Penser la rue des Carmes dans son histoire. Pour une esthétique urbaine de l'irrégularité

Avant d’en revenir à l’intéressante procédure de mise en place de le nouvelle charte de la participation citoyenne, je ne peux passer sous silence la première réunion publique tenue hier soir, 11 décembre 2008, sur les projets susceptibles d’affecter en profondeur une grande partie de l’ouest de la ville située  à l’intérieur de ses périphériques.
Je ne parlerai pas ici de la question de la requalification des mails en boulevard urbain, qui me semble être une bonne chose, même si l’entreprise ne manquera pas de soulever d’importantes difficultés de mise en œuvre.
Je n’évoquerai pas davantage l’avenir du site de l’actuel hôpital Madeleine, qui, en tout état de cause, ne relève pas du présent mandat (puisque, selon la délibération votée lors du conseil municipal du 28 novembre dernier, les opérations de réaménagement ne commenceront pas avant 2015 en tout état de cause).
Je souhaite en revanche revenir sur la question de la rue des Carmes, car c’est une affaire qui, à mes yeux, relève d’une importance toute spéciale. Je dirais même qu’à certains égards, c’est une question sur laquelle se joue une grande partie de ma légitimité en tant qu’élue.
Je vais d’abord essayer de m’expliquer sur les raisons – personnelles, et non politiques – de mon engagement.  Elles sont d’ordre affectif et professionnel. J’ai habité 7 ans dans le secteur Carmes. Et pas n’importe quelles années. Des années qui comptent : les années de mon arrivée à Orléans comme jeune agrégée d’histoire, fraiche émoulue de la Sorbonne et de mon cher vieux quartier latin. Les années qui m’ont vu commencer mes études de droit et me passionner pour le GAJA (il y a des perversions plus graves). Je louais  un petit appartement rue des Curés. En face, il y a avait des rastas qui squattaient une piaule et qui fumaient autre chose que du tabac. Ils étaient sympas. Ils dragouillaient gentiment. Ils papotaient beaucoup et enjambaient mon appui de fenêtre (j’étais au rez –de-chaussée) pour venir me rendre visite.
Après je me suis installée dans une petite maison en fond de jardin, rue Grison. Une maison à colombages très jolie que j’adorais. Dans le jardin, il y avait un vieux puits en pierre et un boulot où des chardonnerets avaient trouvé refuge. Le matin, quand je partais prendre mon bus pour aller à la fac, je prenais la rue d’Angleterre, toute incurvée et sur le fond du ciel clair se détachait le clocher de Saint Paul. J’avais l’impression d’être en Italie. Je me baladais dans les rues du quartier. Vieilles rues biscornues aux maisons penchées, aux jardins cachés. C’est comme ça que j’ai aimé Orléans. Par le quartier Carmes. Par les gens tout simples qui y vivent, les histoires interlopes qui s’y passent, l’arabe du coin, les shoarmas, les cafés turcs, la crèche des Chats ferrés où ma fille ainée s’est fait ses premiers copains.
Professionnellement, même si je suis une historienne qui a mal tourné, puisque j’ai viré juriste, je reste viscéralement une médiéviste. Je hais les villes sans histoire et je me sens mal à l’aise dans des pays sans passé. J’aime les vieilles pierres, les poutres vénérables, les odeurs de moisi, la pourriture noble, les parchemins qui sentent la bête, les toiles d’araignée, le rythme de la phrase latine et les caves voutées. Je pense que la force d’une ville tient aussi à sa capacité à assumer son passé, à honorer son patrimoine.

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A cet égard, pour dissiper toute ambiguité, il me semble naturel de rendre hommage sans arrière pensée aux efforts considérables déployés lors du premier mandat de M. Grouard en matière de conservation patrimoniale. Ce n’est pas moi qui m’alarmais du piteux état de Saint Aignan qui vais râler parce qu’on injecte des millions d’euros dans la restauration de cette église ! Avec des copains, à la fin des années 90 on voulait même fonder une association de sauvegarde tellement on était affolés par le délabrement des lieux. Jamais je n’ai critiqué le plan de rénovation du secteur Bourgogne, le décapage de l’hotel Groslot (une résurrection) ou de l’ancienne salle des Thèses de l’Université d’Orléans (XVè). Au contraire ! A l’inverse, la politique patrimoniale fut certainement l’un des points faibles des deux mandats de J.P. Sueur.
Mais alors, précisément, au nom de ces réalisations passées, que l’on n’aille pas tout chambouler rue des Carmes. De grâce, que l’on fiche la paix aux 17 immeubles de cette voie menacés d’alignement !! Ces  immeubles (dont le plus récent date de 1794 et a été construit par l’architecte orléanais Benoit Lebrun, qui fut maire d’Orléans et qui réalisa l’ancien théâtre de la ville), n’ont pas traversé entre 2 et 5 siècles d’histoire urbaine pour se faire aligner et laisser la place à des voitures !  Ces immeubles, dont 6 au moins comptent des pans de bois, dont la plupart ont des escaliers en fer forgé, des caves voutées du XIIIè siècle, des cours intérieurs qui recèlent des façades Renaissance, méritent beaucoup mieux que la benne à ordure.
L’urbanisation d’Orléans n’a pas besoin de ce sacrifice.
Le tramway ne nécessite pas cette saignée.
Aucun projet urbain d’envergure  ne rend  inévitable cette mise au carré.
Aucun argument rationnel n’a été apporté hier à l’appui de cette destruction camouflée sous l’euphémisation hypocrite de déconstruction.
Rien, pas le début d’une explication.
Hier, à la réunion publique du CRDP, j’ai posé la question de la valeur patrimoniale du secteur bâti promis à la démolition. On m’a répondu que je faisais de la politique. Mais c’est à pleurer ! S’il est une question qui, avec le bien être des hommes, devrait dépasser les clivages politiques, c’est bien celle de la conservation patrimoniale! Le passé d’une ville n’est ni de droite ni de gauche. Il appartient à tous ses habitants et nourrit leur identité. Nous n’en sommes pas les propriétaires mais les dépositaires et nous sommes collectivement comptables de la transmission de ce dépôt. Honte à nous si nous ne savons pas protéger l’héritage de nos pères ! Que diront nous à nos enfants ?
Orléans n’a déjà que trop souffert, depuis un siècle, du marteau brutal des démolisseurs imbéciles.

Que le temps de la concertation qui s’ouvre soit donc aussi le temps du retour à la raison.

Rendons à la rue des Carmes son lustre ancestral et à leurs habitants la fierté de vivre dans l’un des quartiers les plus attachants d’Orléans ! Laissons cette artère  s’ouvrir sur la perspective de la croix Morin, comme elle l’a toujours fait. Surtout,  ne la fantasmons pas au cordeau, dans un rêve délétère d’absolue régularité urbaine.

Pour ma part, vous l’aurez compris, jamais je ne me résignerai à un alignement coûteux que rien ne justifie.
Jamais.

