons donc pour le patrimoine de notre bonne ville que M. Grouard ne sera pas le Lacave du XXIè siècle.

L’opposition municipale n’ a pas voté cette délibération.

[dailymotion id=xbbzy2]

Nous demandons qu’elle soit rapportée.

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24 réponses à Connaissez-vous Louis Lacave?

  1. Gizmo dit :

    Pfff… Lire le Moniteur Universel en séance… Trop la classe ! Après ça, y en a encore des qui se demandent à quoi servent les sciences humaines et sociales…
    Sinon, comme proposition alternative, Ibni Oumar Mahamat Saleh, docteur de l’Université d’Orléans, victime des Louis Lacave d’un autre temps et d’un autre lieu : http://smf.emath.fr/SouscriptionSaleh/

  2. Romain dit :

    Bravo !

  3. CLT dit :

    Non, là vous me gênez…

  4. Romain dit :

    ;o)

  5. Laudes dit :

    Connaissez-vous la rue Ségolène Royal ?

    http://www.dailymotion.com/video/x1q1j0_bapteme-rue-segolene-royal-orleans_events

    Où les JSL étaient Ségoliènistes à fond, avant d’être pro-Aubry à fond !

    Laissez-nous rire !

  6. Romain dit :

    @Laudes
    Je me sens un peu concerné, puisque si cette action s’est faite à l’époque c’est pas mal grâce à moi. Je n’étais pas Ségoléniste, je ne suis pas Aubryste… Juste Socialiste !

    Mais ça vient faire quoi dans le débat ?
    La Rue Lacave, c’était une blague de la Majorité pour occuper les rares heures perdues de C.L.T. ?!

  7. Jean du MoDem dit :

    Madame vous possédez un réel pouvoir révolutionnaire.Vous n’avez pas fini d’enregistrer votre article sur ce blog qu’il est déjà imprimé dans La Rep’. Expliquez-nous?

    Je vous suggère d’utiliser pour la prochaine fois ce pouvoir pour un sujet plus consistants.

  8. Jean du MoDem dit :

    un ou des sujets plus consistants.

  9. CLT dit :

    Cher Jean,

    Je vous rassure tout de suite, je ne m’occupe pas que des dénominations de rues. Néanmoins, cette affaire me semble importante car symbolique et touchant à notre espace public. Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que le nom de baptême n’est pas une affaire à prendre à la légère.
    Enfin, j’ai toujours pensé que l’on faisait aussi de la politique avec des symboles (ce n’est pas les Suisses qui diront le contraire, n’est-ce pas?).
    Réfléchissez-y : est-ce si anodin que cela, finalement, de choisir pour « parrain » le tenant d’une dictature et le fossoyeur d’une partie du patrimoine local?
    Non, non, plus j’y pense, plus je trouve cette affaire « exemplaire » (au sens médiéval du terme).

  10. minijack dit :

    Chère Corinne,

    Pourquoi ne dites-vous pas que ce brave Lacave est le même qui fit abattre également des centaines de maisons comme celles de la rue des Carmes et sans doute bien plus vieilles, ainsi que deux ou trois églises comme Saint-Samson et Saint-Sulpice, pour percer la rue Jeanne d’Arc ?

    Regretteriez-vous que la rue Jeanne d’Arc existe ?…

    Moi pas.
    Moi aussi, je regrette évidemment qu’on ait du pour cela démolir l’Hôtel-Dieu et les autres constructions énumérées ci-dessus, mais comment faire autrement à moins de rester dans l’espace-temps du XVIIIe siècle ?
    Avouez que la construction de l’Hôpital, côté Carmes-Madeleine, qui sera bientôt Université, a avantageusement remplacé ce vieil Hôtel-Dieu… Ce Lacave a donc bien fait.

  11. Romain dit :

    Attention. L’hôpital avait déjà été construit et avait déjà déménagé quand le bâtiment a été détruit. Il n’y a donc pas de lien entre les deux opérations.

