Considérations inactuelles sur la démocratie municipale à Orléans

Après quelques jours frénétiques consacrés à l’écriture d’un article sur les serments collectifs sous le règne de Charles VI et une petite semaine délicieuse passée à Madrid pour un colloque sur « Le contrat politique dans l’Occident médiéval », me voici replongée dans les délices et les poisons du microcosme municipal orléanais, c’est-à-dire, finalement, peut être pas si loin que cela des psychodrames politiques médiévaux.

Avant toute chose, j’aimerais revenir sur la mémorable séance du conseil municipal qui s’est tenue le 4 avril dernier. Mémorable, elle le fut notamment pour ceux qui, novices en politique, s’étaient laissé abuser par la fallacieuse appellation de « conseil » traditionnellement attribuée à cette vénérable assemblée. Or de conseil, la réunion du 4 avril 2008 n’eut guère que le nom. D’abord, l’économie générale de la séance, c’est-à-dire l’organisation des « débats », leur verrouillage préalable, puis la gestion des prises de parole par un président d’assemblée (le maire) qui met son point d’honneur à avoir le dernier mot, tout cela rend totalement illusoire l’idée même d’un travail participatif mené en commun. Le « conseil » en réalité ne conseille pas, et, à la vérité, ne délibère guère. Il est là pour entériner des décisions déjà prises, c’est-à-dire pour leur donner une forme juridique qui les rendent applicables (et par voie de conséquence attaquables en justice). Mais ce n’est pas le lieu d’une action politique effective. Tout au plus constitue-il le cadre d’une expression politique biaisée par la disparité de situations des différents protagonistes (majorité/opposition).

L’idée de conseil suggère également une forme de courtoisie des échanges et, sinon une égalité entre intervenants (certains ont reçu des délégations exécutives, d’autres pas), du moins sur la conviction fondamentale que ce les uns et les autre ont à dire mérite qu’on y prête attention. Or, qu’avons-nous vu et entendu ? Le maire, que ses fonctions devraient inciter à prendre de la hauteur pour remplir le rôle exigeant d’arbitre attentif, s’est livré sans retenue à un comportement fébrile, hautain et agressif, d’ailleurs repris par l’un de ses adjoints. Au lieu d’une réponse posée à des interrogations légitimes, les membres de l’opposition, et le bon peuple venu assister au conseil, ont eu droit à des remontrances (« vous êtes inorganisés »), à des réprimandes (« vos prédécesseurs se sont mal conduits ; vous serez punis ») et à des emportements, colorés d’autoritarisme (« si vous ne filez pas doux, je vous punis encore plus »). Il ne s’agit donc pas là de se prononcer sur le fond de l’argumentation (le maire prend les décisions politiques qu’il croit bon, et de ce point de vue, sa décision d’abaisser la représentation de l’opposition municipale à l’agglO n’a même pas à être motivée). Mais bien sur les formes de l’échange ; or ces formes sont absolument décisives en matière de conseil. Car si l’échange n’est pas régulé, le conseil n’est plus possible.

Surtout, ce qui m’a chagrinée et pour tout dire irritée, ce n’est pas d’être qualifiée d’incompétente (via le groupe de l’opposition) et d’agitée potentielle (puisque c’est sur ces griefs, que la représentation de l’opposition à l’agglo est réduite de moitié). J’assume volontiers et cette situation provisoire d’inexpérience, et ce vice présumé d’agitation. Ce qui m’a grandement irritée (au point d’ouvrir un blog !!), c’est que l’opposition, parce qu’elle est minoritaire, se voit dénier tout caractère de représentation (« vous n’êtes pas habilités à parler au nom des Orléanais car vous avez été réduits à la minorité »). Ah bon. Mais alors, à quel titre siégeons nous au conseil municipal ? Pourquoi nous a-t-on remis un pin’s bleu blanc rouge et une superbe écharpe aux couleurs de la ville ? Pourquoi recevons nous l’ordre du jour des conseils et pourquoi siégerons nous dans les commissions municipales ? N’est-ce pas comme représentants des Orléanais ? Par qui le maire lui-même est-il élu ? Par le conseil municipal, non ? Cela ne signifie-t-il pas que si une instance est habilitée à représenter les Orléanais, c’est bien le conseil municipal dans sa diversité et, par voie de conséquence, les membres qui le composent. Quand je pense que c’est un parlementaire de notre République une et indivisible qui ose soutenir le contraire, j’en suis juridiquement toute froissée. En matière de représentation, la logique arithmétique n’est pas de mise, sauf à soutenir que le maire d’Orléans ne représente « que » 51,4% des Orléanais et que les 48,6% restants ne sont pas représentés, ce qui serait à la fois absurde et inique. M. Grouard représente ainsi même des gens qui n’ont pas voté pour lui. L’arithmétique est au service de l’action politique, en ce sens qu’elle sert à dégager une majorité ; elle n’a pas pour vocation de saucissonner la représentation, soyons sérieux 5 minutes, que diable !