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33 réponses à Penser la rue des Carmes dans son histoire. Pour une esthétique urbaine de l'irrégularité

  1. Miguel dit :

    « mise au carré » : excellent !

  2. Bernard Bonnejean dit :

    Bon ! C’est bien ce que je disais : VIVENT LES NANAS D’ORLEANS !

    Bien chère historienne-juriste [de fait il est une activité que je préfère, mais je ne vous dirai pas laquelle],

    Votre impartialité, toute féminine, ne doit quand même pas vous empêcher de rendre à César ce qui est à César et en l’occurrence à Monsieur le Sénateur Sueur ce qui lui appartient.

    Je connais parfaitement tous les quartiers que vous citez, car j’ai eu l’occasion, plus qu’intellectuelle, sentimentale, d’essayer de replacer Péguy dans son contexte socio-historique et culturel, seule façon, à mon sens, de comprendre son socialisme, particulier, son catholicisme, particulier, sa prose et ses vers, particuliers. Les noms que vous citez sonnent pour moi comme les cloches de votre cathédrale : Saint-Aignan, Faubourg Bourgogne… auxquels il faudrait ajouter Saint-Loup, et Saint-Jean de Braye. Quant aux Carmes, vous imaginez bien que c’est autre chose pour moi qu’un cinéma et un tramway !!

    Là où je voulais en venir, c’est précisément à ceci : l’urbanisme doit penser l’avenir sous le regard du passé.

    Laval, que j’habite, est heureusement hantée par Ambroise Paré, qui laissera un nom jusqu’à la mort du monde pour avoir sauvé des millions de vie en sachant faire des noeuds ; par Jean Cottereau, dit Jean Chouan,le chef de la contre-révolution mayennaise ; par les martyrs de la révolution, pauvres vieux prêtres réfractaires qu’on a guillotinés pour avoir désobéi à la loi du moment ; par La Tremoille, lui aussi guillotiné sur la place de l’ancien TGI qui porte aujourd’hui son nom ; par Henri Rousseau, dit le Douanier, le père de l' »art naïf » ; par Appolinaire, son vieux pote, qui a gravé un message d’amitié sur le marbre de sa sépulture ; par Alfred Jarry, le papa du Père Ubu qui, monté sur l’un des premiers vélos, terrorisait les bourgeois du centre-ville sous la menace de son révolver ; par Alain Gerbault, un autre cinglé dans un autre genre, qui s’est mis en tête de faire le tour du monde sur une coque de noix, exposée à la Perrine, notre jardin public à nous peuplé de nos amoureux à nous ; par Robert Buron, MRP, signataire des accords d’Evian qui mirent fin, officiellement, à un désastre politique et humanitaire.

    Je m’arrête là ? Eh bien, non ! Par M. François d’Aubert, maire de Laval, de droite, qui sut rénover la ville sans la défigurer, sans en tuer les âmes précédemment citées.

    J’ai dit que je connaissais Orléans par Péguy [« le petit-fils du bûcheron et le fils de la rempailleuse de chaises d’Orléans, un Français exclusif, un autochtone, un fils droiturier de notre Gaule », Claudel, parlant de Péguy, date oubliée]. C’est vrai ! Mais je le connais aussi par Marcel Proust qui y fit un service militaire peu glorieux, mais enrichissant, en 1889-90, au 76ème de ligne basé à la caserne Coligny.

    Comment je le sais ? Parce que Monsieur Jean-Pierre Sueur, alors maire d’Orléans, avec la Société des Amis des Musées d’Orléans, a eu la très bonne idée de faire rééditer un article légendaire de M. Clovis Duveau, imprimé sur les presses de l’Imprimerie Municipale d’Orléans. Je suppose que c’est en 1989 ou en 1990, à l’occasion du centenaire. L’article de M. Duveau, un morceau d’anthologie proustienne d’après les spécialistes, date de 1983.

    Alors, pour moi,les « du passé faisons table rase », non seulement c’est obsolète, mais complètement farfelu et criminel [« Moi, vous le savez bien, les tenaces aïeux, paysans, vignerons, les vieux hommes de Vennecy et de Saint-Jean de Braye et de Bou et de Mardié, les patients aïeux qui, sur les arbres et les buissons de la forêt d’Orléans et sur les sables de Loire conquirent tant d’arpents de bonne vigne n’ont pas été longs, les vieux, ils n’ont pas tardé ; ils n’en ont pas eu pour longtemps à reconquérir sur le monde bourgeois, sur la société bourgeoise, leur petit-fils indigne, buveur d’eau en bouteille… » Péguy, 23 octobre 1910] ! Il n’y a que les dictateurs pour tenter de s’élever par l’anéantissement culturel et la mémoire collective. Aussi, Madame, pour toutes les raisons personnelles que vous évoquez, pour ne jamais oublier ce que Jacques Chirac a fait de Paris aux multiples visages, celui que j’aimais quand j’avais douze ans, pour toutes mes raisons personnelles que je viens de vous dire, oserai-je proclamer, sans en avoir aucun droit légal : il faut sauver la rue des Carmes.

    P.-S. : Jean-Marc Ayrault, qui restera dans les Annales davantage comme maire de Nantes que pour ses responsabilités nationales, a réussi à « construire » deux lignes de tramway N-S, E-O, sans rien détruire d’important. Qui plus est, le tramway nantais met réellement en valeur tous les quartiers qu’il traverse.

  3. CLT dit :

    Pour Péguy, Joker! J’avoue que je connais mal. Il va falloir que je me renseigne auprès de JPS. J’ai un peu peur que ses explications soient très, très longues…Mais si vous commencez à me lancer sur Proust, on n’a pas fini de discuter. Par parenthèses, Marcel n’a pas trop aimé Orléans. En tout cas, il aurait sûrement été contre l’alignement de la rue des Carmes, lui, le champion de la phrase sinueuse!
    Quant aux deux activités d’historienne et de juriste, elles se complètent bien. Le droit sait parfois venir en aide à l’histoire quand elle est menacée.
    J’espère juste qu’on saura trouver une solution raisonnable et négociée avec la mairie bien avant de saisir la justice. Tout cela est trop absurde.

  4. Bernard Bonnejean dit :

    PREAMBULE

    Vous êtes bien jolie et vous me permettrez sans doute de vous le dire.

