La journée des dupes

Conseil Municipal éprouvant vendredi soir. Il y eut bien des motifs d’irritation, et j’avoue que plusieurs sujets m’ont profondément affectée:

1) La délibération sur la rue des Carmes et la politique du fait accompli développée par la municipalité qui aboutit à pousser bien des propriétaires inquiets par le projet d’alignement à vendre leur bien. ;

2) Le mépris affiché pour l’université d’Orléans et ses chercheurs, qui seraient médiocres et ne compteraient que très peu de publications à leur actif.

3) La mascarade que fut la désignation des « personnes ressources » devant siéger dans les « comités de mobilisation et d’animation »  ou CMA (sorte de « comités de pilotage ») des futurs conseils consultatifs de quartier.

C’est sur ce dernier point que je souhaiterais revenir dans un premier temps. Ces CMA sont prévus dans la charte de la participation citoyenne qui a été votée lors de la séance du Conseil Municipal du 19 décembre dernier. Notre groupe d’opposition avait négocié cette charte pied à pied avec le cabinet du maire, espérant jusqu’au bout l’amender dans un sens qui nous paraissait conforme à l’interêt général (en gros : plus de place pour les associations et pour les élus de tous bords; possibilité pour les élus de l’opposition d’assurer leur permanence dans n’importe quel quartier de la ville). A la suite de l’échec de ces négociations, nous avions décidé de voter CONTRE ce texte.

Néanmoins, légalistes, nous étions aussi résolus à en respecter le contenu et à mettre en oeuvre cette charte dans la mesure de nos possibilités. Ce n’est pas parce que l’on est en désaccord avec un texte voté par une majorité que l’on n’est pas tenu de l’appliquer : la loi, c’est la loi.

Chacun dans nos quartiers respectifs, nous avons donc contacté des personnes qui nous paraissaient susceptibles de s’impliquer utilement dans la vie de leur quartier et de faire partie des CMA au titre des « personnes ressources ». Pour ma part, j’ai eu à coeur d’effectuer ces démarches  sans tenir compte des appartenances politiques de tel ou tel, rencontrant des membres d’associations, des commerçants, des parents d’élèves, etc. qui m’avaient indiqué souhaiter s’engager pour leur ville.

Dans la majorité muncipale, j’avais comme interlocutrice Mme Mauroy, présidente de mon conseil consultatif de quartier (Bourgogne République) avec laquelle les choses se sont plutôt bien passées, après un bref round d’observation. Mme Mauroy eut en particulier à coeur de recevoir chacune des personnes que je lui avais indiquées (un peu plus d’une dizaine), pour mieux les connaître et juger de leur motivation. De son propre aveu, les candidatures que je lui ai soumises étaient « excellentes ».

Finalement, après un dernier échange de mails, nous sommes tombées d’accord sur la solution suivante : sur 7 personnes, elle en proposait 6, en fonction de critères tout à fait acceptables (représentativité géographique, secteur associatif, âge, parité, etc.) et en retenait une de mon contingent. Bon, un sur 7, ce n’est pas terrible, terrible, mais après tout, dans la mesure où nous nous étions mises d’accord, et où je n’avais aucune raison de douter de la neutralité des personnes proposées et de la bonne foi de mon interlocutrice (je n’en doute d’ailleurs toujours pas, c’est cela qui est terrible), je donnai mon accord à cette transaction.

J’ai donc prévenu ma « candidate » et puis j’ai attendu sereinement le conseil, un peu inquiète tout de même par ce que me racontaient mes collègues de l’opposition sur les bidouillages en cours dans leur quartier.

