Evacuation musclée au rectorat d'Orléans

Je vous reproduis tel quel le témoignage d’un étudiant qui était présent lors des incidents qui se sont déroulés hier, vendredi, dans l’enceinte du Rectorat d’Orléans-Tours.

Après l’AG de vendredi, une action était prévue à la Gare de Fleury les Aubrais à l’origine pour brouiller les pistes, mais une fois dans le tramway, le mot est passé de se rendre au rectorat. Seuls des étudiants étaient présents à ce moment là, les personnels n’ayant pas terminés leur AG. Tout le monde est descendu à Chatelet, le groupe a prit les petites rues pour se rendre au rectorat. En arrivant à proximité, trois personnes ont pris les devant et ont sonné afin de pouvoir rentrer. Les portes s’ouvrant, tout le petit groupe (environ 70 personnes) a pénétré dans le rectorat. Malheureusement, une bonne partie d’étudiants et de personnels retardataires ayant pris le tram’ d’après n’ont pas pu rentrer.

rectorat2
Dès l’instant où le groupe est entré, les caméras des médias ( France 3, France 2, France Bleu, France info…) se sont présentées à l’entrée mais  n’ont pas eu l’autorisation de rentrer.
Les professeurs, personnels et étudiants attendant devant les grilles ont fait parvenir une cinquantaine de sandwich à l’intérieur. Un professeur a pu escalader les grilles et pénétrer à l’intérieur du rectorat pour rejoindre les étudiants ; trois autres professeurs ont négocié avec la police pour pouvoir pénétrer et discuter avec les étudiants.
Une courte AG s’est tenue à l’intérieur du bâtiment; les revendications unanimes étant de laisser rentrer les journalistes et d’avoir un entretien médiatisé avec le recteur pour lui faire par des revendications du mouvement qui anime toute la communauté universitaire depuis le 2 février. Celui-ci étant en déplacement, donnait ses ordres par téléphone au directeur de cabinet.
Après une occupation de 4h, il a clairement été dit à la police que le groupe ne sortirait pas sans gain de cause, mais qu’il n’y aurait qu’une résistance passive.

rectorat4Les CRS sont intervenus, au départ assez « doux », puis pour plus de facilité certains ont employé la manière forte, ainsi que quatre agents de la B.A.C arrivés en plein milieu de l’évacuation. Ceux-ci étant particulièrement agressifs envers les étudiants qui eux restaient toujours passifs. De nombreux étudiants ont filmé certaines bribes de l’intervention. Dès que le chef de la police, assez coopérant, avait le dos tourné, les agents en profitaient pour utiliser coups de pieds, coups de poings et matraques.
Un policier filmait l’intervention de son coté, en posant la caméra de temps à autres pour pouvoir lui aussi participer en donnant des coups de pieds au groupe, reprenant sa caméra pour ne filmer que les interventions sans violence de la part des agents.
Usant de points de compression, de clés de bras en tous genres, d’arrachage de vêtements (et de chaussures ! ), ils sont parvenus à faire sortir tout le monde de façon plus ou moins violente selon les agents.
Cependant, un événement majeur est a noté, l’intervention sur Aurélien T a mal tourné car il s’est prit des coups et a commencé à saigner. Devant cette bavure, les agents n’ont pas voulu le laisser sortir devant les caméras présentes devant les grilles du rectorat. Tout le monde était sortit et voyant qu’ils ne voulaient pas relâcher Aurélien qui n’avait rien fait, les esprits s’échauffaient devant les grilles entre cordon de CRS et étudiants et personnel de l’université.
Aurélien a été menotté et embarqué à l’hôtel de police.
Tous le groupe s’est donc rendu devant l’hôtel de police, improvisant un sitting sur le Faubourg Saint Jean afin de réclamer la libération d’Aurélien.
Les CRS ont fermé toutes les grilles et étaient prêt à intervenir si besoin, mais encore une fois les les étudiants et personnels étaient totalement pacifiques.
Aurélien a été relâché vers 19h. Il est amené à comparaitre devant le tribunal le 9 septembre pour « rebellion ».

rectorat7Face à cette bavure policière et à cette injustice, un comité de soutien pour Aurélien sera mis en place dès lundi, des pétitions seront diffusées et des lettres aux élus seront envoyées.
Il est à signaler qu’il n’est pas le seul à avoir été blessé et que plusieurs se sont rendu chez le médecin afin de faire constater leur blessures.

L’événement est déjà relayé par certains sites, je vous invite à en prendre compte:

Bellaciao:
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83138#forum312002

La gazette d’Orléans:
http://www.gazettedorleans.fr/spip.php?article1164

Université en lutte:
http://universitesenlutte.wordpress.com/2009/03/27/evacuation-du-rectorat-dorleans/

7h10.com:
http://www.7h10.com/2009/03/28/evacuation-du-rectorat-d%E2%80%99orleans/

Nombreuses vidéos sur Youtube donc:
http://www.youtube.com/watch?v=pPdkcVOH3y

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8 réponses à Evacuation musclée au rectorat d'Orléans

  1. P&A dit :

    Et un petit lien supplémentaire http://www.orleanstv.fr/video.php?id=327

  2. J’en parle aussi.
    http://polyborus.over-blog.com/article-29594586.html
    Je suis très inquiète de la teneur des témoignages.
    Aujourd’hui, dire non semble suffire à se faire molester. Cela me rappelle les dérapages à Paris au moment du passage de la flamme, mais aussi à Avignon envers Patrick Mohr, ou même dans d’autres universités depuis le début de la grève.
    Un policier, qu’il soit simple agent au guichet, CRS, agent de la BAC, … DOIT savoir se montrer JUSTE et CALME.
    Si ce n’est pas le cas, le respect pour la police va se dégrader toujours plus, et notre pays n’a pas besoin qu’on remette en cause ni ses forces de l’ordre, ni sa justice.
    C’est pourtant ce qui semble petit à petit se mettre en place.