Et c’est là que j’en arrive à mon second point, celui qui justifie le titre de cette modeste chronique. En effet, lors du colloque madrilène auquel je faisais allusion tout à l’heure, plusieurs des participants ont soutenu le paradoxe d’une sorte de pratique « hors sol » de la constitution. Pour le dire autrement, selon eux, une forme de proto constitutionnalisme médiéval se serait développé (vers les années 1350-1460), autour de l’idée de contrat de gouvernement (je fais vite), avant même toute rédaction d’un texte constitutionnel (par parenthèses, les britanniques fonctionnent très bien sans constitution écrite, ce qui ne les empêche pas d’avoir un vrai droit constitutionnel). Cela revient également à prendre au sérieux la notion de coutume et les effets juridiques énergiques qu’elle induit. En clair : une pratique coutumière constitutionnelle peut finir par faire naître un contexte constitutionnel, voire une obligation de nature constitutionnelle débouchant (ou non) sur la rédaction d’un texte ou la formalisation de procédures juridiquement sanctionnées.

A ce moment de ma démonstration j’en reviens à mon exemple orléanais qui, à certains égards, évoque un peu un processus inverse, de détricotage institutionnel. De même qu’à la fin du Moyen Age l’application politique de l’idée contractuelle a fait émerger une conscience et une pratique constitutionnelles, de même aujourd’hui, le déficit constant de pratiques démocratiques amoindrit la conscience et le cadre démocratiques. La gestion autoritaire d’une assemblée, la volonté systématique de décrédibiliser la parole des opposants (incompétents et illégitimes par nature), les sarcasmes et l’agressivité aboutissent nécessairement à rétrécir l’espace démocratique, au point de le réduire au strict minimum prévu par la loi (merci le CGCT). Sont-ce là les conditions d’un dialogue serein ? L’opposition n’étant juridiquement pas en position d’agir et de décider, que peut-elle faire en conseil à part proposer et discuter ? En matière démocratique, je suis nominaliste, c’est-à-dire que j’estime que le mot n’est qu’une pure convention linguistique et qu’il ne prend son sens que relié à une chose, une réalité tangible. C’est pourquoi il me semble qu’il serait bon que le conseil municipal d’Orléans ne constitue pas qu’une pure forme démocratique, un signifiant isolé et vide de sens ; mais que par delà les signes de la démocratie qu’il exhibe (la configuration matérielle de l’assemblée, avec sa forme circulaire et ses micros, le vote, la présence d’un public, etc.) il s’y mette en œuvre également un sens et une pratique démocratiques.

Il en va de la responsabilité de tous les élus. De ceux de l’opposition bien sûr, mais surtout de ceux de la majorité, non parce qu’ils sont plus nombreux mais parce qu’étant au pouvoir, c’est à eux qu’incombe au premier chef la régulation de la vie démocratique.

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20 réponses à Considérations inactuelles sur la démocratie municipale à Orléans

  1. Tryphon dit :

    Quelque chose me dit que des compteurs technomachin, voire des assistants dévoués vous informent du nombre de visiteurs sur votre blog ; ils ne peuvent toutefois témoigner de l’intêret de vos lecteurs.

    Permettez moi de modestement vous encourager à conserver cette hauteur de vue, sûr qu’elle sera, à terme, efficace.

  2. CLT dit :

    J’en suis rose de confusion!