Que croyez vous qu’il arrivât? Vendredi soir, à ma grande consternation, je découvris que, sans m’en avertir, on avait changé la liste en en retirant ma candidate. Toutes ces consultations n’avaient donc servi à rien. Ces coups de téléphones, ces discussions, cette réunion avec Mme Mauroy, ce temps passé et perdu. Tout cela pour une liste proposée à 100% par la majorité. Comment ne pas crier à la mascarade? Comment ne pas hurler de rage et de dépit devant ce tour de passe passe? Comment pourrai-je encore faire confiance à l’équipe majoritaire? Comment pourrai je ne pas douter, par contrecoup, de la neutralité politiques des membres du CMA que l’on m’impose sans aucun droit de regard. On m’objectera sans doute que ces CMA ne sont pas des lieux de pouvoir. Mais alors, pourquoi en refuser l’accès aux candidats de l’opposition? L’un des membres de la muncipalité, en conseil, nous a même expliqué que ces CMA devaient se composer de personnes « honnêtes et compétentes ». Est-ce à dire que nos candidats étaient malhonnêtes et incompétents?

Vendredi soir, je me suis sentie trahie, dupée, flouée. C’est cela la concertation à la sauce orléanaise? C’est cela le respect? C’est cela le dialogue démocratique?

Vendredi soir, j’ai eu honte pour la majorité municipale.

PS: Je vous reproduis en copie un échange de mails avec Mme Mauroy qui vous permettra de vous faire une idée de la bonne qualité de nos relations et qui montre, sans contestation possible, que nous étions bien parvenues à un accord. L’argument selon lequel nous aurions proposé nos listes trop tard ne tient donc pas.

J’ai juste retiré les noms complets et les adresses des intéressés.

> De :    MAUROY Catherine
> Envoyé :    samedi 24 janvier 2009 12:51
> À :    ‘cleveleux@yahoo.com
> Objet :    Propositions CMA Bourogne-République
>
> Bonjour Madame Leveleux,
>
> En fonction des rendez-vous de ce matin, voici la composition proposée pour le CMA Bourgogne-République:
>
> 1) M. Jean-Jacques C
> Association Mieux Vivre dans le quartier Dessaux, Saint Euverte, Saint Aignan
>
> 2) M. Christian G
>
> 3) M. Louis S
>
> 4) Mme Anne R [ma candidate]
>
> 5) M. Stéphane R
>
> 6) M. Roland C
>
> 7) M. Jacky M
> Association Voisinage Bourgogne
>
> Propositions  auxquelles, il faut ajouter les personnes déjà admises:
>
> – Vous-même,
> – Nelly Servais,
> – Liliane Coupez,
> – Aude de Quatrebarbes,
> – Guy Torreilles –
> – Moi.
>
> Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis sur ces propositions qui ont l’avantage de:
> – l’équilibre géographique dans le quartier,
> – la présence du milieu associatif
> – panacher les générations ( moitié quatra ( ou moins) et moitié +),
> – la parité ( 6 femmes, 7 hommes),
> – du renouvellement puisqu’à l’exception des  associations, toutes les personnes sont nouvelles.
>
> Bien entendu, cela n’est certainement pas parfait, et j’ai essayé de faire au mieux. Je vous remercie de bien vouloir me donner votre avis d’ici à lundi.
>
> Bien cordialement,
>
> Catherine MAUROY
> Adjointe au Maire pour le Centre Ville
> Présidente du Conseil Consultatif
> Bourgogne-République
> 02/38/81/31/80
> cmauroy@ville-orleans.fr
>
>

De : Corinne LEVELEUX cleveleux@yahoo.com

À : mauroycatherine@yahoo.fr

Envoyé le : Lundi, 26 Janvier 2009, 0h04mn 55s

Objet : Re: TR: Propositions CMA Bourogne-République

Chère collègue,

Je vous remercie pour votre mail. Je souscris aux principes qui ont guidé votre liste. Je pense qu’effectivement vous avez essayé de faire au mieux, dans un délai très court. A titre personnel, je regrette la précipitation de la dernière ligne droite, succédant à 3 semaines de flottement (cette remarque ne vous étant pas destinée, mais visant la totalité du processus de désignation des personnes ressources, pour l’ensemble des CMA d’Orléans), de même que je déplore que nous n’ayons eu, dès le départ, ni calendrier clair, ni procédure précise du déroulement des opérations, malgré plusieurs courriers adressés au maire et à Mme de Quatrebarbes.

