Place de l'Etape rue de Montpensier

Comme juriste, j’étais déjà accro du conseil constitutionnel et de sa délicieuse jurisprudence qui vise à transformer, avec brio, des idées politiques en principes juridiques. Comme membre de l’opposition municipale, je suis devenue une fan absolue des sages de la rue de Montpensier depuis leur décision du 12 févier dernier, annulant l’amendement pirate (justement qualifié de « cavalier législatif » : j’adôre!!) sur les ABF. Pour ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents, je rappelle que cette importante décision a une incidence directe sur la vie orléanaise, puisqu’elle rend très hypothétique le projet d’alignement de la rue des Carmes porté par la municipalité actuelle. Donc, sur ce coup là, le conseil constitutionnel a fait le jeu de l’opposition municipale, comme quoi les vieux gaullistes et les gens de gauche trouvent assez facilement à s’entendre sur le dos des libéraux et des sarkozistes.

Entrée du conseil constitutionnel

Hé bien, le rapprochement se poursuit. J’étais aujourd’hui conviée par le président du conseil constitutionnel en personne, Jean Louis Debré, à un déjeuner de travail, en compagnie de quelques uns de mes collègues et amis universitaires (de la sous espèce « historiens du droit ») et de deux de ses collaborateurs. Ce fut extrêmement instructif. D’abord parce que c’est toujours passionnant, pour tout citoyen en général, pour tout juriste en particulier, de voir en vrai comment se fabrique le droit, au plus haut sommet de l’Etat. Ensuite, parce que, à titre personnel, cela m’a permis de prendre la mesure des malentendus qui règnent entre le milieu universitaire (ses délices et ses poisons, son goût de la complexité et ses contradictions) et la très haute fonction publique.  Malentendus que l’affabilité du ton et la politesse des échanges n’ont pas permis de dissiper tout à fait. Ce qui m’inquiète pour la suite du mouvement des enseignants chercheurs et, plus globalement, pour les réformes à venir dans l’université. Jean-Louis Debré, en tout cas, est un homme extrêmement sympathique. Il a paru surpris devant nos désaccords (quand vous mettez 10 universitaires ensemble, il y a au moins 10 points de vue différents), mais plutôt bonhomme à notre égard. On a promis de se revoir et de travailler ensemble sur des chouettes projets (sur les mesures de sûreté, sur la rétroactivité de la loi, sur « punir sans condamner », etc.).

Comme quoi on peut ne pas être d’accord sur tout, et arriver à travailler ensemble. C’est sans doute une leçon que l’on pourrait méditer à Orléans. Mais là je rêve…

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10 réponses à Place de l'Etape rue de Montpensier

  1. Esther dit :

    Wahou…. Je ne sais si je vais oser te saluer comme avant, digne représentant de la sous-espèce « historiens du droit » que tu es! :)
    Pour une fois, je ne serai pas désagréable, je serai de bonne foi et je vais être d’accord avec toi : oui, Corinne, tu rêves ! mais ça fait toujours du bien ! ;)

  2. minijack dit :

    Pourquoi ne pas croire à ses rêves ?

    Auriez-vous pensé, avant, que cette rencontre avec J.L. Debré aurait le charme et la bonhommie dont vous vous félicitez aujourd’hui ?
    Avez-vous essayé de rencontrer Grouard en privé au lieu de le faire dans le cadre d’une tribune républicaine comme la salle du Conseil, où vous vous devez de tenir un rôle d’adversaire ?
    Vous en seriez toute aussi étonnée.

    Contrairement à ce que vous voudriez faire accroire ou peut-être à ce que vous ignorez de sa réelle personnalité, Serge Grouard n’est pas un « sarkozien », il est de la même veine que Debré : un pur gaullien.
    S’il ne l’était pas, s’il était par trop sarkozien et ultralibéral, je ne le défendrais pas avec tant de pugnacité. Apprenez à le connaître autrement que dans ces débats publics, flamboyants certes, mais pas constructifs, et marqués par des appartenances qui divisent au lieu de rassembler.

    Vous pensez que nos élus de la majorité sont des chiens d’Orléans qui ne pensent qu’au fric et au béton ? bah ! ne spyons pas naïfs, sur 42 il doit bien y en avoir un ou deux, mais certainement pas Serge Grouard.

    Jean-Louis Debré ne vous aurait pas reçue avec tant de bonhommie si, étant dans SON opposition municipale, vous y aviez déployé autant de vindicte à son encontre que celle déployée à Orléans contre l’équipe Grouard…
    Faites donc l’essai d’être plus affable… Vous verrez qu’il sait l’être aussi. Et peut-être alors que vos rêves se réaliseront ?… ;c)

  3. Un premier pas vers le futur…

    Félicitations, Corinne, pour cette visite en tous points fructueuse !

    Vous nous les raconterez, les ors républicains ?

    En tout cas, l’état de nervosité est tel dans le camp d’en face qu’il est bon que vous pensiez déjà à poser des jalons.