    Comme toujours dans la défense du patrimoine, on oppose aux tenants de la mise en valeur et de la protection le discours caricatural « vous vouliez tout garder et rester coincés à l’époque xy ».

    Et bien justement non, protéger le patrimoine c’est conserver et valoriser certains des éléments les plus remarquables. Pas tout garder. Il y a sans doute des maisons dont l’état justifiaient une destruction.

    La Rue Jeanne d’Arc est sans doute une réussite pour les amateurs des grandes perspectives froides et linéaires. J’avoue préféré le dédale, les irrégularités et les petites maisons du quartier Bourgogne.

    Les grandes percées hausmaniennes étaient à la mode dans les années 1860-1880… Sauf à Orléans, où le maire semble s’être épris de perspective et d’alignement.

  12. Colin dit :

    J’avoue également préférer les abords de cathédrale dans leur jus comme Chartres ou Bourges ( inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO ) . Un bel édifice aurait sans doute estompé cette allure de pièce montée . Mais que dire du Musée des Beaux-Arts du Conseil régional et de l’Iav qui vient masquer le cloître du Campo Santo !!!

  13. A Corinne Leveleux-Texeira
    Bravo pour cet article, excellent comme d’habitude
    A Laudes
    Zéro pointé : complètement hors sujet
    A jean du modem
    Avez-vous bien lu et bien compris la réponse de Corinne Leveleux-Texeira ?
    A minijack
    Lacave « fit abattre également des centaines de maisons comme celles de la rue des Carmes ». Vos références ? A ma connaissance c’est la dernière guerre qui a le plus démoli la rue des Carmes en attendant que notre actuelle municipalité, peu soucieuse de la conservation de notre petit patrimoine historique (cf. par exemple ce qu’il advient du « magnifique projet » (dixit notre maire) de réhabilitation du site de la Motte Sanguin voté en février 2005 : le château continue à pourrir dans l’indifférence générale, le parc toujours fermé n’est même plus entretenu et la nature y reprend ses droits), ne complète le travail.
    Si on en croit De Buzonnière et le superbe site de Morgann Moussier la rue Jeanne d’Arc a été percée entre 1836 et 1841 suite à une déclaration d’utilité publique datant de septembre 1825. Lacave qui a été maire de 1843 à 1854 ne peut être considéré comme le responsable direct de ce percement non plus que des démolitions qui l’ont accompagné, sauf peut-être de la démolition en 1848 de l’église Saint-Samson. De cette église consacrée en 1623 et bâtie en lieu et place d’une église plus ancienne détruite pendant les guerres de religion De Buzonnière donne une description qui ne la fait pas trop regretter (cf. Histoire Architecturale de la Ville d’Orléans 1849 t. 1 p. 202-204).
    La démolition de l’ancien Hôtel Dieu par contre ne se serait sans doute pas faite sans l’acharnement de Lacave à en obtenir l’autorisation contre les avis répétés de la commission des monuments historiques et de personnalités comme Prosper Mérimée et Viollet le Duc. Il a ce faisant participé largement au saccage par les Orléanais eux-mêmes de leur patrimoine historique.
    Cette démolition, qui n’était pas nécessaire au percement de la rue Jeanne d’arc puisqu’elle est intervenue entre août 1846 et septembre 1848, a privé Orléans d’un joyau architectural ce qui même à l’époque a fait scandale (cf. ce qu’en dit De Buzonière t. 2 p. 191-208) et constitue un bel exemple du vandalisme municipal qu’on voudrait ne plus voir se reproduire (cf. l’article de Hervé Robert à l’adresse http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=RHU_005_0135).
    Il n’est pas forcément nécessaire pour construire l’avenir de faire table rase du passé et il n’y a pas à s’étonner qu’Orléans dont les monuments ont été encore plus détruits par les Orléanais que par les guerres soit une ville si peu touristique réduite à l’état de base arrière pour les tours opérateurs quand les hôtels de Blois ou Tours sont pleins.