Enfin, comme je vous l’avais indiqué jeudi soir, je trouve dommage que le conseiller général de notre canton ne soit pas représenté dans notre CMA, au moins au titre d’expert (hors quota). Il s’agit là d’une position de principe, d’ailleurs commune à l’ensemble du groupe d’opposition, (socialistes, vers et apparentés).

Malgré ces réserves, qui, je vous le répète,  ne vous sont nullement imputables à titre personnel, je prends acte de votre bonne volonté et vous remercie d’avoir essayé de constituer un CMA cohérent et motivé, et de m’avoir tenue informée de vos choix.

Bien cordialement,

Corinne LEVELEUX-TEIXEIRA

Bonjour Madame Leveleux,

Je vous remercie de votre réponse. Je pense, en effet,  ce nouveau CMA motivé et j’espère sincèrement que nous trouverons une dynamique ( et aussi une vitesse de croisière…) intéressante pour le quartier.

Nous aurons de toute façon l’occasion d’en discuter dès février. Lorsque le CMA sera officiellement validé, je compte bien que nous mettions la question du fonctionnement et de nos actions à l’ordre du jour de la première réunion qui sera proposée.

Sachez que je reste à votre disposition, si vous souhaitiez émettre quelques avis.

De même, si vous avez d’autres personnes intéressées pour participer au CCQ, n’hésitez pas. Les personnes qui sont venues de votre part, étaient toutes intéressées et motivées. Le CCQ étant ouvert à tous, nous continuons bien entendu de prendre en compte toutes les personnes qui se manifestent.

Vous souhaitant une bonne semaine.

Bien cordialement,

Catherine MAUROY

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14 réponses à La journée des dupes

  1. Esther dit :

    Allez, courage ! Tu sais que c’est important, plus important que certains veulent le dire ! Et si tu n’expliques pas les choses, on les croira.
    Crie quand ça t’énerve et continue à vouloir faire avancer les choses (même s’ils disent que vous cherchez à tout bloquer), l’opposition est là pour cela ! Que l’on veuille la faire taire ou la museler, c’est toujours reconnaître qu’elle fait son travail… C’est aussi nier la démocratie, puissent-ils en prendre conscience !
    Courage !

  2. CLT dit :

    Merci Esther pour ces encouragements. Cette histoire illustre la crainte démocratique qui a présidé à la construction de l’ensemble du dispositif: il ne faut surtout pas que cela dérape. Donc,on reste entre soi, au mépris de la plus élémentaire représentativité.
    Du coup, on peut nourrir la plus grande suspicion sur le fonctionnement de ce machin.
    En attendant, que de temps et d’énergie gâchés!

  3. Laudes dit :

    « Tout est ficelé avant même que nous ayons pu en discuter, au mépris de nos propositions. C’est la raison pour laquelle nous vous laissons discuter entre vous, avec vos petits copains, et nous ne participerons pas à cette mascarade ».

    Pff, soupirs, ces propos ont été tenus par Jean-François Lamour, pour justifier un boycott de séance au conseil municipal de Paris.

    On pourrait faire du copier-coller pour tant d’autres villes…

    Ecoute, dialogue, respect mutuel, dignité des débats, intérêt général contre suspicion, invectives, exclusion, obstruction systématique, idéologie partisane.

    Nos politiques donnent une image de plus en plus douteuse de la vie politique !

  4. Anne-Dominique EPAUD dit :

    En grande optimiste que je suis, je crois que tout ce travail et tous ces échanges n’auront pas servi à rien… Je t’encourage moi aussi à continuer, puisses-tu trouver encore de l’énergie, fût-elle celle du désespoir !!! Prends un peu de celle que je te partage, j’en ai pas mal ces temps-ci !!! SURSUM CORDAE !!!
    Avec mon amitié, et tu sais ce qu’elle suppose.

