Orléans, ville durable?

Pour faire (un tout petit peu) contrepoids au publireportage de la République du Centre d’aujourd’hui, qui ne met guère les choses en perspective, et prend pour argent comptant les propos lénifiants échangés sur Orléans durable, voici le communiqué rédigé par le groupe d’opposition municipale socialistes, verts et apparentés. Ce texte n’a guère été repris par la presse jusqu’à présent (en dehors d’une brève citation dans Libéorleans). 

« Orléans accueille aujourd’hui Jean Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, pour une série de rencontres et d’interventions sur le thème de la « ville durable ». Selon le Ministère, la ville durable de demain est « fondée sur la qualité de vie, la proximité et l’efficacité énergétique » et passe par le développement d’une offre de transports urbains écologiques, la réalisation d’éco-quartiers et, plus largement, par une démarche globale à l’échelle des villes.

L’opposition municipale se réjouit de cette déclaration d’intentions et se félicite de voir qu’à l’occasion de cette visite ministérielle, des coups de projecteur seront donnés sur la seconde ligne de tram, ainsi que sur les deux quartiers de l’Argonne et de La Source.

Le groupe socialistes, verts et apparentés s’inquiète toutefois du grand écart qui, pour le Grenelle de l’environnement comme pour Orléans, sépare trop souvent les paroles des actes. Il rappelle d’abord qu’après s’être longtemps opposés à la première ligne de tram quand ils étaient dans l’opposition, les membres de l’actuelle majorité municipale, une fois parvenus aux affaires, ont pris un retard considérable pour la réalisation de la seconde ligne, que les Orléanais attendent depuis maintenant 7 ans. L’équipe en place a ainsi multiplié les couteuses et longues études préliminaires, écarté la solution du site propre sur la totalité du parcours et, récemment, maximisé les difficultés de mise en œuvre de la seconde ligne en lui adjoignant le très contestable projet de réfection de la rue des Carmes. Il remarque ensuite l’absence de concertation dans le cadre de la convention ANRU à l’Argonne ainsi que pour la mise en place de la charte d’insertion.

Le groupe socialistes, verts et apparentés souligne également qu’Orléans est une ville où le tri sélectif n’est pas généralisé, où les commerçants du centre ne bénéficient pas du ramassage du verre et du carton, et où l’on fait faire 80 km aux déchets triés pour les recycler !

Quant au vélo, si l’opération Vélo + était souhaitable et nécessaire, sa mise en application concrète est loin de satisfaire aux critères d’une ville durable tels qu’ils sont énoncés par le ministère de M. Borloo. Le groupe socialistes, verts et apparentés dénonce en particulier un déficit criant de pistes cyclables, des stations qui suivent les arrêts du tram et surtout « l’oubli » de quartiers entiers de la ville, dont ceux qui sont précisément visités par le ministre : l’Argonne, les Blossières et la Source. Où est, dans cette stigmatisation de certains espaces urbains, « la démarche globale sur la ville durable » ? Où se situe la « politique de proximité » lorsque l’essentiel de l’animation culturelle est concentré en centre ville ? En quoi y-a-t-il développement durable lorsque les habitants de l’Argonne, par exemple, doivent prendre leur véhicule pour rencontrer les permanences des services sociaux à Coligny ? Quelle est la valeur ajoutée écologique d’une concentration massive des moyens et des investissements dans l’hyper centre ?

A l’heure des urgences globalisées, du réchauffement climatique et du renchérissement du prix des énergies fossiles, il n’est plus possible de se contenter de généreuses pétitions de principe ni d’opérations de cosmétique écologique. Ce ne sont pas de paroles dont nos concitoyens ont besoin, mais d’actes concrets à l’échelle de toute la ville. Or, à Orléans, c’est avant tout la communication municipale qui est durable. »

 

Mise à jour: La République du Centre de ce jour, 5 novembre 2008, revient sur la visite de J-L. Borloo, qu’elle met cette fois en perspective avec le sentiment de frustration des habitants de l’Argonne, qui se sentent complètement délaissés, et les nouveaux délais annoncés lundi pour la réalisation du tramway (pas avant 2013). A cette occasion, le journal fait état des prises de position du groupe Socialistes, verts et apparentés sur ces questions. Dont acte!

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8 réponses à Orléans, ville durable?