  3. minijack dit :

    Chère madame CLT

    Je ne puis que souhaiter avec vous que le climat s’adoucisse, et je trouve que vous avez énormément de mérite de rédiger en termes si choisis vos préoccupations démocratiques et municipales.

    Que vous soyez quelque peu « froissée » juridiquement n’est sans doute pas sans lien avec le fait que vous ayez été peut-être trop « amidonnée » lors du repassage préparatoire à cette campagne, ce qui vous aura rendue trop rigide. Une certaine « souplesse » est sans doute nécessaire pour éviter ce froissement à l’avenir. Je ne doute pas qu’elle vous vienne avec le temps et l’usage.

    Concernant les usages précisément, du temps des échevins auquel vous vous référez, vous paraissez ignorer qu’à l’époque les Conseils étaient beaucoup moins longs car le nombre de sujets dont s’occupait la collectivité était très largement moindre que celui dont elle s’occupe de nos jours. On pouvait donc passer davantage de temps sur chacun d’eux.
    Cette accumulation de dossiers est l’effet regrettable de la collectivisation tous azimuts dont vos ancêtres Jacobins et leurs successeurs socialistes sont les auteurs. Aujourd’hui, une inflation de lois et décrets régente la vie sociale,et on ne peut plus entreprendre quoi que ce soit sans l’intervention ou la subvention d’une collectivité locale. D’où des dossiers, des dossiers et encore des dossiers à n’en plus finir…

    Malheureusement, tout comme au XIVe siècle, une journée n’a toujours que 24 heures. Il faut donc traiter le maximum de choses dans un temps de plus en plus contraint, faute de quoi ces Conseils dureraient des jours et des jours.
    Alors, oui, beaucoup de dossiers sont traités en amont, en « commissions », et le Conseil ne sert souvent qu’à les avaliser, laissant fort peu -trop peu sans doute- de place à leur « discussion » publique.
    J’aimerais moi aussi parfois qu’on s’étende un peu plus sur certains sujets, surtout lorsque de « vraies propositions » émergent, qu’elles émanent de l’opposition ou de la société civile. Sauf exceptions extraordinaires, le Conseil Municipal n’est malheureusement plus le lieu d’en discuter pour les raisons que je viens de vous donner.
    C’est pourquoi, soucieux de préserver des espaces citoyens de discussions et de propositions, malgré le stress et le « toujours plus et plus vite » de nos sociétés modernes, j’ai moi-même créé gazettedorleans.fr dans le but de donner la parole aux citoyens, et je peux vous assurer que la gazette est très suivie en Mairie.
    A titre de Conseillère Municipale, vous avez pourtant sur moi un énorme avantage : c’est l’accès aux projets en amont des « Commissions » ou au moins à leur niveau.
    Je vous encourage donc à continuer d’alimenter votre blog et à conserver le ton mesuré de vos billets, mais si au lieu de polémiquer sur la forme (même si c’est avec quelque raison), vous abordiez des sujets sur le fond ?… Ne serait-ce pas vraiment plus constructif ?

  4. Fansolo dit :

    D’accord avec Tryphon sur cette méritoire hauteur de vue, par ailleurs fort agréable à lire.
    Bravo CLT et continuez : j’adore !
    Ce que je retiens et vais tenter de résumer abruptement (corrigez si je me trompe), c’est que 48,6%, ça ne doit pas se balayer d’un revers de main au moins dans la forme.

    Que la phrase restée célèbre de Laignel (« vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires ») tienne encore le coup sur le fond, on en convient tous… Mais sur la forme : respectons a minima le droit à la parole, à l’expression démocratique citoyenne !

    Quand je lis par ailleurs en substance que « l’agacement », pour ne pas dire plus, et donc le fait de restreindre la parole de l’opposition (et sa représentativité) se justifieraient par le fait qu’il y a plein de délib’ à faire passer et que les journées n’ont que 24 heures, je rigole doucement : c’est une chose d’argumenter en ce sens en séance (ce qui, sur la forme aurait été acceptable), c’en est une autre de dire « vous n’êtes pas habilités à parler au nom des Orléanais car vous avez été réduits à la minorité », comme l’a fort bien démontré CLT.