  5. colin MESPLES dit :

    Paradoxalement ,de vous lire me rends optimiste sur l’avenir de l’opposition municipale . Enfin de vraies questions posées de vrais problèmes abordés … Que leur gestion est petite et leurs victoires mesquines …Vous tenez le bon bout .
    Merci . Colin

  6. Denis de Démocratie dit :

    « Comment pourrai-je encore faire confiance à l’équipe majoritaire? »

    La réponse est dans la question malheureusement…
    C’est hélas le moins naïf en politique qui l’emporte le plus souvent.

    Corinne, ne désespérez pas : vous aurez votre revanche un jour, comme le comte de Monte-Christo ou plus récemment, l’avocat malheureux de Roger Bontemps (que vous pourrez voir demain soir dans un magnifique téléfilm).

    Quant à Colin (Maillard), je crois qu’il se gourre : le respect de la parole donnée, même sur un sujet en apparence mineur, ce n’est pas rien. Certes, je n’oublie pas les mots de Charles Pasqua : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » mais l’attitude déloyale qui fut celle de la majorité vendredi soir en dit long sur le déroulement à venir du mandat…

    Corinne : cette municipalité aura réussi a radicaliser contre elle une opposition qui voulait faire preuve de bonne volonté. Je crois qu’il y a des leçons à en tirer : trust no one et opposez-vous ! Après tout, c’est ce que vous demandent toutes celles et ceux (nombreux) qui ont voté pour vous !

    Et puis rendez-vous compte : la seule et unique personne (pré)proposée puis retenue par Mmme Mauroy a été virée parce qu’elle faisait peur au Maire : alors imaginez à quel point vous 13, au CM, devez le faire flipper !

  7. AFIN QUE NUL N’IGNORE

    Vote par le Parlement d’un amendement supprimant l’avis conforme des ABF dans les  » zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager » (ZPPAUP)

    Ministère de la Culture et de la Communication – 30/01/2009 11:21:13

    Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, prend acte du vote par le Parlement d’un
    amendement supprimant l’avis conforme des architectes des bâtiments de France (ABF) dans les « zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager » (ZPPAUP).
    La Ministre insiste sur le fait que cette mesure ne doit pas s’analyser comme l’abandon d’une prérogative de l’Etat dans le domaine du patrimoine mais qu’elle correspond à la volonté de moderniser les
    procédures.
    La Ministre rappelle que la création d’une ZPPAUP ne procède pas d’une décision unilatérale de l’administration mais d’un partenariat entre l’Etat – tout particulièrement les ABF – et les communes. Avant la création d’une ZPPAUP, un règlement de zone est en effet élaboré conjointement avec le maire. Ce règlement – qui a force juridique – définit les objectifs et les modalités de la conservation du patrimoine applicables à la zone. La création de la ZPPAUP est décidée par le maire.
    Compte tenu de ce mode d’élaboration partenarial, il est apparu possible aux parlementaires comme à l’administration d’alléger le contrôle des ABF sur les permis de construire à l’intérieur de la zone en passant d’un avis conforme à un avis simple.
    La possibilité d’évocation ministérielle que maintient la loi permettra cependant à l’ABF de saisir le ministre de la Culture en cas de difficulté.
    La décision rendue dans ces conditions s’imposera au maire, comme c’est le cas actuellement.

    _______________________________________________________________

    ABCdaire du particulier
    ZPPAUP
    Définition
    Sur proposition ou après accord du conseil municipal des communes intéressées, des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) peuvent être instituées autour des monuments historiques et dans les quartiers, sites et espaces à protéger ou à mettre en valeur pour des motifs d’ordre esthétique, historique ou culturel.
    Plus souple que la procédure de secteur sauvegardé, la ZPPAUP est un document qui délimite un secteur plus particulièrement sensible sur le plan architectural et paysager, il est élaboré après délibération du conseil municipal, enquête publique et avis de la commission régionale du patrimoine et des sites.
    Créée par arrêté préfectoral après accord du conseil municipal, la ZPAUP constitue une servitude annexée au PLU (POS : plan d’occupation des sols) et s’impose aux opérations de construction et d’aménagement menées dans son périmètre.
    La ZPPAUP est un outil de protection ou de mise en valeur du patrimoine qui ne se limite pas au seul patrimoine bâti ».