  14. FAFA dit :

    Les points sur les i, les barres sur les t et la rue des carmes doit être sauvée
    Un seul mot, SUPER cLT

  15. Jean du MoDem dit :

    « A jean du modem
    Avez-vous bien lu et bien compris la réponse de Corinne Leveleux-Texeira ? ».
    Oui.
    Baptême et “exemplaire” (au sens médiéval du terme) sont des mots christiques.

  16. minijack dit :

    @Michel Coville

    Vous m’avez mal compris u je me suis mal exprimé. Je n’ai jamais dit que Lacave avait démoli des maisons rue des Carmes, mais des maisons « comme celles de la rue des Carmes » (identiques à celle-ci) qui se trouvaient à l’emplacement de la future rue Jeanne d’Arc.

    Par ailleurs, et pour compléter votre commentaire, je vous précise que je suis justement en train de finaliser un livre qui accessoirement traite du sujet. En voici un petit extrait :
    « Au XVe siècle, la cathédrale était entourée de maisons jusqu’à ses pieds, sans aucun recul, et la perspective actuelle n’existait pas.
    L’idée du percement de cette voie urbaine (l’actuelle rue Jeanne d’Arc) date du XVIIIe siècle, moment où l’Église triomphante régnait sur la nation. Elle émane de Louis Sextius de Jarente de la Bruyère, évêque d’Orléans et Commandeur de l’Ordre du Saint-Esprit, qui voyait là un moyen de mettre en valeur sa cathédrale mais n’envisageait pas du tout d’honorer Jeanne. Il est à remarquer au contraire que l’élargissement de la place Sainte-Croix impliquait la démolition de l’Hôtel-Dieu, et le percement de cette voie impliquait celle des églises Saint-Sulpice et surtout Saint-Samson.
    La Révolution Française retardera le projet, Napoléon l’éludera malgré une étude détaillée en 1811, et le projet ne sera repris et adopté qu’en 1825 sous la Restauration, mais ne sera exécuté qu’à partir de 1840, sous la Monarchie de Juillet.
    En conséquence, l’artère, qui devait initialement s’appeler « rue des Bourbons » au temps de Charles X, s’appellera finalement « rue Jeanne d’Arc » sous le roi-citoyen Louis-Philippe d’Orléans. « 

    Exécuté à partir de 1840. C’est donc bien Lacave qui le mit en œuvre. Mais il fit même partie de la Commission qui avait examiné la question dès avant 1836, ainsi que le rapporte le document que vous-même citez en référence (p 146) :
    « En usant de la faculté d’initiative concédée aux conseillers municipaux par la loi, Besnard relança l’affaire. Le conseil municipal d’Orléans, alors présidé par Hème, confia l’examen de sa proposition à une commission à laquelle il appartenait (commission dans laquelle figurait Lacave) . L’initiative échappait au représentant de l’État dans le département. Dès le 16 décembre 1836, Besnard donnait lecture de son rapport. Fort de l’avis de la Commission centrale de salubrité publique pour le département du Loiret, il proposait l’emplacement de la manutention des vivres militaires, rue Porte Madeleine, pour l’édification des nouveaux bâtiments.
    Tout comme en 1826-1827, il n’était pas seulement question de transfert des services de l’Hôtel-Dieu dans des locaux neufs mais également de destruction du monument historique. La commission proposait un plan de financement des travaux qui incluait le produit de la démolition du vieil Hôtel-Dieu pour la somme de 150 000 francs 73.
    Le conseil municipal adopta les propositions de sa commission le 27 décembre 1836. Pourtant, comme incertain de ses décisions, il nomma aussitôt une commission mixte pour réexaminer la question du choix du terrain. Lacave, Besnard, Pelletier, Thion, et Dequoy, bientôt remplacé par Marchand, travaillèrent plus d’un an et demi, de concert avec les membres de la Commission administrative des hospices d’Orléans, avant de présenter leur rapport. « 