  5. BCT dit :

    « minijack » en matière de « fond » et d’expression constructive je crois que CLT a touché le fond du problème. C’est bien la « Démocratie » locale qui est malmenée.
    Les :
    – « vous n’êtes pas habilités à parler au nom des Orléanais car vous avez été réduits à la minorité »,
    – « vous êtes inorganisés »,
    – « vos prédécesseurs se sont mal conduits ; vous serez punis »,
    – « si vous ne filez pas doux, je vous punis encore plus »,
    sont inutiles et la dérive démocratique dans ce conseil est à dénoncer.
    Je pense que cette majorité peut très bien se comporter autrement.
    Bravo pour cet article.

  6. CLT dit :

    @Minijack,

    J’ai écrit un long article, mais je vois qu’il n’est pas assez clair.

    D’abord, je tiens à dire que mon petit aparté sur l’histoire n’est pas l’expression d’une nostalgie pour le vieux temps. Il entendait juste souligner que ce que la pratique coutumière peut faire(favoriser l’émergence d’un état de droit constitutionnel), la pratique coutumière peut le défaire, en vidant de leur substance les dispositions juridiques sensées organiser la tenue d’un débat dans une enceinte démocratique. Ou si vous préférer : la démocratie n’est pas qu’une question de normes, c’est surtout une question de mise en oeuvre.

    Par ailleurs, si je suis froissée juridiquement, ce n’est pas dans mon esprit de parti, mais dans mon sens démocratique, qui n’a rien à voir avec les aléas d’une campagne électorale qui m’aurait « amidonnée ». Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est comment un parlementaire, élu de la nation, peut balayer d’un revers de manche le caractère représentatif des membres de l’opposition à son conseil? C’est tout simplement inouï et je m’inquiète que vous sembliez trouver cela normal.
    Quant au reste, je ne conteste nullement la nécessité de « faire vite ». Mais les premiers conseils n’avaient qu’un ordre du jour des plus restreints. En outre, pour la suite, rien n’interdit au maire d’écouter ce qu’on lui dit. Cela ne lui fera pas perdre du temps. Bien au contraire.
    Le travail de la discussion est souvent très utile, ne serait-ce que parce qu’il permet de désamorcer des tensions. Or le lieu naturel de cette discussion doit rester le conseil municipal, et non un blog, aussi intéressant soit-il. Mais pour cela, il faut que les conditions minima pour un échange soient réunies.

    Enfin, je tiens à vous rassurer, dans environ 90% des sujets, l’opposition vote dans le sens de ce qui est proposé en conseil. La perte de temps est donc « quantitativement » (puisque c’est le critère déterminant) négligeable.

  7. jean du MoDem dit :

    Quelle est la fonction et surtout le travail d’un conseiller de base entre 2 réunions du conseil ?
    Je n’ai pas trouvé sur votre blog un article concernant les propositions, travaux et surtout résultats (amendements seulement) de l’opposition entre ces 2 séances du conseil .

  8. CLT dit :

    Très bonne remarque. En fait, j’aimerais bien travailler pour la ville et tous mes collègues de l’opposition municipale sont dans le même état d’esprit. Mais pour l’instant, nous ne disposons toujours pas des moyens matériels (accès à l’info, entrée dans les commissions, tenue de permanences) qui nous permettraient d’influer, de quelque manière que ce soit, sur les décisions votées en conseil.
    D’où la survalorisation des conseils municipaux. Pour l’instant.

  9. Miguel dit :

    @Jean du Modem et minijack: vous êtes mignons. Vous dites l’opposition ne propose rien. Vous n’avez rien de plus original à dire ?

    Que vous souteniez Grouard est une chose, mais que vous sortiez systématiquement les grosses ficelles, c’est un peu décevant.

    Je voulais rebondir sur ce que dit minijack pour justifier le fait qu’aucun débat ne puisse avoir lieu au conseil municipal.

    D’une part, je pense qu’on doit pouvoir trouver des modes de fonctionnements plus efficaces : faut-il voter une à une les subventions à tel colloque ou telle asso ? J’ai vu des votes sur des montants de 100 € juste avant des votes de 100 000 €. Quel sens cela peut-il avoir ?