    VOILA. MAINTENANT ON PEUT PARLER EN CONNAISSANCE DE CAUSE

  8. François Reisser dit :

    Corinne,
    je ne peux que partager ta colère. J’ai fait de même samedi.(voir le site openlasource)
    Comme tu le dis : Cette histoire illustre la crainte démocratique qui a présidé à la construction de l’ensemble du dispositif.
    Oui, tu peux avoir honte pour la majorité municipale, mais respect pour ce que tu as dit et écrit, comme Ghyslaine l’a fait d’ailleurs.

  9. minijack dit :

    @Corinne
    Je peux comprendre votre relative déception en constatant que votre candidat n’avait pas été retenu. Mais je confirme votre première impression sur la sincérité de Catherine Mauroy : sans grand risque d’être démenti je vous le dis avec une quasi certitude : cette biffure ne vient probablement pas d’elle.

    Le fait est que l’élaboration de ces listes présentait quelque difficulté pour tout président de quartier dans la mesure où c’est une structure nouvelle qui n’écartait pas le risque de se transformer en tribune pour l’opposition, ce qui n’est pas du tout son but.
    On peut regretter sans doute qu’au départ de cette nouvelle expérience de démocratie « de proximité » un excès de prudence ait poussé une autorité plus haute à se donner le temps de « voir à l’usage » pour ouvrir davantage… En même temps, ça se comprend aussi au regard de vos interventions très remarquées au Conseil !
    Ce n’est pas que vous fassiez peur, le mot serait très exagéré, mais disons qu’à mon avis on se méfie un peu du temps que pourraient faire perdre vos éventuelles diatribes à des débats dans le cadre d’un CMA. Vous connaissant davantage qu’elle ne vous connaît, j’avais personnellement rassuré Catherine là-dessus. (J’espère que vous ne me ferez pas mentir. ;c))

    A mon humble avis, le risque était mince car il n’y aura que très rarement de sujets s’y prêtant dans la mesure où ce n’est pas un organe décisionnaire de la politique à l’échelle de la ville mais un cran en dessous, un vrai lieu de concertation et de propositions sur l’usage et la pratique du quartier par nos concitoyens.
    Si nous n’invoquons pas de raisons purement « politiciennes » dans nos débats, mais uniquement des arguments concrets, observations et remarques « au raz du terrain » soulignés par les habitants et usagers en tant que tels, de quelques tendances politiques qu’ils soient, je suis sûr que les choses se passeront très bien et sans perte de temps ni lassitude.

    Car mon recul de 7 ans me permet d’en parler, c’est ça le danger des CCQ : les pertes de temps à discuter sur le formalisme et pas sur le fond, ou à s’égarer dans les innombrables petits tracas domestiques personnels (le gars qui urine tous les jours devant la porte, le volet qui ne ferme plus parce qu’une voiture se gare en amazone, etc.) au lieu et place des vrais grands sujets touchant le quartier ou les conséquences pour la circulation / stationnement dans le nôtre de changements agréés dans un quartier voisin dont nous n’avons pas eu à débattre.

    Si vous me mettez à part sans doute, et en dehors des élus dont vous êtes, les gens de bonne volonté qui constitueront ces CMA ne sont pas pour autant tous des militants acharnés, et les heures qu’ils acceptent de consacrer à ces réunions sont à utiliser au mieux pour un vrai travail de proposition constructif. Autrement ils se lassent et n’y viennent plus.
    Ce serait donc un jeu dangereux au plan démocratique, autant pour la gauche que pour la droite, que d’ergoter sur les détails juridiques ou polémiquer sur les décisions du Parlement (même si vous avez de vraies bonnes raisons de le faire ailleurs) car ce n’est ni l’objet ni le lieu, ni la spécialité des participants qui eux n’apportent que leur pratique quotidienne de la vie des quartiers.

    J’espère que sur ce point au moins, nous serons de même avis.