  1. Jean du MoDem dit :

    Relisant mes archives, « Orléans gagnant pour tous N°1 de décembre 2007, la parole aux orléanais », Hassan KERIM concluait: « Il est plus que temps, au niveau de la politique de la ville, que des élus sortent de l' »incantation ». Plus d’action, moins de belles paroles ».

    Il est encore temps aux élus ordinaires d’opposition de pratiquer les recommandations de Hassan Kerim.

  2. CLT dit :

    Cher Jean du MoDem,c’est bien à cela que s’emploient les élus ordinaires de l’opposition (qui représentent, rappelons le, le meilleur rapport qualité prix de tout le conseil municipal), en travaillant, du mieux qu’ils peuvent, et avec les moyens qui sont les leurs (dans l’opposition, donc…) à défendre les intérêts de leurs concitoyens et à œuvrer au bien commun. Comme je l’ai écrit dans un billet il y a quelque temps, l’opposition fait des choses et sert à quelque chose.
    Il n’en est que plus irritant de voir la majorité se vanter de réalisations qui n’ont pas encore vu le jour et dont elle a contribué (et contribue toujours), par son manque d’énergie, à retarder la mise en œuvre. Le tram, pas avant 2013. La rue des Carmes, on ne sait pas. Vélo plus dans les quartiers, peut être jamais. Le tri sélectif, partout, pas à l’ordre du jour, etc, etc.
    Effectivement, Orléans et le Grenelle de l’environnement, même combat. Comme dirait le vieux Shakespeare, c’est « beaucoup de bruit pour rien ».

  3. Fansolo dit :

    Et dire que le 28 septembre 2008, j’écrivais de manière bassement lâche et anonyme, comme chacun sait :

    « Nous trouvons injuste que Serge Grouard, si gentil et si compétent dans le développement durable, n’ait pas été plus associé aux Grenelles de l’Environnement tant ses travaux nombreux et immenses permettent d’inscrire la Ville d’orléans dans le développement durable pour une durée illimitée.

    Il faut que Serge Grouard reste durablement notre maire du développement durable. »

    et que ça m’a valu une condamnation en première instance…
    Ben si j’aurai su, j’aurai dit du mal de tout ça…

  4. Jean du MoDem dit :

    « les élus ordinaires de l’opposition (qui représentent, rappelons le, le meilleur rapport qualité prix de tout le conseil municipal) ». Je n’en suis pas si sûr quand je lis votre conclusion: « Comme dirait le vieux Shakespeare, c’est “beaucoup de bruit pour rien”.

    « C’est beaucoup de bruit pour rien » est le titre d’une comédie de William Shakespeare. Les conseillers et conseillères municipales ordinaires d’opposition jouent-ils la comédie?

  5. CLT dit :

    Le principe d’un commentaire, c’est qu’il faut lire AUSSI ce qui est écrit entre le début du commentaire et sa conclusion. Je persiste donc et je signe, tout en vous invitant à relire mon commentaire plus sérieusement que vous ne semblez l’avoir fait : l’action municipale en matière de « ville durable », tout comme le Grenelle de l’environnement = much ado about nothing, comme on disait à la cour d’Elizabeth 1st.

  6. Jean du MoDem dit :

    Oh madame, je vous trouve excessive.
    Dire qu’à la cour d’Élisabeth 1 re ,par exemple, l’exécution de la reine d’Écosse Marie Stuart et de nombreux catholiques « c’est beaucoup de bruit pour rien ».

    Est-ce dans cet esprit les futures actions des élus ordinaires et d’opposition de la municipalité d’Orléans?

  7. Esther dit :

    C’était quoi, déjà, le sujet ? Orléans et le développement durable ? Enfin, si mes souvenirs sont bons… Poser des questions donne l’impression que l’on réfléchit, je ne suis pas certaine que toutes les questions fassent avancer. Elles font plutôt oublier les choses qui dérangent, notamment ces affirmations peut-être trop claires qui ont, il me semble, le mérite de faire un constat : « on cause beaucoup mais on n’agit pas ». Je n’ai pas encore vu le rapport entre Vélo+ et Marie Stuart mais je vais me taire, on pourrait dire que je fais, à mon tour, du bruit pour rien ;-)

  8. Ping : Un parking gratuit devient payant

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