    I- PROUST N’AIMAIT PAS PEGUY

    – A Lucien Daudet, novembre 1914 :

    « Je trouve la mort de Péguy admirable, mais non ce que j’ai lu de lui… Un art où une chose est redite dix fois en laissant le choix entre dix formules, dont aucune n’est la vraie, est pour moi le contraire de l’art…

    – A Daniel Halévy, janvier 1908 :

    « …En tout cas si M. Péguy n’a jamais lu du Ruskin, conseille-lui d’en lire il aura une grande joie, il trouvera là un vieux bavard dans son genre, et aussi réactionnaire, et pensant aussi que Berthelot est dans Parménide, et aimant les allitérations, et ne pouvant dire frimousse sans ajouter fripure, friperie, fripouillerie. [ Allusion à un article du 1er cahier de la 9è série : « Qu’on lui ait fait et gardé cette immense Beauce, grande comme la mer […] un plateau parfait, sans un accroc, sans un amusement, sans un seul pittoresque, sans une frivolité, sans un impair, sans une vanité ; sans une frimousse, sans une friperie, sans une fripure, sans une fripouillerie […] »

    – A Léon Daudet, mars 1917 :

     » .. si je suis un peu injuste pour Péguy c’est surtout parce que dire trois fois à peu près une chose me semble n’avoir aucun rapport avec la dire une fois telle qu’elle est. La vérité, même littéraire, n’est pas le fruit du hasard, et on pourrait s’asseoir devant son piano pendant cinquante ans et essayer toutes les combinaisons de notes, sans trouver telle divine phrase de tel grand musicien… »

    – A Jacques Boulanger, 18 avril 1921:

    « … J’exècre la littérature du pauvre Péguy et n’ai jamais varié. Il y a je ne sais combien d’années, Daniel Halévy m’a écrit : « Veux-tu souscrire aux cahiers d’un de mes amis, Péguy, mais seulement si tu aimes cela. Lis ce cahier. » J’ai lu, j’ai répondu :  » Je trouve ton ami sans talent pour telle et telle raison, mais puisqu’il est malheureux, je souscrirai quand même. » Et dès lors mon appartement, qui était à peu près dix fois aussi grand que celui d’aujourd’hui, a été encombré par le plus insipide fatras des plus inutiles proses que je sache. »

    – Préface à « Tendres stocks » de P. Morand 1920

    « Le seul reproche que je serais tenté d’adresser à Morand, c’est qu’il a quelquefois des images autres que des images inévitables. Or, tous les à-peu-près d’images ne comptent pas. L’eau (dans des conditions données) bout à cent degrés. A quatre-vingt-dix-huit, à quatre-vingt-dix-neuf, le phénomène ne se produit pas. Alors mieux vaut pas d’images. Mettez devant un piano pendant six mois quelqu’un qui ne connaît ni Wagner, ni Beethoven et laissez-le essayer sur les touches les combinaisons de notes que le hasard lui fournira, jamais de ce tapotage ne naîtront le thème du Printemps de la Walkyrie,[…]. C’est le reproche qu’on pouvait faire à Péguy pendant qu’il vivait, d’essayer dix manières de dire une chose, alors qu’il n’y en a qu’une. La gloire de sa mort admirable a tout effacé. »

    II- LE SERVICE MILITAIRE DE PROUST A ORLEANS

    Jean-Yves Tadié, Marcel Proust, « Biographie », t.I, Gallimard, 1996

    Le 11 novembre 1889, Marcel Proust s’engage pour le service militaire, sous le régime du volontariat d’un an. Selon la loi organique du 27 juillet 1872, il évite deux années supplémentaires sous les drapeaux qui viennent d’être décidées par la loi du 18 juillet 1889 ; celle-ci supprime le tirage au sort, le volontariat (maintenu pour 1889) et établit le service de 3 ans. La vie militaire commence alors à faire, dans les milieux intellectuels, l’objet de critiques. Le Cavalier Miserey, roman d’Albert Hermant (1887), a été dénoncé comme « antipatriotique » par Anatole France, brûlé par des officiers dans une cour de caserne et défendu par Lyautey, lui-même auteur, en 1891, d’un article non conformiste sur « Le rôle social de l’officier dans le service militaire universel ». Lucien Descaves publie Sous-offs en 1889, est traduit devant les assises, et d’ailleurs acquitté. Les écrits antimilitaristes sont nombreux, sous la plume de Darien, de Zo d’Axa, de Gourmont, de Péladan, de Paul Adam. La Débâcle de Zola (1892) ne montrera pas non plus l’armée sous un jour favorable. Paul Valéry, qui effectue son volontariat à la même époque que Proust, s’écrie : « Voilà que j’ai déjà un mois d’esclavage, un mois de douloureux sacrifice à la patrie! Un mois qui m’a suffi pour apprécier la dure vérité du livre de Descaves (…) Il est facile de parler d’abnégation, les pieds au feu, le verre aux dents. Il est aisé de dégobiller des mots contre les Décadents soldats, c’est-à-dire contre ceux qui veulent penser quand même sous l’étranglement du ceinturon! Pour des gens qui n’ont rien à penser! Pour moi, la Patrie n’est pas sous les plis d’un drapeau ni une terre limitée. »
    Comme la plupart des jeunes Français de l’époque, Marcel se soumet sans hésitation aux exigences du service, sans songer à se faire réformer pour raison de santé (contrairement à ce qu’il fera pendant la Grande Guerre.
    Il arrive le 15 novembre à Orléans, où il est incorporé au 76è régiment d’infanterie comme soldat de deuxième classe. Alors commence le « fait militaire » que Marcel « admire le plus », comme il l’écrira en réponse à un questionnaire (CSB, p.337 Marcel Proust par lui-même: Le fait militaire que j’admire le plus. – Mon volontariat !) Sur lui peu de témoignages une seule lettre nous est parvenue, datant de son volontariat. Nous sommes contraints de l’imaginer d’après quelques témoignages extérieurs, des transpositions dans la fiction, des allusions rétrospectives.
    Le jeune homme commence l’escrime, les exercices de gymnase, l’instruction militaire des troupes à pied. Son capitaine lui fait demander de coucher en ville parce que ses crises d’asthme gênent ses camarades. Il se loge chez Mme Renvoyzé, 92 rue du faubourg-Bannier. La gymnastique n’a pas dû le séduire. La tenue militaire, « capote longue et lourd shako », le fait ressembler à un personnage de film burlesque. Robert de Billy fait sa connaissance en février 1890 (lors d’un dîner chez le préfet du Loiret, M. Boegner). Il ne faisait pas apparemment l’objet de brimade de la part de ses compagnons moins favorisés. Les relations de la famille Proust ont permis à Marcel d’être invité par ses officiers.
    La monotonie de la vie à Orléans est rompu par l’escrime, la natation, le cheval que Marcel n’apprend guère (le cheval et la natation lui sont déconseillés par son père, son classement final porte la mention : « ne sait pas nager »), et surtout par les permissions sans doute hebdomadaires, qu’il passe à Paris chez ses parents, mais aussi dans le salon de Mme de Caillavet, 12 avenue Hoche. [Paris est à 2 heures de train]. La correspondance avec Mme Proust est en principe quotidienne.
    Evènement important sa grand-mère maternelle : Mme Nathé Weil [Adèle (Adélaïde) Berncastel], agée de 66 ans meurt d’urémie le 3 janvier 1890 (mal qui emportera également son fils Georges et sa fille: Mme Jeanne Proust)
    En août, Marcel passe une permission à Cabourg ; [il y aura d’autres séjours!] A la fin du mois il est classé par l’institution militaire : 63e sur …64.