  10. Fansolo dit :

    Minijack : j’avoue ne pas bien comprendre…
    Si tout ce que vous dites sur les CMA des CCQ est exact : quel est l’intérêt de ne pas y accepter Anne R. ? De toute façon Corinne y siègera et en tant que membre de l’opposition… Tandis que Anne R. n’était justement pas là en tant que tel mais en tant que personne ressource… Alors ?
    Qui fait de la politique politicienne exactement ?

  11. Bon, moi je démissionne.

    Vos « débats » sont la parfaite illustration de ce que je pensais :

    La démocratie est en réalité une oligarchie réservée à une élite censée comprendre ce qu’elle dit à défaut de se faire comprendre du citoyen. Dans ces conditions, les seuls initiés ont le droit à la parole et, plus grave, à l’entendement minimum. On ne demande pas autre chose à l’électeur que d’élire. Son rôle s’arrête là. Tout autre prétention serait une usurpation.

    Pourtant, l’enjeu n’est pas la rue des Carmes dont vous vous êtes empressée de tourner la page. Il eût été intéressant de faire réfléchir à partir de cet « exemplum exemplaire » à tout point de vue.

    Pour cela, chère Corinne, il faut laisser le temps au temps, ne pas passer du coq à l’âne. Le rôle pédagogique de la gauche française est à réinventer, me semble-t-il. Que Minijack ait un avis – fût-il éclairé et sensé – sur une multitude de sujets que vous exposez à sa sagacité importe peu. La politique n’est pas un exercice de rhétorique à l’adresse des plus futés. Qu’il aide, par son opposition, à construire des solutions, voilà qui semblerait plus opportun.

    Et si vous mettiez les Orléanais, les petits, les sans-grade, dans le coup. Ce serait la vocation, affichée par la PS, au civisme retrouvée.

  12. Esther dit :

    qu' »un excès de prudence ait poussé une autorité plus haute à se donner le temps de « voir à l’usage » pour ouvrir davantage… »… Soyons sérieux !! La majorité attendrait et si elle voit que cela marche, elle acceptera des représentants de l’opposition ou proposés par l’opposition donc suspectés de gauchisme ? Ouvrez les yeux et arrêtez de faire croire n’importe quoi aux gens, orléanais ou non ! La majorité supporte déjà mal l’opposition dans les lieux où elle siège… Chez nous, on pourrait vous demander si vous prenez les lecteurs de ce blog et les autres pour des « lapins de six semaines ».
    Et écrire « En même temps, ça se comprend aussi au regard de vos interventions très remarquées au Conseil ! »… On croit rêver ! Arrêtez vos procès ! Point besoin d’être juriste pour crier au scandale ! C’est bien là le drame d’ailleurs ! Si Corinne était la seule avec son esprit tordu qui fonctionne en deux parties et deux sous-parties à réagir, on pourrait vous croire mais ce n’est pas le cas !
    Ce n’est pas être pointilleux et vouloir faire perdre du temps aux gens pour justifier ses 118 euros d’indemnité de « conseiller municipal de base », c’est simplement prendre la parole et dire que certains actes sont indignes d’une démocratie ! Que certains projets pourraient être vus autrement également mais c’est le rôle même de l’opposition, non ? Des pertes de temps ??? Que ceux qui n’ont pas le droit de s’exprimer vous entendent ! Que ceux qui se sont battus pour qu’aujourd’hui nous ayons le privilège de vivre (encore) en démocratie vous entendent dire que cela n’est que perte de temps !
    Je suis scandalisée !
    Courage à toi, Corinne, et courage à vous qui osez à Orléans dire que vous n’êtes pas d’accord avec la majorité !