    Et il s’en fit même relativement gloire ainsi qu’on peut lire p. 154 du même document :
    « Lorsqu’il inaugura le nouvel Hôtel-Dieu le 26 novembre 1844 « au milieu d’une affluence considérable de curieux », le maire Lacave justifia les choix du conseil municipal par
    d’impérieuses nécessités sanitaires et médicales, mais tut le conflit déclaré avec la Commission des monuments historiques. Pour lui, l’ancien Hôtel-Dieu ne méritait aucune attention : «L’érection de cet antique édifice, dont le délabrement blesse tous les regards, et qui obstrue l’aspect de notre belle cathédrale, remonte à une époque où l’application des règles d’hygiène à l’art des constructions était peu connue ou peu pratiquée ; et son insalubrité, résultant de l’imperfection de sa ventilation et de l’extrême difficulté de son chauffage, était encore aggravée par son état de vétusté. »
    « 

  17. CLT dit :

    « Vétuste », « délabré ». C’est sûr! Le pauvre Hôtel Dieu n’était plus entretenu depuis la fin du 1er Empire (soit une bonne trentaine d’années) quand il a été « déconstruit » (pour parler comme M. Carré). D’abord on laisse à l’abandon. Ensuite on démolit. Quand on veut noyer son chien…

    Au fait, cette méthode du délaissement s’applique-t-elle aussi à la Motte Sanguin? Et aux pavillons d’Escures? Celui qui est situé à l’angle de la rue d’Escures et de la Bretonnerie a une fenêtre de toit béante : toute la pluie y pénètre sans aucun obstacle. Je n’ose imaginer dans quel état se trouve ce bâtiment. Un des plus beaux ensembles monumentaux que compte encore notre ville (avec l’Hôtel Dupanloup).
    A Orléans, l’inculture, l’impéritie et la négligence municipales ont plus fait depuis deux siècles que les guerres pour abolir le patrimoine et la mémoire urbaines.
    Honte à ceux qui veulent, aujourd’hui, perpétuer cette consternante tradition!

  18. Colin dit :

    Pourquoi vous indigner , à la réflexion ce personnage est très représentatif de la munipalité actuelle.
    Par ailleurs la question du jour c’est:
     » Connaissez-vous François Bonneau ?  »
    La réponse est NON à 93 %

  19. @ CTL
    Bref mais fort bien vu. Bravo.
    @ minijack
    Merci pour votre réponse et vos précisions historiques.
    Pour la rue des Carmes j’avais mal compris le sens de votre commentaire.
    En ce qui concerne Lacave, s’il a bien été des commissions qui ont étudié le percement de la rue Jeanne d’Arc il n’était pas maire de la ville quand les travaux ont commencé pas plus que lorsqu’ils ont été quasi terminés.
    Ceci étant je ne regrette pas plus que vous ce percement ni le prolongement qui en a été fait au-delà de la rue Royale sur un terrain libéré de ses constructions par les bombardements de la dernière guerre.
    La décision de transférer les services de l’ancien Hôtel Dieu dans des locaux neufs était sans aucun doute légitime pour « d’impérieuses nécessités sanitaires et médicales ».
    Fallait-il pour autant raser cet ancien Hôtel Dieu parce qu’il était désaffecté ?
    Certainement pas ; il n’avait pas empêché le percement de la rue Jeanne d’Arc, il n’obstruait pas la perspective de la rue Jeanne d’Arc sur la cathédrale, il aurait pu être restauré et réemployé.
    La longueur de la bataille qu’a menée Lacave pour obtenir l’autorisation de démolition, le fait même qu’il n’ait pas cru devoir s’étendre sur ses démêlées avec la commission des monuments historiques témoignent du fait que, même à cette époque où on ne s’embarrassait pas trop de protection du patrimoine, la démolition d’un très bel édifice renaissance n’allait pas de soi.
    Notre époque est heureusement plus soucieuse de la protection du patrimoine ; du moins on voudrait le croire.
    A-t-on rasé les bâtiments 17ème de l’Hôpital Porte Madeleine après les avoir vidé des services médicaux qui y restaient encore même après le transfert vers l’hôpital de La Source de la plupart des services de Porte-Madeleine ? Dieu merci non ; toutes leurs façades et toitures sont classées. La plupart des façades ont été restaurées et les intérieurs affectés pour une grande part à des locaux administratifs après des travaux de qualité et très onéreux.
    Pour la même raison de classement ils survivront au grand déménagement de Porte-Madeleine vers le nouvel hôpital de La Source à l’horizon 2016.
    De la même façon la chapelle de l’hôpital Porte-Madeleine, qui est classée, échappera à la destruction, mais pour quel avenir. Pour l’heure elle est fermée au public depuis juillet 1993 pour cause de menace d’effondrement de sa coupole et on la laisse tranquillement se dégrader. Elle partage en cela le sort qui semble être à ce jour celui du château de la Motte-Sanguin.
    Par contre on peut se demander si les bâtiments mi-19ème du nouvel Hôtel-Dieu, dont s’enorgueillissait Lacave et qui ne sont pas classés, ne seront pas rasés pour quelque grandiose projet immobilier municipal !
    Conclusion après ces digressions hospitalières : Lacave, maire d’Orléans, s’est acharné à la démolition d’un édifice qui, conservé, embellirait aujourd’hui notre ville. Souhaitons que nos édiles actuels ne pérennisent pas ce « vandalisme municipal » sinon par action du moins par omission.
    Michel Coville