    A peine rentré à Paris, il s’inscrit à l’Ecole libre des sciences politique [où il retrouvera R. de Billy*] et à la faculté de droit sans doute à la seconde moins volontiers, mais sur ordre de son père. Trois ans d’études austères l’attendent : la licence de lettres, ou de philosophie, sera remise à plus tard, parce que aux yeux de la famille elle ne menait pas à une profession sérieuse.

    COMMENTAIRES PERSONNELS ET RAPIDES

    a) De fait, le Droit et l’Histoire devraient se compléter. Mais voyez-vous, Corinne, c’est précisément au nom de grands principes tels que « Le droit sait parfois venir en aide à l’histoire quand elle est menacée », qu’on s’en est servi pour « corriger » l’histoire, et vice versa. Evidemment que cette remarque n’est pas pour vous !!!

    b) Proust n’aimait pas la vie de caserne. Qu’il n’aime pas Orléans serait peut-être la conséquence de son désamour pour l’écrivain Péguy. Cependant, à ma connaissance et autant que je puisse en juger par l’étude de Clovis Duveau, on n’a rien appris encore là-dessus de l’unique lettre conservée du jeune Marcel à son père datée d’Orléans du 23 septembre 1890.

    c) En revanche – je conseille vivement à tous les Orléanais proustiens de lire l’article de Clovis Duveau – il semblerait que l’Oeuvre de Proust soit truffée d’échos de son séjour orléanais. Voir à ce propos VII, éd. de 1989, pp. 23 et suivantes.

    d) Merci, Corinne, de votre accueil dont je n’abuserai pas outre mesure. Bon courage, au service des Orléanais.

  5. Bernard Bonnejean dit :

    Au fait, à partir d’aujourd’hui, je dirai Madame la Conseillère, mais toujours pas Madame la Professeure. JE NE PEUX PAS !!!

  6. BCT dit :

    Pour « les vieilles pierres, les poutres vénérables, les odeurs de moisi, la pourriture noble, les parchemins qui sentent la bête, les toiles d’araignée, le rythme de la phrase latine et les caves voutées », tu me trouvera à tes côtés et me semble-t-il nous ne serons pas seuls.

  7. minijack dit :

    « Le droit sait parfois venir en aide à l’histoire quand elle est menacée. »
    Désolé de ne pas vous suivre sur ce terrain cher BCT. Le juriste est trop souvent le fossoyeur de l’histoire ! Et notre sympathique Conseillère doit parfois se sentir bien écartelée de faire profession des deux.

    Cela dit, à quel assaut de culture assistons-nous ici !

    Pour ma part, je ne suis qu’un modeste historien amateur, plus romancier que docteur, ce qui ne m’empêche pas de remarquer les plaies de notre vieille cité et dans ma modeste mesure, de tenter d’y porter remède.

    Moi aussi je suis amoureux des vieilles pierres, moi aussi je suis ému en songeant au passé anonyme de ces habitats des siècles derniers (c’est bien d’émotion dont nous parle Corinne Leveleu-Texeira lorsqu’elle dit que ses raisons sont « d’ordre affectif et professionnel »), mais quoi ! Faut-il que le passé fige l’avenir ? Faut-il que le carcan d’un urbanisme ancien empêche toute perspective nouvelle ?…

    Aurait-il fallu, au prétexte que Pasteur y est venu faire ses premières expériences, ne pas réaménager le quartier Dessaux et la Salle Eiffel ? Au prétexte que Jeanne y aurait dormi, ne pas toucher la Maison de Jacques Boucher (aussi nommée Maison de Jeanne d’Arc) ni encore moins en DECONSTRUIRE les restes bombardés pour la reconstruire à son emplacement actuel ? Est-elle moins belle parce qu’elle a été reconstituée ? (Je sais de quoi je parle parce que j’ai eu l’honneur de participer à la construction de son escalier en tant qu’apprenti charpentier dans les années 60)
    Qui s’en rend compte aujourd’hui ?
    De tous les nouveaux arrivants (dont Mme Leveleu-Texeira elle-même) bien peu savent qu’elle n’est plus à son emplacement originel. C’est pourtant bien, et de loin aujourd’hui avec la cathédrale, le plus important témoin historique de la ville sur le plan touristique, mais c’est A. Malraux qui en posa la première pierre. (ah zut ! un gaulliste, un mec de droite !)

    Ca ne me choque donc pas du tout que l’on envisage de « déconstruire » ces façades afin de les repousser de quelques mètres, si ce recul a pour effet de redonner une « perspective », au plan urbanistique comme au plan du potentiel d’activité humaine future qui en découlera pour le quartier.

    Ce qui me choque bien plus qu’une « déconstruction-reconstruction » de quelques façades anciennes, c’est la rupture de perspectives telles que la construction aux endroits les plus incohérents avec leur environnement de monstruosités administratives telles que la Poste ou la Sécurité Sociale de la place de Gaulle. Ce sont surtout ces deux énormes bâtiments qui cassent la continuité entre le quartier Bourgogne et celui des Carmes.

    La question de la piétonnisation éventuelle est secondaire. De toute façon, que la rue reste circulante aux voitures ou pas, ce n’est pas en fonction de ça que ces façades doivent être reculées. C’est tout simplement pour « ouvrir » la rue sur un peu de ciel et donner une autre vision urbaine à l’ensemble du Centre-Ville auquel se rattachera le site de l’Hôpital, qui en est pour l’instant exclu, et auquel l’arrivée du Tram donne une excellente occasion d’être réunifié.

    Ce pauvre Benoît Lebrun n’aura décidément pas eu de chance avec ses constructions. Déjà son ancien Théâtre d’Orléans (lui-même remplaçant l’ancien Hôtel-Dieu médiéval) aura été « déconstruit » pour y mettre notre nouvelle Mairie, voilà que maintenant ses quelques maisons particulières risquent de l’être également… Le pauvre doit se retourner dans sa tombe. Mais n’est-ce pas notre lot à tous ?… Nous ne sommes que de passage ici. Nous devons léguer à nos enfants des choses « utilisables ».
    Quand en 1825 on a percé la rue Jeanne d’Arc, ce sont des centaines d’expropriations qui eurent lieu, ainsi que la disparition de rues complètes et d’églises comme Saint-Samson ou Saint-Sulpice, autrement plus importantes au plan historique que quelques façades anonymes. Faut-il aujourd’hui renier le percement de la rue Jeanne d’Arc sans laquelle la ville d’Orléans ne serait pas ce qu’elle est ?
    A l’évidence, non !
    Ce qui compte, autant que préserver la richesse du passé, est de proposer à nos successeurs une perspective d’avenir.