    D’autre part, dire que le travail se fait en comission et que donc le débat en conseil est inutile est assez ahurissant : le conseil est le seul lieu où les débats sont publics et donc où l’opposition peut faire valoir sa différence. Interdire les débats en conseil me semble pour le coup franchement anti-démocratique !

    Si le conseil ne sert qu’à enterriner les décisions du maire, pourquoi tenir conseil ? Pourquoi en public ? Pourquoi inviter la presse ? Autant supprimer cette instance et demander au maire de trancher seul dans son bureau !

  10. jean du MoDem dit :

    Je n’ai jamais dit que l’opposition ne propose rien.
    La conseillère a bien répondu à mon commentaire.
    Attention aux réactions trop vives. C’est un sérieux problème la participation à l’élaboration des projets de tout conseiller. La réforme de Gaston Defferre (PS) a « oublié » cet aspect dans le CGCT (code général des collectivités territoriales). J’ai suivi durant 6 ans les réunions d’information faites par un conseiller d’opposition avant séance du conseil (pas à Orléans). Nous savons que son rôle d’élaboration est minime,minime pour être correct.

  11. Moonbloggeur dit :

    @ CLT : Très bon article, très instructif, et malheureusement très révélateur du comportement de certains élus … Vivement que l’on filme les débats du conseil municipal pour que la totalité des orléanais (et d’ailleurs) se rende comment la démocratie est (mal)menée par la droite orléanaise.

  12. Moonbloggeur dit :

    « se rende-compte », bien-sûr

  13. espritlibre dit :

    Je ne vais pas m’associer aux louanges de mes prédécesseurs de peur de vous voir virer au rouge. Quoi que, si cela peut vous éviter le défilé des Fêtes de Jeanne d’Arc…

    Mais je trouve votre article très original sur la perspective historique (on peut écrire ça ?) et sur le coté « Corinne inside ». J’ai l’impression que je vais un peu mieux comprendre le fonctionnement de cette mairie, tout en gardant à l’esprit que c’est par le bout de votre lorgnette.

    Sur le fond, je pense aussi que la durée d’un conseil ne doit sans doute pas suffire pour de réelles discussions. Mais n’y a-t-il qu’à Orléans que le conseil municipal sert de chambre d’enregistrement ?
    Si je suis la logique de Minijack, il doit rester encore bien moins de place au débat dans de plus grandes villes comme…Paris ?
    Est-ce véritablement une dérive orléanaise ?

    La présence du public et de la presse exacerbe sans doute les débats probablement plus calmes, constructifs et respectueux en commissions.

    Je ne sais pas.
    Y-a-t-il des alternatives ?
    Des journalistes en commission ?
    Des débats ouverts sur chaque sujet, soit par internet, soit dans des lieux publics (lourd)?

    Une élue bloggeuse qui nous raconte son travail de commission ?

    Rien à voir bien entendu avec la possibilité de blogguer dans des lieux originaux, comme cela a été proposé par la personne qui est au bout de votre rouleau.
    Bien à vous.

  14. minijack dit :

    @BCT
    Vous énoncez des sentences qui n’ont pas nécessairement lieu de l’être :

    – « vous n’êtes pas habilités à parler au nom des Orléanais car vous avez été réduits à la minorité »
    Voilà effectivement une phrase maladroite. Mais faut-il la comprendre tel que vous l’interprétez ? Je ne crois pas que Serge Grouard ait voulu dire « Taisez-vous, vous n’avez pas droit au chapitre ! » ou « Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaires » ainsi que l’avait dit à l’Assemblée un certain M Laignel (un socialiste si ma mémoire est bonne !)
    Je crois tout simplement que SG a voulu dire qu’effectivement la liste élue était la sienne, et donc que la responsabilité de la conduite des affaires publiques était la sienne également, que les élus de l’Opposition n’avaient pas à interférer dans les décisions prises par sa Majorité.
    Dit comme cela, ça n’a rien d’anormal ni de choquant ! Tant pis si vous l’avez mal pris.
    Il reste que la liste élue et le Maire qui en sort deviennent « de facto » les responsables municipaux pour TOUS les orléanais, y compris de ceux qui n’ont pas voté pour eux.
    De ce fait, le rôle de l’Opposition est réduit à peu de chose sinon à une force de proposition d’amendements.
    C’est ainsi que fonctionne la Démocratie Locale depuis la dernière réforme électorale portant sur le mode d’élection par listes. Je ne dis pas qu’elle est intangible et qu’il ne faudrait pas ma modifier, mais pour l’instant c’est comme ça.