  13. minijack dit :

    @Esther
    Je n’ai jamais dit que Corinne faisait perdre du temps au Conseil Municipal. Là elle est parfaitement dans son rôle.
    J’ai dit que ses interventions au Conseil ayant été remarquées (et c’est un compliment de mon point de vue) certains avaient pu craindre que la gauche, déjà représentée par elle dans ce CMA, n’y prenne davantage d’importance qu’elle n’en a sur le terrain si d’emblée on y laissait entrer quelqu’un d’autre…
    Ce n’est qu’une supposition de ma part. N’étant pas élu moi-même je ne suis donc pas dans le secret des discussions internes. De plus, ne vous en prenez pas à moi car j’ai dit aussi que, selon moi, c’était une prudence superflue.

    @fansolo
    Je suis tenté de ne te répondre que lorsque tu auras enfin retiré mon adresse IP du bannissement de ton propre blog, cher ami… ça fait deux mois que ça dure ! La Démocratie, qu’elle soit « de proximité » ou sur les blogs, ne peut se satisfaire de tels procédés.
    Merci.

    Pour te répondre malgré tout, je dirai ce que j’ai déjà dit plus haut : selon moi c’est de la prudence excessive. Tout comme la réaction de Corinne ou Miguel est pour l’instant excessive puisqu’il reste encore de nombreuses personnes (env 120 sur l’ensemble des 12 quartiers) à tirer au sort dans les CCQ pour devenir elles aussi des « personnes-ressources », et rien n’assure que le sort ne désignera pas ici ou là une proportion plus importante de gens de gauche…
    C’est donc non seulement une prudence excessive mais inutile. Ne m’en demande pas à moi la raison, je ne la connais pas.

    J’aimerais bien qu’on me lise autrement qu’en diagonale, ça éviterait les malentendus ou les répétitions.

  14. Esther dit :

    @Minijack : je suis bien d’accord avec vous pour dire que quand Corinne est quelque part, on le sait ! Elle pense et ouvre sa bouche, on l’entend et généralement ça percute. D’ailleurs, vous en conviendrez, si ses interventions n’avaient aucun intérêt, les autres membres de l’opposition lui feraient comprendre qu’elle peut se taire.
    Ceci étant… Est-ce une raison pour rayer d’une liste un nom qu’elle a proposé en partant du principe que Corinne est déjà là et que son énergie vaut bien celle de deux représentants de la gauche (ou plus) réunis ?
    Vous dites, de plus, qu’il ne faudrait pas que la gauche occupe plus de place que l’importance qu’elle a eu dans les urnes mais je n’ai pas le souvenir d’un plébiscite pour Grouard à Orléans. A moins que le quartier en question ait été dans son immense majorité favorable au maire en place ? C’est une vraie question, je n’ai pas la réponse.
    Vous faites confiance au sort, certes… mais reconnaissez que c’est un peu léger (la présence d’un huissier est indispensable, les listes changeant entre les bureaux et la salle du conseil, tout semble devenir possible « en mairie ») et que cela frise le ridicule ! C’est nier le principe d’une consultation démocratique, bafouer le travail des élus (que pense Catherine Mauroy ? on s’est quand même royalement moqué de son travail, non ?). Affirmer que si la gauche doit être représentée autrement que par la seule personne de Corinne, le hasard le fera, c’est… j’allais écrire « risible », mais en fait je n’ai pas envie de rire du tout. C’est bien plus qu’une attitude de « prudence excessive », c’est renouer avec le fait du prince. Certes, ce n’est qu’un principe, direz-vous… mais le jour où, par le fait du prince, on s’en prendra à votre rue pour l’aligner, à vous parce que vous ne servez plus à rien après avoir bien oeuvré pour soutenir la majorité en place, vous direz quoi ? Merci à Corinne d’avoir ouvert sa bouche ? Il sera peut-être un peu tard. Quand les principes deviennent réalité, ça fait toujours un drôle d’effet… et parfois il n’y a pas que les autres qui sont concernés.
    Je ne dis pas cela par amitié pour Corinne et envie de m’en prendre à vous, je ne m’exprime pas non plus par sympathie pour la gauche et opposition à la droite, loin s’en faut, mon discours serait le même si la configuration politique orléanaise était inverse. Le problème dépasse les sensibilités partisanes, il porte sur les fondements même de la démocratie.

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