  8. BCT dit :

    « Et notre sympathique Conseillère doit parfois se sentir bien écartelée de faire profession des deux. »
    C’est bien sûr à elle de répondre mais la connaissant je ne la sens pas du tout « écartelée ». Elle est cohérente et le nombre de villes qui ont su préserver « les vieilles pierres ne se comptent plus et lui donne raison.
    « minijack », ton modernisme et ta vision futuriste pour Orléans font plaisir à voir.
    Ne serais-tu pas le futur Caucescu d’Orléans ? Je plaisante mais je ne suis pas sûr que tu ais raison.

  9. minijack dit :

    @BCT

    Je préconise simplement que l’on ne s’accroche pas à une position radicale ni d’un côté ni de l’autre.

    Bien sûr, il serait détestable de jouer le Caucescu. Mais il serait tout autant désastreux de s’encombrer de la préservation de choses inutiles pour avancer. Ou alors il faudrait carrément aller « construire les villes à la campagne » comme disait Alphonse Allais, là on aurait moins de chances d’être gêné par l’archéologie… Et encore… on pourrait parfois tomber sur des villages gaulois qui feraient de la résistance ! ;c)

    Tout est fonction de mesure. Comme on ne peut pas tout garder, il ne faut conserver que l’essentiel.

    – Est-ce que les appartements derrière ces façades sont très importants ? Personne ne semble rien dire de tel.
    – Est-ce que les façades en question sont essentielles au patrimoine orléanais ? Si non, on les démolit. Si oui, on les garde, mais on peut les reculer tout de même puisque les appartements qu’elles limitent n’ont eux aucune importance historique et ont depuis bien longtemps été transformés.

    Je ne vois là en aucune manière la façon de faire de Caucescu. C’est rationnel, c’est tout.

  10. Esther dit :

    « même si je suis une historienne qui a mal tourné, puisque j’ai viré juriste »… Allez, ne te flagelle pas ainsi, on t’aime bien quand même ! ;-)

  11. Miguel dit :

    minijack, toi qui semble bien connaitre Orléans, tu devrais donner quelques infos à tes copains de droite actuellement aux affaires : ils prétendent (en conseil municipal) que le quartier Carmes a été détruit pendant la guerre et que les maisons datent du XIX°.

    Par ignorance ou par mauvaise foi typiquement politicienne ? Je ne sais quelle option choisir…

  12. Bernard Bonnejean dit :

    @ la jolie conseillère,

    Merci pour votre finesse, votre tact, la justesse de vos analyses, et, aussi, pourquoi pas ?, votre intelligence.

    Je vous souhaite vraiment d’aller loin en politique, car vous me semblez avoir l’étoffe.

    Merci pour tout Corinne, et passez mes remerciements à Steph et à Circé que je n’oublierai jamais.

    Joyeux Noël,

    Bernard

    P.-S. : Merci aussi à BCT, avec lequel je partage beaucoup d’opinions, et même à minijack dont je me suis un peu moqué, mais que je respecte.

  13. CLT dit :

    Bonsoir tout le monde.
    Merci pour ces commentaires sympas. Cela prouve que le sujet de la rue des Carmes (ainsi que les rapports compliqués entre Péguy et Proust, dont je suis une fan absolue) passionne tout le monde.
    D’accord avec vous, Minijack, sur le principe que vous défendez : une ville construit son avenir aussi, parfois, quand c’est nécessaire, en bousculant son passé. Mais ce qui me gêne dans l’opération Carmes, c’est précisément qu’il ne S’AGIT PAS d’une opération d’urbanisme! Le but apparent (le seul dont on nous parle, veux-je dire) c’est de faire passer les voitures en plus du tram. Alors que la piétonnisation mettrait tout le monde d’accord.
    Franchement, l’argumentation de la municipalité est d’une grande faiblesse sur ce point.
    La question qui se pose, pour toute opération d’urbanisme (et pour tout acte d’ailleurs) c’est de mesurer le ratio coût/avantages. Et là, franchement, il n’y a pas photo:
    1) catastrophe patrimoniale (allez en parler à l’ABF: il est révolté)
    2) bêtise écologique
    3) Surcout financier

    Sur la concertation, je la souhaite ample et durable. Pour l’instant, c’est mal parti.
    1) un petit mois seulement, au moment de la trêve des confiseurs…
    2) Une concertation qui ne porte que sur le projet de la mairie, et pas sur les projets alternatifs
    3) M. le premier maire adjoint refuse obstinément de nous rencontrer. Il parait que l’opposition n’est légitime pour discuter avec lui. Ah ah ah! Elle est bien bonne celle là! J’en ris encore! Quel grand démocrate ce député!

    Quant aux rapports entre droit et histoire, n’ayez pas d’inquiétude. J’ai trop de goût pour la liberté intellectuelle pour prétendre contraindre qui que ce soit. A bas les lois mémorielles!
    Sauf que, en matière patrimoniale, il existe, Dieu merci, une législation protectrice et des garanties juridiques destinées à empêcher les destructions irréparables et non justifiées par un intérêt public impérieux. A bon entendeur, salut!

  14. CLT dit :

    Euh, cher Bernard, j’en suis rose de confusion. Commme vous y allez!
    Très bonnes fêtes à vous!
    On se voit quand vous voulez pour parler de Péguy!!

  15. Fansolo dit :

    « mais quoi ! Faut-il que le passé fige l’avenir ? Faut-il que le carcan d’un urbanisme ancien empêche toute perspective nouvelle ?…  »

    Hé Hé ! Et c’est l’opposant 1er à la ligne A du Tram, avec des arguments inverses à l’époque, qui nous écrit ça !!

    Faudra vraiment qu’un jour vous me prêtiez vos vestes réversibles, Minijack, parce qu’elles ont du être conçues dans une matière exceptionnelle !

    Et si on faisait passer l’aérotrain rue des Carmes ? Les voitures pourraient se faufiler au dessous !

  16. minijack dit :

    @cher fansolo

    Ce n’est pas demain la veille que vous me verrez retourner ma veste (sauf évidemment si l’on voulait m’en tailler une qui ne serait pas à mon goût).

    Il n’y a aucune contradiction entre mon opposition à la première ligne de Tram et le propos que je tiens aujourd’hui, bien au contraire !

    J’étais résolument contre la Première ligne parce que je considérais que c’était un mode de transport d’autrefois qui avait démontré en son temps ses graves défauts, les mêmes que l’on retrouve évidemment aujourd’hui, à savoir son manque de flexibilité par rapport aux bus (ou par rapport aux fiacres si on veut rester dans l’époque).
    Je n’ai aucunement changé d’avis sur ce sujet.
    Mais Jean-Pierre Sueur a voulu forcer la main des orléanais. Ca lui a coûté deux élections, mais maintenant le Tram est là et il faut bien « faire avec »…
    Du coup, il aurait été incohérent de ne pas faire la seconde ligne sur le même mode. C’est donc à mon grand regret mais guidé par la raison que, contraint et forcé par le dictat de la première ligne, que j’approuve la construction de la seconde.