    – « vous êtes inorganisés »,
    N’était-ce pas un peu vrai ? Mais vous n’êtes pas obligés de le rester. Cela dit, ce n’est pas son problème et il a eu tort d’y faire allusion.

    Quant aux deux dernières phrases citées :
    – « vos prédécesseurs se sont mal conduits ; vous serez punis »,
    et :
    – « si vous ne filez pas doux, je vous punis encore plus »,
    Je vous défie de les trouver ces formulations exactes dans le compte-rendu officiel du Conseil, ou même dans aucun reportage filmé qui aurait pu en être fait.
    C’est peut-être comme ça que vous avez « ressenti » la chose, et je peux comprendre que l’Opposition s’en soit sentie humiliée, mais c’est une interprétation de votre part.
    Je considère comme IMPOSSIBLE que Serge Grouard ait pu dire de telles choses. La procédure comporte suffisamment de possibilités de « rappels à l’ordre » pour qu’il n’ait pas besoin de formuler de telles sentences dans ces formes. Et, d’accord ou pas avec ses idées, vous devez au minimum lui reconnaître une certaine habileté rhétorique. Il n’a donc PAS PU dire ça de cette manière !

    @CLT
    Ca m’ennuie beaucoup d’être obligé de rectifier des allégations fausses ou mal comprises. J’espérais que ce blog, si bien parti, allait permettre de traiter de choses plus profondes que des petits mots ou des petites phrases assassines.
    J’ose espérer que ce sera une des dernières fois et que nous y parlerons à l’avenir de sujets plus consistants et plus sérieux.

    Vous dites que vous ne disposez toujours pas des moyens matériels (accès à l’info, entrée dans les commissions, tenue de permanences)…
    Je ne vois pas pourquoi ça aurait changé depuis la dernière mandature. A ma souvenance, il y a toujours eu une place pour un élu de l’Opposition dans les Commissions comme dans les Comités de Pilotage des CCQ. Il suffit d’y aller.
    Je regrette cependant de devoir dire que durant ces sept années passées où j’ai régulièrement participé aux réunions du Comité de Pilotage du Quartier Bourgogne-République, j’y ai rencontré en tout et pour tout 2 fois la représentante de l’Opposition (qui se trouve aujourd’hui dans la fameuse « Gauche Moderne » de la Majorité ;c)
    (C’est vrai que vos aînés se sont mal conduits! ;c)

    @ Miguel
    D’accord avec toi pour dire qu’il faudrait davantage de transparence dans certaines attributions. Mais encore une fois, je pense que c’est aussi une question de disponibilité des gens au moment des discussions en commissions.

  15. Fansolo dit :

    CLT, existe-t-il, à votre connaissance, l’équivalent de votre blog du côté de la majorité municipale ?
    Je cherche via divers moteurs un blog tenu par un(e) conseiller(e) municipal(e) de l’équipe Grouard qui nous rende compte de son travail pour que des commentateurs comme minijack et espritlibre puisse aller le saluer comme il se doit mais je ne trouve pas… Ca doit pourtant exister, non ?