    Bonjour, Esther :-)

  4. CLT dit :

    Jean Louis Debré n’est pas Olivier Carré. Il n’est pas porteur d’un projet inutile,coûteux, anti patrimonial et aux relents sociaux douteux.Il ne m’a pas menacée d’un procès. Et c’est un gaulliste. Ça fait beaucoup de raisons pour s’entendre.
    Par ailleurs, ce n’est pas à l’opposition d’être sympa avec la majorité en fayottant. C’est à la majorité de respecter l’opposition, puisque c’est elle qui est au pouvoir. Il ne faut pas inverser les rôles. Or à Orléans, j’ai beau chercher le respect à droite, je ne l’y vois guère. Encore une fois, dans l’enceinte municipale, personne de l’opposition n’a jamais traité un conseiller municipal majoritaire d’incompétent. L’inverse est fréquent.
    Pourtant, ce n’est pas nous qui votons des délibérations sans en avoir les textes ;)

  5. minijack dit :

    « Jean Louis Debré n’est pas Olivier Carré. Il n’est pas porteur d’un projet inutile,coûteux, anti patrimonial et aux relents sociaux douteux.Il ne m’a pas menacée d’un procès. (etc.) »

    Vous n’avez en effet aucun différent avec J.-Louis Debré, alors que vous en avez un avec Olivier Carré dont vous avez publiquement mis en doute la probité par vos allusions répétées à je ne sais quelles manigances supposées…
    C’était effectivement malhabile et insultant. Dans sa position d’accusé, nonobstant toute la sympathie que je vous porte à titre personnel, je vous aurais peut-être aussi menacée d’un procès, ne serait-ce que pour laver l’outrage sur la forme, car j’ose espérer que sur le fond vous n’en pensez rien. A moins que comme disait Montillot vous ne fassiez du paralogisme, ce qui me paraîtrait encore plus grave ?

    « Par ailleurs, ce n’est pas à l’opposition d’être sympa avec la majorité en fayottant. C’est à la majorité de respecter l’opposition, puisque c’est elle qui est au pouvoir. »
    Evidemment, je m’attendais à ce que vous répondiez cela. Mais vous êtes dans le faux si vous le pensez vraiment.

    Prenez exemple sur la pondération de votre collègue Michel Brard et vous n’aurez plus de problème. On ne peut pas dire que Michel Brard soit un fayot !
    La Majorité vous respectera si vous faites preuve d’un plus grand professionnalisme pour défendre vos options avec fermeté bien sûr, voire même avec brio si possible, mais surtout d’abord avec exactitude. Elle ne vous respectera pas si vous saisissez toute occasion de créer une polémique politicienne pour la mettre en défaut alors qu’elle ne l’est pas.

    Vous vous êtiez déjà piégée toute seule au Conseil précédent avec la confusion de deux appartements différents (figurant sous le même numéro cadastral, ce qui est normal), et vous avez remis le couvert cette fois avec toujours la même insidieuse insinuation que des raisons cachées seraient à trouver derrière l’achat du dernier.

    Mais ce que j’en dis moi… je ne me fais aucune illusion… Vous ferez bien sûr ce que vous voudrez si vous croyez que c’est votre intérêt politique de continuer ainsi…

  6. Miguel dit :

    Il est toujours intéressant d’entendre les gens commenter des évènements auxquels ils n’ont pas assisté.

    Par l’agressivité de ses propos, minijack mérite bien le trophée Pathé Marconi.

    « La voix de son maitre ! »

    A la lecture de ces propos, j’ai ré-écouté les propos des uns et des autres (la vidéo est en ligne). Je ne vois rien qui puisse justifier une quelconque procédure.

    En revanche, je remarque que les menaces de procès sont une pratique apparemment appréciées à droite et qu’après avoir soutenu Grouard qui attaquait Fansolo, minijack encourage Carré à l’intimidation procédurière. Décidément, la démocratie orléanaise va bien mal. C’est à se demander si on vit bien en 2009.

    La droite doit être bien paniquée pour ne trouver que ce genre d’arguments, de pratiques et de défenseur.

  7. CLT dit :

    Monsieur Minier, ce sont vos insinuations qui sont calomnieuses et je vous demande de les retirer de mon blog.
    Je n’ai bien évidemment jamais mis en cause la probité de M. Carré, avec lequel je n’ai, au demeurant, aucun différend. Nous sommes en désaccord fondamental sur l’un des projets qu’il pilote et qui semble bien mal ficelé et mal expliqué aux gens. J’ai demandé à rencontrer le premier adjoint, il y a plus de 2 mois, il ne m’a jamais répondu. Nous ne parvenons à obtenir aucune information sur ce projet, ni étude, ni chiffrage, ni calendrier. Son cadre juridique est faible (pour ne pas dire plus). Il y a enfin un décalage criant entre les paroles tenues en réunion publique (piétonisation, concertation) et les actes posés. Et oui, ces incertitudes créent un climat d’inquiétude chez les habitants : mettez vous à leur place!
    Ce n’est insulter personne que de le dénoncer. J’irais même plus loin : si je me taisais je manquerai à mon mandat d’élue.
    Regardez la video. Vous y verrez d’un côté la dénonciation d’une politique (que je qualifie de « politique du fait acompli »), et de l’autre, des attaques personnelles et une tentative, bien maladroite, d’auto victimisation.
    Si les choses sont claires POURQUOI NE PAS LES EXPLIQUER CLAIREMENT???