    Il n’en reste pas moins qu’Orléans n’était pas une ville configurée pour un Tram et qu’elle le reste !
    Je vous prédis que ces deux zébrures sur la carte de l’agglO ne résoudront jamais les vrais problèmes de transport. Seuls s’en serviront régulièrement les résidents à moins de trois cent mètres de part et d’autre des lignes.
    La simple logique géométrique veut que plus on s’éloigne du centre et moins ça concerne de gens. Et à contrario, plus on habite le centre et moins on en a besoin.

    C’est donc un moyen de transport débile dans son principe même, parce que précisément trop « figé » lui aussi, qui avait déjà existé à Orléans jusqu’au début du XXe siècle, et qui fut abandonné alors même que les banlieues et l’agglomération étaient beaucoup moins étendues qu’aujourd’hui en surface et en densité.
    On n’en a modernisé que la technologie, pas le principe. Or c’est précisément le principe qui ne correspondait plus au besoin d’autonomie des gens.

    Il faudrait pour que ce principe soit adopté en masse que le réseau soit beaucoup plus « maillé » et que non pas deux lignes existent mais trois ou quatre dont au moins une circulaire périphérique, comme le métro parisien. Imaginez le coût astronomique… sans même parler de la réalisation technique.

    Le réseau de bus qui préexistait était bien mieux distribué et était d’ailleurs l’un des plus performants de France. Qu’avait-on besoin de réintroduire un TCSP d’avant-guerre ? J’aimerais qu’un jour on en découvre les véritables raisons politiciennes ou autres.

    Maintenant il est là et il faut le payer ! Autant s’en servir au mieux…

    Et pour revenir à la rue des Carmes, puisque tout l’intérêt d’un tram est tout de même de permettre l’accès au centre-ville, on n’imagine pas qu’il ait pu passer ailleurs.
    Je n’imagine pas non plus –encore moins– qu’un transport que l’on veut en « SITE PROPRE » puisse être « partagé », serait-ce par lui-même dans le cadre d’une voie unique.

    La seule question à se poser est donc la suivante : veut-on que le Tram soit le SEUL moyen d’accès au centre-ville ? (hormis les bicyclettes)
    Ma réponse est clairement NON !

  17. Fansolo dit :

    Minijack : vous écrivez n’importe quoi ! Le tram du début du XX° siècle a été abandonné au profit du tout automobile.

    Aujourd’hui, crise et pollution obligent, on revient au tram et pas qu’à Orléans. On se déplace beaucoup à pied et on prend moins sa voiture : vous le premier !

    La ligne 1 est toujours bondée à tel point que certains la disent sous-dimensionnée !

    Vous dire favorable à la ligne 2 « contraint et forcé » par le diktat de Jean-Pierre Sueur relève au pire de la mauvaise foi, au pire du fouta.. de gu… !!

  18. Mike dit :

    Il y aurait de quoi faire tout un livret sur l’histoire d’Orléans. CLT à vous de jouer, si j’ai bien compris.
    Olivetain, j’apprécie le tram, même s’il passe un peu aux marges du centre que j’habite : la plus proche station est à 10 bonnes minutes à pied (avec de grandes jambes !) par des venelles, donc beaucoup plus de 300 m. Le fait qu’il soit en site propre lui permet une grande fiabilité, tant qu’un automobiliste étourdi ou maladroit ne lui crée pas d’accident : pour aller dans Orléans faire des courses ou au Museum ou chez des amis, ou à la gare, le tram est super. Il ne faut donc pas le penser à l’échelle du coeur historique d’Orléans, mais à celui de l’AgglO, ce que le changement politicien de 2001 a eu du mal à admettre. Ne voulait-il pas d’un « tram-pneu » brulant 100 litres de diesel aux 100 km ? Quel temps perdu et « time is money » ! Ils ont gagné du temps pour faire moins bien que le premier programme (de gauche) et voilà qu’ils veulent sabrer dans le coeur d’Orléans, alors que les « boulevards urbains » sont tout indiqués pour recevoir un tram dans les deux sens.
    Ce serait d’ailleurs cohérent avec la dépense trois fois répétée d’aménagements de la Gare d’Orléans en 25 ans. Ce serait un peu rattraper le gaspillage des deniers publics, pour la gloriole d’élus, qui n’ont même pas prévu de « toilettes » dans cette nouvelle gare courant-d’air.
    Cette deuxième ligne de vrai tram, il faut la penser aussi à l’échelle de l’AgglO et donc la prolonger à l’Est et à l’Ouest et la faire passer par des axes déjà modernes, tel le contournement du cantre d’Orléans par les mails.
    Il serait aussi utile d’interconnecter ces deux lignes pour pouvoir aller de La Chapelle à l’Hopital de la Source, d’Olivet aux théâtres ou à l’Hotel de région, sans changement.

  19. CLT dit :

    Cher Mike,

    Vous parlez d’or! Coucou à Olivet et biz pour « Nike »

  20. minijack dit :

    @fansolo

    J’ai l’avantage sur vous d’être un orléanais de vieille date et j’ai connu enfant les rails du tramway rue de Bourgogne.
    Il a effectivement été abandonné, mais pas au profit du « tout automobile » comme vous dites, pour la raison bien simple à comprendre que l’automobile à l’époque était encore très loin d’être l’instrument démocratisé d’aujourd’hui.
    Il a été abandonné parce qu’il ne correspondait plus aux exigences de déplacements en termes de drainage géographique de la population. Déjà plus à l’époque et encore moins aujourd’hui !

    L’après-guerre a vu se développer le vélo, vélosolex, les mobylettes et motos. C’est seulement des décennies plus tard qu’est arrivée l’automobile dans tous les foyers, à peu près en même temps que la télévision dans les années 60.
    On ne peut donc pas dire, comme vous l’affirmez un peu péremptoirement, que c’est l’automobile qui a ruiné le Tram… Il est mort de sa belle mort, parce qu’il avait fait son temps, c’est tout.

    Les gens ont soif de liberté et d’indépendance et tout transport « en commun » est une contrainte. On ne le prend que si on ne peut faire autrement et, comme le train, on le rentabilise sur de longues distances. Il peut tout à fait se justifier pour les habitants de Fleury qui veulent se rendre à la Source et réciproquement. Beaucoup moins pour les gens des faubourgs Bourgogne, Saint-Vincent ou Bannier qui voudraient venir aux Halles Chatelet ou au marché du quai du roi, ou au théâtre, etc…

    Il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités. La récente prise de conscience écologique n’explique pas à elle seule la fréquentation en hausse du Tram orléanais. Elle est encore bien trop peu ressentie comme une nécessité. En ce sens, cette hausse de fréquentation dont vous arguez comme une justification n’est pas un signe de bonne santé économique… Pour beaucoup, c’est juste un non-choix douloureux.