  3. Fansolo dit :

    Ben oui mais aussi faut les comprendre : vous avez vu comme ces étudiants sont menaçants et baraqués comme des Robocops aussi ?

    Normal de les aligner ! Ici, à Orléans, maintenant on ne rigole plus : ON ALIGNE !
    Et figurez-vous que c’est tout aussi valable avec les rues étroites et les préservatifs !

  4. Tout cela me bouleverse, Corinne, en tant qu’ancien enseignant, en tant que citoyen, en tant qu’homme !

    Pendant qu’un gouvernement d’incapables se coupe de plus en plus d’un peuple qu’il est censé servir, les partis chargés de contrecarrer une politique ignoble à tous points de vue font mumuse en excitant le même peuple contre des balourdises de dignitaires religieux de moins en moins écoutés, donc sans danger pour personne.

    Droite et gauche, unanimes à condamner des boucs émissaires du quatrième âge, laissent les mains libres à Sarkozy et à Fillon pour commettre des exactions autrement plus graves.

    Sans repères, sans avenir, sans conviction sur rien, ce peuple de France qu’aimaient tant les Péguy et les Jaurès, pourtant prompts à dégainer l’un contre l’autre, se retrouve orphelin d’idéaux et de penseurs. Situation dangereuse, s’il en est. Parce qu’on pousse jeunes et moins jeunes à la désespérance.

    Je me suis plu à trouver en Martine Aubry quelques possibilités d’issue envisageable dans son discours d’hier sur l’A2. En devenir, car elle a assez d’intelligence pour admettre que le chantier est en construction. Mais, encore une fois, ça ne se fera ni sans Royal ni sans Bayrou.

  5. net en feu dit :

    @ Bernard,
    il se trouve que par les hasards de la géographie je suis un administré de Martine Aubry.
    Maire excellente, Lille lui doit beaucoup.
    Mais certainement pas exempte de « coups de force » tel son acharnement à reconstruire « Grimonprez Joris » aux côtés de la citadelle Vauban qui lui a valu l’inimitié des défenseurs du patrimoine. Elle a échoué à chacun de ses appels (conseil d’état pour le dernier si mes souvenirs sont bons). Il n’y a pas de vérité absolue, la bonne ville de Lille s’étant auparavant distinguée pour avoir abrité un « architecte des bâtiments de France » corrompu et purgeant actuellement une peine de prison.
    Si la justice est la même pour tous, il ne fait aucun doute que le projet d’alignement de la rue des Carmes subira le même sort que le projet de stade à Lille: Poubelle.
    C’est aux habitants du quartier et aux amoureux du patrimoine de se mobiliser.

  6. Cher net en feu,

    Je connais bien Lille pour avoir dans mes relations de « réfugiés » du Nord et de l’Est, un ancien boucher du quartier de la Madeleine, dont la boutique était peu éloignée de la citadelle Vauban.

    Le problème, en l’occurrence, n’est pas celui d’Orléans, pas même celui de la rue des Carmes, ni même celui de Serge Grouard ou de Martine Aubry. Qu’un ABF soit en taule pour des raisons que j’ignore ne peut en aucun cas permettre à une municipalité, quelle que soit sa tendance, de priver les générations à venir d’un patrimoine dont il deviendra le testateur !

    J’ai lu dans un blog orléanais que personne ne reprochait aujourd’hui les « alignements » du baron Hausman. Encore une erreur contre l’histoire ! Hausman est un démolisseur, dont l’unique projet politique, et non architectural, était d’empêcher les événements des révolutions de 1830 et de 1848 de se reproduire. Dans les dédales des rues labyrinthiques du vieux Paris, il était en effet facile à des insurgés de construire des barricades. C’est toute l’histoire de tous les Gavroche des révolutions populaires, que Hugo et Sue ont immortalisé. Qu’on ait donné le nom d’Hausman à un boulevard, pas de quoi être fier ! Donnera-t-on un nom à Chirac, Maire de Paris, pour avoir transformé ce qu’il restait du Paris pittoresque des quartiers-villages, en immense bureau à l’usage des multinationales ? Probable.

    Reste à savoir ce que nous avons gagné et ce que nous avons perdu dans ces transformations toujours présentées par leurs initiateurs comme indispensables et génératrices de progrès. Napoléon III, à l’entendre, n’avait d’autre ambition qu’hygiénique : combattre la tuberculose en ouvrant de grandes artères bien aérées. Mon oeil !

    A Orléans, Messieurs Grouard et Carré veulent faire croire à leurs administrés que l’alignement est « indispensable » au passage du tram. Reste à prouver que le tram reste l’unique bénéficiaire de l’opération… Et il est impératif de mettre l’ABF dans le coup, car lui seul peut déterminer, avec des arguments d’expert, et non des discours politiques, la valeur exacte des façades et des bâtiments de la rue.

    Miguel a raison. Grouard sera mort depuis belle lurette qu’on regardera des cartes postales d’Orléans avec des yeux admiratifs, mais le coeur gros, se demandant pourquoi on n’a pas gardé des paysages urbains aussi agréables à vivre. Un peu comme les photos de Doisneau du vieux Paris.

    Le progrès à tout prix n’est jamais justifiable.

  7. Orthographe lamentable ! Veuillez m’en excuser. Mais ça non plus, ce n’est pas le problème.

  8. polikarpov dit :

    Lamentable !

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