  8. minijack dit :

    Chère CLT

    C’est votre blog et vous y censurerez ce que vous voudrez mais, pour ma part, je ne vois aucune raison de retirer quoi que ce soit à ce que j’ai écrit car mes propos n’ont aucun caractère « calomnieux ». (pour paraphraser votre réplique à Muriel Cheradame : « Si vous y avez vu une calomnie, il faut peut-être aller consulter un spécialiste du langage parce que je n’ai rien dit de tel » ;c)

    J’exprime simplement ici, au vu de la vidéo, ce que j’ai « ressenti » du ton et des mots employés. Or, ainsi que vous le faites fort justement remarquer pour le nommage de l’atelier « fonctionnement » et non « piétonnisation », les mots ont un sens.

    Vous avez carrément accusé O. Carré de mener « une entreprise de découragement » (sous-entendu volontairement par votre ton) envers les habitants du quartier Carmes.
    Je n’ai donc aucune crainte d’un procès quelconque, ni de votre part envers moi, ni de la part d’Olivier Carré envers vous, puisque dans les deux cas vous seriez bien incapable d’apporter aucune preuve de ce que vous avancez.

    Et (à l’intention de Miguel) j’avais pris bien garde de rien commenter auparavant puisque en effet je n’assistais pas à ce Conseil, et j’ai volontairement attendu de voir cette vidéo en ligne pour me faire une idée de la réalité que cache cette mousse faite autour d’une affaire qui n’en est pas une… (il ne s’agissait après tout que de l’acquisition d’un appartement par la ville !)

    J’ai donc vu la vidéo et identifié la chose.
    http://www.orleans.fr/modules/medias/videos/conseil-municipal/20-fevrier-2009.html (délib 25)

    Serge Grouard parle d’une mayonnaise, mais dans une mayonnaise il y a de la matière. Là non.
    Pour ma part je considère que c’est plutôt une mousse à raser l’auditoire.

    La recette en est connue : aucune consistance au départ avec pour seule base une matière suffisamment visqueuse pour amalgamer tout adjuvant artificiel, et beaucoup de bulles d’air incorporées par une agitation et une battage frénétiques, y compris avec l’aide de quelques blaireaux, en font une sorte de brouillard épais et qui prend corps au point d’envahir jusqu’à ras le bol.
    A bien tartiner ensuite un peu partout avec l’aide des mêmes blaireaux…

    Mais bon, quand on connait le truc et qu’on a identifié la chose, il suffit d’attendre… ça va retomber aussi vite ! ;c)

    Vous dites que vous êtes en désaccord fondamental avec le projet d’Olivier carré. D’abord, c’est le projet de la Ville, pas celui d’olivier Carré tout seul. Ensuite, contrairement à ce que vous dites, il a été fort bien expliqué lors de la réunion du 11 décembre aux Chats ferrés et largement rapporté dans la presse locale.

    Je ne dis pas que vous ne devriez pas remplir votre mandat d’élue de l’opposition. Vous vous devez en effet de prendre la parole lorsque vous avez quelque chose à dire et, quoi que vous en pensiez, je serai le premier à vous soutenir si la cause est juste et non pas dictée par la simple idéologie ou le besoin d’exister politiquement. Mais ne le faites que lorsque vous avez des arguments réels, pas de vagues soupçons de manigances…
    Il est normal et juste que la ville achète ces appartements en prévision d’un élargissement « possible » puisque prévu dans un projet, même si celui-ci n’est pas encore acté.
    Il serait anormal au contraire qu’on laissât ces propriétaires dans l’incertitude et l’embarras durant la totalité d’une procédure qui peut durer des années, et je ne comprends pas que vous ne compreniez pas cela.

  9. J’ai sonné : elle est toujours pas là !! Encore en vacances ? Ah ! j’vous jure, on a l’air fin, nous, avec nos cinq semaines de congés payés !! Heureusement qu’y’a le Miguel pour faire bouillir la marmite, vous croyez pas ?

    Vous m’connaissez, M’dame Vimuche, j’aime bien mon pays mais les Portugais, on a beau dire, i’rechignent pas devant le travail, eux !! I’ z’ont ça dans le sang. Surtout la maçonnerie.

    Z’allez-pas me dire quand même qu’i sont fatigués alors qu’i sortent des vacances de Noël ?! Ah ça ! pour défiler !!! Ça, i’ savent !!! C’est c’que j’ai dit à ma dernière qui veut être docteur : moi j’ai trimé toute ma vie pour deux ronds d’flan ; j’te l’dis : rien ne vaut fonctionnaire. Rien à fout’ ; plein d’avantages et la r’trait’ au bout !

    Vous voulez que j’vous dise ? Moi, je s’rais Sarko, tous à l’usine et qu’ça saute ! Non mais !!

  10. raisondeplus dit :

    Est-ce la démocratie participative préconisée par une droite qui veut singer la gauche ? Est-ce bien ce Carré là qui a été élu en douce ou son tonton ?

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