    Quant au fait que je vais à pieds, bien sûr, puisque j’habite l’intra-mail. Pourquoi m’encombrerais-je d’une voiture pour aller en ville si je n’ai que moi à transporter ?
    Mais le Tram ne passant pas devant chez moi il me faut faire plus d’un kilomètre pour aller le chercher rue Royale si je veux me rendre aux Aubrais ou à l’hôpital ou au Zénith… Résultat : 45mn de transport minimum !… alors que j’ai le pont Thinat à 100 mètres et la Source en voiture à moins de 10 minutes !

    Le temps, cher fansolo, vous ignorez peut-être son importance parce que vous êtes encore jeune (et de surcroît fonctionnaire ;c) mais c’est notre bien le plus précieux. Et si je devais faire un tel trajet tous les jours je ne sacrifierais jamais 1h30 de ma vie en transport quand je pourrais faire la même chose en 20 mn. A plus forte raison si je ne suis pas seul en cause.
    Je crois donc énormément aux vertus du co-voiturage, de porte à porte. Certainement pas à celle des Transports « en commun » soi-disant « structurants ».
    Ils ne font que structurer la vie des gens, en rigidifiant l’accès à la ville et, bien plus grave, l’activité elle-même. Un libéral ne peut pas être pour ce genre de « collectivisme ».

  21. CLT dit :

    Ben moi je prends les transports en commun pour aller à la Source. La ligne 20 précisément. Et je peux vous dire qu’elle marche très bien, mais qu’elle pourrait marcher encore mieux si la fréquence des rames était augmentée.
    Pour avoir également habité un quartier excentré, au bout de la rue Saint Marc, je suis d’accord avec vous pour dire que l’offre de transport en commun est insuffisante sur l’AgglO : c’est justement pour cela qu’il faut l’enrichir, la densifier et la dynamiser. Et une politique tarifaire ambitieuse pourrait également y contribuer efficacement.
    Mais pour cela, il faut avoir une vraie politique globale du transport en commun à l’échelle de toute l’agglO. Et je n’ai pas l’impression que ce soit le cas, quand je constate tous les dysfonctionnements actuels (pour ne prendre qu’un exemple : sur ma ligne 20, 3 pannes de moteur de bus en 1,5 mois. Je n’avais jamais vu cela avant. Comment ne pas imputer cela à des pbs de maintenance? Le budget est-il suffisant sur ce poste?).
    Regardez l’état de la liaison Tram-train à la gare : croyez vous vraiment que es transports en commun soient une priorité??

  22. Bernard Bonnejean dit :

    A propos de Fleury, j’apprends à l’instant ce que vous DEVEZ SAVOIR en vous rendant très vite à

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/12/18/la-prison-de-fleury-merogis-filmee-de-l-interieur_1132482_3224.html

    avant que la censure ne passe par là.

    Au nom de la loi, de la dignité humaine respectée par le vrai droit.

    FAITES PASSER L’INFORMATION : c’est votre devoir de juriste. Malheureusement, je n’ai pas le temps et bientôt il sera trop tard !

  23. jean du MoDem dit :

    « Hier, à la réunion publique du CRDP, j’ai posé la question de la valeur patrimoniale du secteur bâti promis à la démolition. On m’a répondu que je faisais de la politique. ».
    Faire de la politique est la première fonction de tout élu, même ordinaire d’opposition. Quel est le contre projet d’urbanisation de ce secteur proposé par l’opposition?
    J’ai entendu sur France-Inter que François Ier avait mis fin au moyen age en France en ramenant d’Italie après sa victoire de Marignan (1515) les bienfaits (arts) de la Renaissance. Attendez votre prochaine victoire pour modifier « la politique patrimoniale fut certainement l’un des points faibles des deux mandats de J.P. Sueur. »!

  24. Bernard Bonnejean dit :

    Bon, allez, je vois bien que vous avez besoin d’aide extérieure.

    Voulez-vous l’avis d’un spécialiste marseillais à qui on a demandé s’il était pour ou contre le tramway ? Voici la réponse de l’expert :

    arrivé le: 21/09/2006 10:18:14

    Je suis contre le tramway car il coûte beaucoup plus cher que les bus et ne suis pas du tout sur qu’il soit plus efficace même en site propre dont je doute que les automobilistes le respectent plus que les couloirs de bus, surtout compte tenu du laxisme permanent des autorités judiciaires au profit des délinquants (selon la notoriété publique des personnes privées, les autorités publiques, comme d’habitude, niant une réalité à laquelle ils ne se confrontent jamais !).

    [Vous pouvez respirer]

    Question : les traditionnelles manifestations piétonnes du samedi qui bloquent toute la canebière seront-elles interdites sur le réseau du tramway ?????

    [Fin de citation]

    CQFD : le tramway sert les intérêts de la pègre avec la complicité de la magistrature surtout en période de crise (manifestations piétonnes hebdomadaires !)

    Allons, gens d’Orléans, réveillez-vous, il en est temps encore !

  25. Miguel dit :

    L’opposition propose depuis toujours que le tramway passe en site propre.
    Pendant la campagne, la droite (modem compris) défendait un tramway au milieu des voitures. Elle fait marche arrière (c’est dire si elle avait réfléchi à la question !). Elle présente maintenant un projet d’alignement qui consiste à abattre des maisons du XVI°-XVII-XVIII° siècle pour que le tramway soit effectivement en site propre mais que l’on garde des voix de circulation pour les voitures.
    L’opposition propose un contre projet que la mairie refuse de présenter comme alternative aux citoyens ce qui montre son degré d’ouverture démocratique. Il consiste à rendre la rue des Carmes pietonnes, ne garder que les voix de tramway. Les habitants y semblent favorables mais grouard a dit que, même s’il était pour une piétonnisation, il ne la ferait pas. Pourquoi ? parce qu’il n’y aurait alors plus besoin d’aligner !

    L’opposition est aussi pour la rénovation des façades de la Rue des Carmes ainsi que celle du quartier qui descend jusqu’à la Loire avec pavés et mise en lumière comme ça a été fait rue de Bourgogne. La droite répond que le quartier est sans intérêt car bombardé pendant la guerre (on croit rêver).

    L’opposition propose aussi que sur la partie la plus étroite de la rue, le tramway circule par alternance sur une voix unique comme c’est le cas à Angers et Amsterdam afin de limiter les vibrations, le bruit et respecter le patrimoine ancien.

    Il y a donc bien 2 projets. Ce qui les différencie, c’est que la droite estime que le quartier est sans intérêt et n’est qu’une entrée de ville qui doit permettre d’aller se garer place du cheval rouge pour faire ses courses rue Royal alors que la gauche estime que le quartier fait partie de la ville, est une chance pour la ville et une richesse patrimoniale qu’il faut mettre en valeur au lieu de l’abandonner plus le raser.

    Donc, 2 projets : 1 proposé par la mairie, 1 proposé par l’opposition mais dont la mairie ne veut pas entendre parler.