    Ah tiens : un lien m’indique le blog d’une certaine Alexandrine Leclerc mais il n’est plus mis à jour depuis le 4 octobre 2007. Dommage hein ?… Je ne vois qu’une explication : cette personne doit être bien plus occupée que vous puisqu’elle ne parvient plus à actualiser son blog…
    http://alexandrineleclerc.com/

  16. Moonbloggeur dit :

    Minijack dit : « C’est peut-être comme ça que vous avez “ressenti” la chose, et je peux comprendre que l’Opposition s’en soit sentie humiliée, mais c’est une interprétation de votre part.
    Je considère comme IMPOSSIBLE que Serge Grouard ait pu dire de telles choses. »

    C’est la parole des uns contre celle des autres. Mais, franchement, Minijack, pensez vous que CLT se permette d’inventer de telles phrases (« vos prédécesseurs se sont mal conduits ; vous serez punis », et « si vous ne filez pas doux, je vous punis encore plus ») ? J’en doute sincèrement …

  17. Corinne dit :

    Chers amis,

    Sur les propos de SG, je voudrais préciser deux choses:
    1) La remarque sur la non représentativité de l’opposition visait le discours de B. Chapuis. Ce dernier concluait simplement en disant « j’attends comme les Orléanais des explications quant à ce choix… » (le texte est consultable sur le blog de Baptiste), : Ce n’est donc pas une exégèse sur l’action municipale mais bien la capacité de l’opposition à représenter les Orléanais qui était visée par M. Grouard. Cela est confirmé au PV et je suis allée le vérifier in situ hier après midi.
    2) Sur la mauvaise conduite des prédécesseurs et la « punition » il s’agit effectivement d’un raccourci de ma part. Et en toute rigueur, j’aurais dû le signaler. Je le ferai la prochaine fois, pour que les choses soient plus claires. Ce n’est donc pas la forme mais bien la teneur des propos que j’ai retranscrit : je vous rappelle que ce blog est un lieu d’expression personnelle, que je m’efforce de rendre aussi honnête que possible. Mais qu’il ne s’agit pas d’un blog « officiel » dont les paroles ont une force authentique.
    Cela n’enlève rien à la violence qui nous a été faite. Nous avons été traités avec un rare mépris. Jamais de ma vie je ne me suis permis de traiter ainsi le plus mauvais de mes étudiants. Ni ma femme de ménage, ni une caissière de supermarché, ni un collègue, ni un évêque, ni mon chat, ni personne.
    M. Grouard réalise-t-il que les gens qu’il a en face de lui, -et pas forcément contre lui comme il semble le croire d’emblée – sont des élus, et plus encore, des personnes? Il a manqué à notre égard, non seulement du respect des formes républicaines, mais aussi de la plus élémentaire courtoisie, de celle qu’il est de règle d’avoir entre personnes de bonne compagnie.
    Suis-je assez claire?
    Sur le fond, je vous conseille la lecture du PV de cette séance. Vous serez édifié par les propos effectivement tenus par M. Grouard et par M. Martin. Je n’exclus d’ailleurs pas de les transcrire lors d’un prochain billet.

  18. Fansolo dit :

    Euh… moi mon chat ça a du m’arriver de lui parler encore plus mal que ça… mais faut dire que c’est un sacré pôlisson ! La dernière fois, il a bouffé tous les petits poids ! Tout le monde sait que des fois, les petits poids sont rouges mais pas là !

    Pour M. Grouard, faut le comprendre aussi : le Président lui-même « manque à son égard, non seulement du respect des formes républicaines, mais aussi de la plus élémentaire courtoisie, de celle qu’il est de règle d’avoir entre personnes de bonne compagnie. »

    Je ne vois qu’une seule explication possible : l’opposition municipale doit être trop sarkozyste pour lui, c’est pour ça… Il vous renvoie l’ascenseur !

  19. raminagrobis dit :

    Moi je suis suis ce que l’on appelait un autodidacte, c’est à dire que je suis avide de tout lire, tout comprendre et même si j’ai 60 ans passés je continu à apprendre, j’aimerais bien que notre maire fasse de même et lise Mme TILLON et Mr CESAIRE peut-être apprendrait-il ce qu’est une ville et qu’il sorte enfin de son bureau pour voir le peuple (pour moi ce n’est pas péjoratif) peut-être se fera t-il une idée ce qu’est la vie réelle dans une commune pour essayer de rendre les gens heureux de vivre ensemble et non pas de faire de la poltique pliticienne.

  20. Calamity Jane dit :

    Merci pour la contribution, elle est très intéressante. Vivement que le vrai travail commence.
    Espérons que le travail en commission sera moins difficile.

    A défaut de « conseil » municipal, espérons un dialogue municipal au sein des commissions.

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