Session de rattrapage I : le travail le dimanche

M’étant un peu éloignée des claviers pendant les vacances, je profite de ce temps de rentrée pour publier quelques textes écrits en juillet août mais qui , pour l’heure, n’ont guère reçu de diffusion publique

Pour commencer, retour sur une mesure démagogique sensée doper la consommation locale : la définition d’une zone touristique d’affluence exceptionnelle destinée à accueillir des commerces susceptibles d’ouvrir leurs portes le dimanche à Orléans. Comme la zone en question est, pour l’heure, constituée d’un vaste chantier, et ressemble plus qu’à Grozny qu’aux Champs Elysées (il s’agit du secteur de la rue des halles), il est clair qu’un tel dispositif peut être analysé comme une contrepartie sociale mise en avant par la municipalité pour faire venir de grandes enseignes en centre ville. Money is money, business is business. Que valent les droits des salariés à côté du bonheur de jouir d’une grande surface? Rien de tel que le sacrifice du repos dominical d’une poignée de travailleurs pour sortir du trou un projet planté! La dérégulation sociale joue ainsi le rôle de placebo économique. Bravo les artistes, experts en illusionnisme et en tours de passe passe!

Ou comment tuer en même temps le commerce de proximité et le droit du travail… 

 

Travail le dimanche

Communiqué de presse du 15 juillet 2009: « Travailler le dimanche pour sauver la ZAC des Halles? »

Alors que les débats font rage au Parlement autour de la proposition de loi UMP généralisant le travail le dimanche, la majorité de droite (UMP-Modem) du conseil municipal d’Orléans, sans attendre la loi, a déjà adopté le principe d’une suppression du repos dominical. Par une délibération en date du 10 juillet dernier, elle a en effet délimité une « zone touristique d’affluence exceptionnelle » comprise entre la rue des Halles et la Loire d’une part, le sud de la place du Châtelet et la place de Loire d’autre part, où les enseignes spécialisées dans les produits culturels, de loisirs, de décoration, auront la possibilité d’ouvrir leurs portes tous les jours de la semaine, y compris le dimanche.

L’opposition municipale (groupe « Socialistes, Verts et apparentés ») dénonce avec force ce tour de passe-passe qui, sous couvert de favoriser le rayonnement touristique de notre cité, introduit en réalité un véritable dispositif de dumping social au détriment des salariés. Le groupe socialistes, verts et apparentés considère en outre que les échecs successifs de la Charpenterie (terminée en 2001 mais toujours vide) et de la ZAC des Halles (encore à l’état de trou) ne peuvent justifier que la mairie cherche à obtenir l’installation de grandes enseignes en contrepartie d’une moins value sociale.

Dans le cadre de ces « zones touristiques d’affluence exceptionnelle », la loi ne fixe en effet aucun tarif particulier pour les heures travaillées le dimanche. Celles-ci doivent donc être payées comme des heures « normales » et ne sauraient être rétribuées comme heures supplémentaires. Si donc le dimanche est considéré comme un jour ouvré normal, les salariés ne pourront ni s’y soustraire (pas de principe de volontariat) ni recevoir une rétribution double, ni obtenir un repos compensateur obligatoire. Dans ces conditions, pour les futurs employés de ces enseignes, la fin du repos dominical signifiera bel et bien « travailler plus pour gagner pareil »

D’autre part, sur le plan des principes, le groupe « Socialistes, Verts et apparentés » tient à exprimer son refus d’un modèle de société dominé par la seule frénésie consumériste. Il souligne au contraire les vertus d’un jour de repos pris en commun et ouvert à la gratuité du don, de l’échange amical, de retrouvailles familiales, d’engagements associatifs. Le dimanche doit rester le jour du « vivre ensemble » et non devenir celui du « consommer toujours plus ».

Il y a enfin une contradiction dans la politique municipale qui, d’un côté prend des arrêtés anti-vagabondage des mineurs et qui, de l’autre adopte une mesure tendant à généraliser le recours au travail le dimanche. On sait en effet que le travail dominical est nuisible à l’équilibre familial et qu’il peut poser d’insolubles problèmes de garde des enfants pour les parents assujettis à cette obligation.

Pour toutes ces raisons, les conseillers municipaux de l’opposition dénoncent une mesure idéologique, d’inspiration libérale, qui ne sert pas l’intérêt général mais l’intérêt privé de quelques grandes enseignes. Le replâtrage hâtif d’un projet commercial planté ne doit pas se faire au détriment des droits des salariés.

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2 réponses à Session de rattrapage I : le travail le dimanche

  1. Effata dit :

    Quand Mammon cessera-t-il d’obscurcir les yeux , de boucher les oreilles des clients de ces gens là ?
    Bientôt et grâce à des témoins comme vous Corinne.
    Bravo pour votre engagement citoyen en faveur de l’Homme, fut-il petit, exclu… pas intéressant commercialement.

  2. Ping : Contre le travail le dimanche: un nouvel allié « Place de la République

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