  20. Fansolo dit :

    « Il vota des lois restrictives de la liberté de la presse et de la liberté de réunion »

    Nonobstant votre passionnant débat urbanistique, n’est-ce pas pour cela qu’on l’a choisi pour le nom d’une rue orléanaise ?

  21. CLT dit :

    Hé oui, cher Fansolo, c’est là un élément accablant de ce dossier.
    « Ils ont des oreilles et ils n’entendent pas »

  22. Jean du MoDem dit :

    Inimaginable que la majorité municipale doive faire appel à un personnage du passé pour continuer à se « protéger » du lamentable Fansolo.

  23. terminal scientific dit :

    Merci à l’historienne de nous éclairer, ignares scientifiques, sur l’identité du personnage qu’on nous impose comme modèle !

  24. itou la même chose dit :

    Nouveau Charter d’Afghans prévu le 15 décembre
    La Cimade en appelle au Premier Ministre

    Plusieurs exilés afghans (au moins 9 actuellement au centre de rétention de Calais Coquelles, 2 au centre de Lille) devraient être renvoyés par charter mardi 15 décembre vers l’Afghanistan. La police a notifié ce matin ces dates de renvoi aux Afghans maintenus à Coquelles.

    Fin octobre, les propos très nets du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’opposaient à de tels renvois. Quelques jours plus tard, Eric Besson évoquait la suspension des renvois compte tenu de la situation dégradée en Afghanistan. Aujourd’hui, la confirmation du projet d’un nouveau charter pour Kaboul vient contredire toutes les déclarations gouvernementales.

    Trompés par les déclarations ministé rielles, trompés par plusieurs de leurs interlocuteurs – dont un juge qui leur indique « qu’ils n’ont rien à craindre » – , persuadés qu’ils seront libérés dans quelques jours, les exilés Afghans retenus à Coquelles, malgré leur crainte d’un retour, estiment inutile d’entreprendre une quelconque procédure pour s’opposer à ces renvois.

    Devant cette confusion, La Cimade demande au Premier Ministre d’intervenir pour bloquer ces renvois et affirmer clairement la suspension de toute expulsion vers l’afghanistan.

    La Cimade appelle toutes les associations de défense des droits de l’Homme, les élus, les citoyens, à intervenir d’urgence auprès du chef du Gouvernement pour que soient protégées ces personnes contre un retour dans un pays ravagé par la guerre.

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