    Voir aussi l’article de Baptiste Chapuis http://placedelarepublique.wordpress.com/2008/12/11/quel-avenir-pour-la-rue-des-carmes-3-un-projet-alternatif/

  26. Bernard Bonnejean dit :

    Tu as compris, Miguel, que c’était une galéjade du vieux port. On trouve les interventions de cet habitué des forums marseillais (je ne peux te dire ni qui il est cet habitué ni où le trouver, car je ne le connais pas). Il est irremplaçable dans son genre. Veux-tu un autre exemple de sa prose, toujours à propos de tramway et de ses conséquences néfastes et inattendues :

    « Ainsi, dans ma rue, autrefois à double sens, et donc « normale », les véhicules des poubelles ne circulent plus, nous obligeant à les déposer dans la plus grande rue voisine, ni les camionnettes et encore moins les petits camions des artisans du coin, ni même les taxis et tout cela à cause des véhicules en stationnement, dont de plus en plus de gros 4X4, qui ventousent des journées, des semaines et même des mois d’affilés, en toute impunité, des places sur les passages protégés, les virages et les trottoirs parce que s’ils s’en vont, « ils ne retrouveront plus de places » !!!!
    Les privilégiés ont réussi à faire installer par la municipalité des poteaux, soit devant leur porte d’entrée ( et de sortie !) pour pouvoir sortir, soit devant leur garage, soit sur les passages piétons, mais ce sont, nouvelle tendance oblige, les 2 roues, dont de grosses motos, qui s’en servent pour s’y accrocher sur les trottoirs bien évidemment !
    A noter que, par contre, face aux « tolérances » policières, si on se permet de contrarier, ne serait-ce que par la parole, ces délinquants, les policiers judiciaires se précipitent pour donner suite à leurs plaintes en allant jusqu’à convoquer dans leur commissariat des gens qui ne peuvent pas sortit de chez eux, et pour cause, ou menotter des blessés, malades ou handicapés qui ne s’y rendent pas pour les y contraindre sans que par ailleurs aucune suite judiciaire ne soit finalement réalisée !
    La voirie publique de circulation, y compris piétonnière, est maintenant réservée dans mon quartier à 80%, non plus à la circulation, pour laquelle elle a été créée, mais au stationnement de véhicules qui ne servent strictement à rien…d’autres que de montrer que leurs possesseurs sont plus burnés ou plus riches que les autres ! »

    Fin de citation ! Alors, tu vois, Miguel, tout est relatif. On n’a pas à se plaindre dans nos pays nordiques, même vous sous la coupe d’une municipalité de droite, quand on imagine la dictature imposée par Gaudin : depuis le tramway, on incarcère à Marseille les blessés, malades et handicapés, menotés comme des brigands, pour avoir résisté « par la parole » aux « policiers judiciaires ». Jusqu’où ira donc le pouvoir sarkozyste !?

    Plus sérieusement,

    Dis à Corinne qu’elle devrait écrire le plus rapidement possible à

    Yves LESCROART
    Conservateur général du patrimoine

    › MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION › INSPECTION GÉNÉRALE DES MONUMENTS HISTORIQUES. Préférer le ministère à la préfecture.

    Elle sait bien qu’elle peut articuler tout son argumentaire en référence à la Loi du 7 janvier 1983 relative aux zones de protection du patrimoine architectural et urbain.
    On a parfois des surprises dans les ministères (ni les ministres ni les copains des ministres ne sont tout-puissants, car il est parfois, au sein même de leur administration, des gens plus influents qu’eux).

    Une fois quatre ou cinq maisons classées, ils ne pourront plus faire n’importe quoi !

    Pardon aux Orléanais si je leur donne l’impression d’être un « mêle-brin ». Mais en tant que spécialiste des poètes du XIXe début XXe siècle, donc de Péguy, je crois aussi avoir mon mot à dire, même si on ne m’y invite pas. Na ! comme disait la petite Circé à son papa.

  27. Miguel dit :

    Hélas, Bernard, je n’ai aucune influence sur Corinne; Comme toutes les femmes modernes, elle n’en fait qu’à sa tête ! Puisse-t-elle lire elle-même ton commentaire…

  28. Bernard Bonnejean dit :

    Je l’aurais parié !

    Quel abruti je fais, Corinne ! Moi qui me targue d’un féminisme tout à fait sincère au demeurant, je me conduis comme un véritable goujat.

    Mon intention n’a jamais été, vous le pensez bien, de vous remettre sous tutelle. Je voulais seulement répondre à Miguel et à vous en une seule fois.

    Vraiment pas une bonne idée !!!

    Me pardonnez-vous ?

  29. Bernard Bonnejean dit :

    Bernard Bonnejean

    vous invite à l’inauguration de son blog inutile
    au jour et à l’heure de votre choix.

    Tenue correcte exigée.
    La tenue de soirée n’est pas obligatoire.

    Il n’y sera servi ni boisson ni petits fours.

    Se présenter muni de ce carton d’invitation à
    http://etsiloncausait.hautetfort.com/

  30. CLT dit :

    Chic, un nouveau blog!
    Bien sur, Bernard, vous êtes tout pardonné. D’ailleurs, je n’écoute jamais ce que dit Miguel, alors…

  31. @ Minijack:
    J’aimerai vraiment que la « déconstruction-reconstruction des façades » disparaisse de l’argumentaire d’Olivier Carré et de ses amis. regardez le projet et vous verrez qu’il s’agit de détruire ces immeubles en conservant quelques éléments remarquables qui seront coulés dans le béton, rien de plus !

  32. aa dit :

    Bonjour,
    Je voulais signaler par ce message ma profonde hostilité au fait de vouloir raser des maisons historiques, même si pas forcément exceptionnelles, soit disant pour faire passer le tram rue des Carmes. En fait, le tram peut bien passer sans raser ces maisons et le centre-ville d’Orléans a déjà assez souffert pendant les guerres pour qu’on ne vienne pas faire l’irréversible en temps de paix. S’il y a quelque chose à détruire rue des Carmes ce sont les immeubles de la reconstruction pour recréer une rue chaleureuse à l’instar de ce qui a été faite côté Bourgogne.

  33. minijack dit :

    Allons bon ! voilà que « aa » veut démolir la Poste et la Sécu !…

    @Jean Philippe Grand
    J’ai bien compris que vos désirs n’allaient pas dans le sens du projet municipal. Le contraire m’aurait étonné.

    Quant au projet que vous considérez comme « du bétonnage », je n’ai malheureusement pas encore pu le voir en détails. Je ne saurai donc le critiquer ou le glorifier. Je dis simplement que reculer ces façades ne me parait pas une proposition insoutenable. Evidemment il faut que ce soit bien fait, mais pour ça je fais confiance à l’actuelle majorité. Elle a prouvé avec le Centre Ancien qu’on pouvait faire de belles choses.

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